TUBERCULOSE
26. — De la tuberculose péritonéo-pleurale subaiguë. {Bull, de la Soc. méd. des hôp., 1884 et Gaz. hebdom., 1884).
A côté de la péritonite tuberculeuse chronique et de la forme aiguë de la tuberculose du péritoine qui ont été seules étudiées par les auteurs, j’ai décrit un type clinique particulier, intermédiaire aux deux formes précédentes, qui représente une forme subaiguë de la tuberculose du péritoine et des plèvres.
J’ai montré que, suivant la règle déjà posée par Godelier, la coexistence de la maladie dans le péritoine et dans les plèvres était constante et avait une valeur diagnostique considérable; j’ai insisté sur les caractères cliniques particuliers à cette forme de tuberculose et sur son évolution qui s’accomplit en général dans l’espace de six à huit semaines. Enfin, en m’appuyant sur plusieurs observations personnelles, j’ai établi que le pronostic de celte forme était beaucoup moins grave que celui que les auteurs ont en général attribué à la péritonite tuberculeuse : la tubercu-
lose péritonéo-pleurale subaiguë est souvent curable, au moins d’une façon momentanée. Les moyens thérapeutiques qui m’ont paru le plus efbcaces sont les révulsifs et surtout la suralimentation.
Cette forme nouvelle a encore été décrite, avec des observations, dans la thèse d’un de mes internes, le H. Boulland : « De la tuberculose du péritoine et des plèvres chez 1 adulte au point de vue du pronostic et du traitement » (Thèse inaug. Paris, 1885).
27 . De l’infection tuberculeuse par la voie génitale [Bull, de la
Soc. méd. des hôp., 1884 et Gaz. hehdom., 1885).
La transmission de la tuberculose génitale par contagion directe, déjà indiquée par Conheim, avait été surtout soutenue par le professeur Verneuil. J’ai cherché à mon tour à appuyer cette théorie par des arguments théoriques et par des faits ; dans ce premier mémoire, j’ai rapporté quatre observations personnelles. Voici les conclusions auxquelles j’ai été conduit :
1“ La tuberculose génitale primitive peut probablement être causée par contagion directe dans les rapports sexuels (cette conclusion n’est que l’abrégé delà formule donnée par le professeur Verneuil). Aux diverses sources d’infection tuberculeuse déjà connues ou soupçonnées il faudrait donc ajouter l’infection tuberculeuse par la voie génitale.
2° Il faut tenir pour suspectes les blennorrhées indolentes qui se montrent chez certains hommes à la suite de rapports sexuels, surtout lorsqu’elles ne sont pas consécutives à la blennorrhagie proprement dite ; quelques-unes de ces blennorrhées paraissent être de nature tuberculeuse. On peut en dire autant de certaines leucorrhées chez la femme. La recherche du microbe tuberculeux dans les produits de ces blennorrhées et de ces leucorrhées jugera la question.
3° Les rapports sexuels avec un sujet atteint de tuberculose génitale exposent à la contagion directe ; ils présentent donc un risque qu’il est sage d’éviter.
4“ Un des principaux dangers de la tuberculose génitale réside dans la possibilité d’une infection générale secondaire; il faut donc poursuivre sa guérison par tous les moyens, au besoin même la supprimer par une opération chirurgicale.
28. — De la tuberculose des organes génitaux et de sa contagiosité (en collaboration avec M. Derville, interne des hôpitaux.) {Bull, de la Soc. clinique, 1886, et France med., 1886-87).
Ce petit mémoire contient deux observations, dont l’une surtout est importante en ce cfu’elle est le premier cas où j’ai pu observer la tuberculose génitale primitive à la fois chez une femme et chez son mari.
La théorie soutenue dans les deux travaux précédents a encore été exposée et appuyée sur de nouveaux faits dans la thèse d’un de mes anciens internes, le D" Derville : « De l’infection tuberculeuse par la voie génitale chez la femme. » (Thèse inaug., Paris, 1887).
29. — De l’introduction des aliments et des médicaments par les
narines (Soc. de thérapeut., 1881).
30. —• Note sur un cas d’endocardite ulcéreuse [Bull, de la Soc. clin.
et France méd., 1883).
31. — Maladie de Bright d’origine infectieuse {Bull, de la Soc. méd.
des hôpitaux, 1888).
32. — Note sur un cas de carcinose généralisée secondaire à- un cancer de l’estomac, carcinose miliaire sous-cutanée {Bull, de la Soc. clin., 1888).
33. — Note sur un second cas de carcinose miliaire sous-cutanée
{Ibid., 1889).
Dans ces deux observations, il s’agit de nodosités cancéreuses sous-cutanées survenant chez des individus atteints d’un
cancer abdominal ; cancer de l’estomac chez le premier malade, cancer du cæcum chez le second. L’examen histologique d’une de ces nodosités, que l’on peut pratiquer après excision pendant la vie, permet de fixer le diagnostic de la maladie viscérale concomitante.
34. — Du naphtol camphré et de son application au traitement des ulcérations tuberculeuses [Bull, de la Soc. de Ihérap., 1889, pp. 33 et 186).
Le naphtol camphré m’a donné de bons résultats dans plusieurs cas d’ulcérations tuberculeuses; j’en cite deux exemples, notamment l’observation d’une tuberculose très grave de la langue et de la gorge qui a été guérie par des applications quotidiennes de cette mixture pratiquées avec persévérance pendant plusieurs mois.
33. — Des injections intra-pulmonaires antiseptiques dans le traitement de la phtisie pulmonaire [Bull, de la Soc. de thérap., 1889).
Les résultats avantageux que j’avais obtenus du traitement antiseptique appliqué à certaines tuberculoses locales, notamment à celle des ganglions, m’ont enhardi à essayer ce même traitement dans la tuberculose pulmonaire au moyen des injections intra-parenchymateuses.
Déjà, d’ailleurs, quelques tentatives de ce genre avaient été faites dans diverses maladies aiguës ou chroniques des poumons et étaient consignées dans les travaux de Pepper, de Beverley Robinson, de Shingleton Smith, de Truc et de Gouguenheim en France, etc.
J’ai, de mon côté, pratiqué ces injections en plein foyer d’infiltration tuberculeuse, et non dans des cavernes ou des cavernules comme l’avaient fait d’autres auteurs; et mon but, expressément indiqué, était d’introduire un agent antiseptique directement dans la partie du poumon qui est le siège d’une colonie bactérienne. Les injections ont été faites une ou deux fois par semaine au moyen du naphtol camphré : les résultats
ont paru satisfaisants; il y a eu cependant quelques accidents, surtout une toux quinteuse et dans quelques cas une légère hémoptysie, accidents qui ont paru imputables à la nature de la substance antiseptique employée; aussi ai-je conclu en disant que la pratique des injections intra-pulmonaires dans le traitement de la tuberculose du poumon me paraissait mériter d’être poursuivie, mais qu’il restait à trouver un antiseptique efficace et non offensif qu’on pût employer pour ces injections.
36. — Petite épidémie locale de gastro-entérite cholériforme {Bull, de la Soc. mêd. des hôpitaux et Gaz. hebdom., i889).
37. — Des injections intra-pleurales antiseptiques dans les pleurésies infectieuses {Bull, de la Soc. méd. des hôpitaux, 1889).
Ce travail est un premier essai de traitement antiseptique direct appliqué à certaines pleurésies infectieuses. Ces pleurésies, dont quelques-unes m’avaient paru subordonnées à une fièvre typhoïde (plus tard, dans un cas analogue, le bacille d’Eberth a été trouvé dans l’épanchement), ont été traitées par des injections répétées d’une solution de sublimé dans la cavité pleurale, et ce traitement a semblé efficace, en ce sens que ces pleurésies ont guéri sans suppuration et alors que le pronostic paraissait très grave.
J’ai rapproché de ces observations plusieurs cas de pleurésies de nature différente et un cas de péritonite tuberculeuse dans lesquels j’ai pratiqué des injections analogues avec divers liquides antiseptiques et avec des résultats en apparence satisfaisants : j’en ai conclu que la pratique des injections intra-pleurales, on peut même dire des injections intra-séreuses en général, constitue une médication d’avenir.
Je suis revenu sur ce traitement, en en précisant mieux les indications, dans les mémoires suivants.
38. — Pleurésie purulente traitée par les injections intra-pleurales antiseptiques {Bull, de la Soc. méd. des hôp., 2 mai 1890).
39, Du traitement des pleurésies purulentes et infectieuses par
les injections intra-pleurales {Ihid., 17 octobre 1890).
Ces deux travaux, le dernier surtout, contiennent l’étude détaillée du traitement des pleurésies purulentes et infectieuses par les injections antiseptiques.
J’ai employé les injections antiseptiques de deux façons différentes qui me paraissent avoir chacune ses indications particulières.
La première manière consiste à injecter dans la cavité pleurale une substance antiseptique destinée à stériliser l’épanchement sans évacuer cet épanchement, et à renouveler les injections jusqu’à ce que le foyer morbide, contenu et contenant, soit rendu stérile ou indifférent : alors, quand ce résultat est obtenu, le liquide épanché disparaît par résorption ou est évacué par une ponction. Cette manière, déjà employée par Renaut, par Moizard et par Bouchard, m’a paru surtout applicable au cas où l’infection pleurale n’est encore qu’imminente ou à peine ébauchée; je la considère comme un remède prophylactique et, à ce titre, j’y vois une médication d’avenir.
La seconde manière consiste à évacuer le liquide infectieux d’abord, puis à laver la poche avec un liquide antiseptique, et enfin à laisser dans la cavité un antiseptique à demeure ; c’est ainsi qu’ont agi, avec des variantes très importantes, Aran, Baëlz et leurs imitateurs, récemment Juhel-Renoy, Sevestre, etc. Le second procédé, tel qu’il vient d’être indiqué, est incontestablement plus actif que le premier, il permet de réaliser une antisepsie sérieuse de la plèvre et peut, dans certains cas, permettre d’éviter la pleurotomie. Les cas où ce traitement paraît applicable avec le plus de chances de succès sont ceux où la maladie est limitée et circonscrite dans un foyer unique, et, d’autre part (relativement à la nature des pleurésies purulentes), ceux où la pleurésie est causée par le pneumocoque ou par le bacille de la tuberculose, et non par le streptocoque ni par les agents de la putridité ou de la gangrène. Pour ces derniers cas défavorables, il paraît plus prudent de recourir d’emblée à la pleurotomie.
Quant à la valeur relative des divers remèdes antiseptiques qui ont été employés pour les injections, j’ai cherché à montrer Faction différente des antiseptiques solubles et des antiseptiques insolubles, et comment la meilleure pratique semblait être d’employer les premiers pour le lavage destiné à entraîner et à détruire les agents infectieux, les seconds pour l’injection destinée à laisser dans la plèvre un pansement antiseptique permanent.
40. — De quelques points du traitement des pleurésies purulentes par la thoracotomie antiseptique {Bull, de la Soc. de thérap., 12 novembre 1890).