‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 3 sur 7 · L’empirisme et la thérapeutique expérimentale · texte numérisé non relu

L’empirisme et la thérapeutique expérimentale

{Bulletin de thérapeutique, 30 janvier-1872.)

Cette note a été écrite à l’occasion du livre de M. Claude Bernard intitulé : Leçons de pathologie expérimentale. Dans ce livre, Claude Bernard insiste sur ce fait que la thérapeutique expérimentale n’est nullement opposée à l’ancienne médecine, ou médecine empirique, dont elle n’est que la continuation. Comme Claude Bernard, nous jpensons que la médecine expérimentale, loin de repousser la médecine d’observation, n’en est au contraire que la suite et le développement; il ne pouvait d’ailleurs en être autrement. Si la science d’aujourd’hui ne représentait pas, en la continuant, la science d’autrefois, elle ne serait pas la véritable science.

La méthode de Wood, introduite en France par le professeur Béhier (1858), a rendu un véritable service à la thérapeutique. Mais il a fallu bientôt régler cette méthode. Ce travail est un résumé des règles qu’on doit suivre dans l’emploi des injections sous-cutanées. D’abord, se procurer des produits actifs aussi purs que possible ; en second lieu, titrer les instruments; troisièmement, déterminer les régions où ces injections soient avantageuses, établir le manuel opérar toire; enfin, indiquer les médicaments employés ainsi que leurs doses.

Le tissu cellulaire, véritable origine du système lymphatique, est en effet une des meilleures voies pour l’absorption.

Un autre problème consiste à établir des solutions qui ne s’altèrent pas avec le temps et soient, par conséquent, toujours à la disposition des médecins. Le meilleur véhicule, à mon avis, pour cet usage est la glycérine, qui peut conserver des solutions d'alcaloïdes pendant plusieurs années, sans les laisser s’altérer.

Je conserve des solutions ainsi préparées, qui ont plus de quatre ans. Tel est le résultat des nombreuses expériences que j’ai tentées à cette époque.

Les substances employées de cette manière sont surtout la morphine, le chloroforme-et l’ergotine.

Parmi les préparations de morphine, celle qu il faut préférer est la solution de chlorhydrate de morphine.

Ce travail a été destiné à donner une formule pour faciliter le dosage des injections sous-cutanées. 11 a été rendu nécessaire par ce fait que les seringues à injections sous-cutanées contiennent, ton

jours plus d’un centimètre

cette formule, on est obligé à chaque injection de faire de nouveaux calculs pour savoir exactement ce que l’on a injecté.

Depuis longtemps on était frappé de ce fait que l’extrait aqueux

' ■ Polli a donc fait, dans ce sens, un très grand nombre d'expériences Sur les animaux en injectant du pus frais, du pus putréfié, du sang putréfié, du virus morveux; puis, en faisant l’expérience comparative avec l’addition des sulfites. Ces expériences, au nombre de quatrevingt-six, rapportées en détail dans ce mémoire, prouvent bien que les sulfites peuvent avoir une action favorable sur l’économie alors qu’il y est entré un fluide septique. Ces tentatives ayant été couronnées de Succès, il y avait donc lieu d’en foire l’application à la thérapeutique.

Il est résulté de cette pratique que les pansements avec les solutions sulfitiques rendent les plaies insensibles, les désinfectent et favorisent le bourgeonnement régulier de la plaie. Les sulfites ont été employés en outre avec succès contre la fièvre intermittente, la fièvre typhoïde, les fièvres éruptives, les dartres, et, au besoin, certaines affections cancéreuses. J’ai contrôlé une partie de ces expériences et établi dans ce mémoire ce qu’on pouvait en obtenir pour la désinfectipn des lochies. Ce n’est que depuis quelques années qu’on a substitué aux sulfites l’acide phénique, qui est devenu lé pansement antiseptique classique.

11. Du traitement de la constipation habituelle par le podophyllin.

(Société de thérapeutique, 1873.)

Le podophyllum peltatum, employé de temps immémorial par les Américains du Sud, s’est répandu dans l’Amérique du Nord vers 1844. En 1861, il fut introduit en Angleterre au moment de l’exposition de Londres, et depuis devint l’objet d'une étude attentive. Trousseau l’introduisit en France en 1864; mais je ne sais pour quelle raison il ne fut pas adopté. En 1873, je repris l’étude de ce médicament; je m’assurai de son efficacité réelle contre la constipation.

Le podophyllin, c’est-à-dire la résine qu’on obtient du podophyllum, produit, à la dose de 1 à 3 centigrammes, une véritable action physiologique, C'est-à-dire une évacuation naturelle. Ce médicament jouit de la remarquable propriété de conserver son action sans s’user pen-

(Bulletin de la Société de thérapeutique, mai 1868.)

De tous les médicaments préconisés contre la diphthérie, le cuhèbe est encore le moins inefficace. Mais la forme sous laquelle il était prescrit rendait son administration des plus difficiles. Profitant de la propriété qu’a le sucre dé faire avec les résines des composés définis, j’ai fait préparer par M. Delpech un saccharure de cubèbe que les enfants prennent très facilement. J’ai employé ce médicament à l’hôpi-. tal Sainte-Eugénie au mois d'avrilt 868 et les résultats ont été des plus encourageants. A la dose de 10 grammes, le saccharure est parfaite-, ment supporté par les enfants et montre souvent une action favorable sur la séorétion plastique.

par le sparadrap de Vlgo.

(Société de thérapeutique, 20 mai isao.)

On sait que ces affections, en général tardives, résistent la plupart du temps au traitement interne, surtout au proto-iodure ou au sublimé, qu’elles ne sont guère améliorées que par le sirop de Gibert. J’ai pensé à remettre en honneur l’ancien traitement de Vigo, qui a •pour avantage de faire pénétrer par la partie malade la totalité du •médicament qui entre dans l’organisme, Le résultat de ce traitement est des plus remarquables ; il modifie ces affections en quelques jours, et les conduit rapidement à la cicatrisation. Sur 12 cas qui sont consignés dans ce mémoire, 8 ont été guéris en un mois, 4 en deux mois, 1 seul a résisté au traitement.

Page 1