ORIGINE SANGUINE DE LA PNEUMONIE ET SEPTICÉMIES LATENTES
Pneumococcémies avec localisation pulmonaire tardive.
Origine sanguine de la pneumonie.
(Thèse Paris, 1911.)
Anticorps pneumoniques.
L’application systématique de l’hémoculture aux maladies infectieuses, a modifié du tout au tout la conception que 1 on se faisait de la nature même de certaines maladies microbiennes Ser encore considérées comme des infections localisée à tel ou tel organe, elles apparaissent aujourd hui comme de véritables septicémies. Telle a été VMstcnre de * considérée d’abord comme un type d infection J
qui représente actuellement la septicémie humaine par excel
^Nous avons pu nous assurer, par les ensemencements de sang qu’on pratique dans le service de notre maître le Widal chaque fois qu’on soupçonne une infection de la fré quence des bactériémies et des septicémies et de la présence constante du bacille d’Eberth par exemple dans le sang des typhiques.
Bien souvent la présence du bacille dans le sang n’a qu’une durée éphémère, ses localisations secondaires se limitent à un seul organe et la maladie évolue avec toutes les allures d’une infection primitivement localisée. Il en est Jinsi pour la plupart des méningites primitives, cholécystites, pleurésies, péritonites et arthrites dont l’origine septicémique n’est cependant pas douteuse.
Nous avons pu observer avec MM. Lemierre et Abrami et au cours de l’épidémie de grippe de 1907, des faits qui tendaient à prouver que la pneumonie n’échappait pas à cette loi générale. Dans certains cas la bactériémie passagère peut devenir décelable et vient éclairer d’une manière décisive l’histoire de ces septicémies temporaires à cette loi générale. Dans certains cas la bactériémie passagère peut devenir décelable et vient éclairer d’une manière décisive l’histoire de ces septicémies temporaires à détermination unique.
M. Claisse avait attiré notre attention sur certaines formes de pneumonie paraissant consécutives à une infection généralisée.
Deux malades, du service de M. Widal et de M. Caussade, nous ont permis de faire la preuve bactériologique d’une septicémie pneumococcique ayant manifestement précédé de plusieurs jours la localisation pulmonaire. Ces faits nous ayant paru apporter une contribution importante à l’étude pathogénique de la pneumonie franche aiguë et de certaines bronchopneumonies, nous avons tenu à poursuivra cette étude et à en faire le sujet de notre thèse.
La conception pathogénique classique, qui admettait la voie aérienne comme seule voie d’abord du pneumocoque, donnait 1 explication suivante de la pneumonie. « Les moyens de défense naturelle de l’organisme, les revêtements épithéliaux, la phagocytose suffisent en temps de paix à la police des cavités aériennes qui normalement sont dépourvues de tout microorganisme. Vienne un élément perturbateur dans la qualité et la quantité des moyens de défense, et l’équilibre sera rompu; le pneumocoque émigrera des voies supérieures, dont il est l’hôte habituel, descendra dans le parenchyme pulmonaire^et, prenant possession de la place, le diplocoque allumera le foyer d’hépatisation pneumonique. »
A cette théorie de l’infection par voie aérienne, nous avons
cherché à substituer la théorie de l’origine sanglée m. apportant à l’appui de notre thèse des arguments tires de la clinique, de l’anatomie pathologique et de l’expérimenta» .
Lorsqu’on recherche dans les observations de pneumonie, il n’est pas rare de déceler une phase d’infection generale précédant l’apparition de la pneumonie lobaire à P neu “? C °^ qui ne diffèrent en rien des pneumonies supposées d origine
Nous en avons relaté quelques cas dans notre thèse à ce point de vue des plus démonstratifs. C’est parfois après une phase de bactériémie^ latente, ou accompagnée d’un petit nombre de symptômes généraux, que brusquement apparaissent les signes
classiques qui traduisent l’envahissement du poumon
Pneumonie centrale. Les cas qui figurent s u de pneumonies centrales ne sont bien souvent que des pneu-
mococcies à localisation pulmonaire tardive. Apres unepenode
de quelques jours, pendant laquelle existe seulement de la fmvre apparaît un souffle plus ou moins tubaire. On peut évidemment supposer, comme l’ont fait jusqu’ici les auteurs, que l’hépatisation a débuté par le centre du poumon et a gagne la surface après quelques jours, mais on peut aussi admettre, et c’est l’interprétation que nous proposons avec le professeur Lépine de Lyon, que l’hépatisation ne s’est faite qu au moment où on a entendu le souffle tubaire.
Il est évident qu’il y a quelques années, les malades qui ont servi de base à notre travail et chez lesquels le contrôle bactériologique nous a permis d’établir d’une façon indiscutable l’étape septicémique précédant les phénomènes pulmonaires, auraient été considérés comme atteints de pneumonie centrale.
Pneumonie du fœtus. - La pneumonie du fœtus nous a paru la meilleure démonstration de l’origine sanguine de la pneumonie. Ce fait a la valeur d’une expérience. Une emme enceinte entre à l’hôpital avec un foyer de pneumonie a la base du poumon droit. Elle accouche quelques jours apres la defervescence d’un enfant mort-né. Le fœtus présentait une pneumonie des plus nettes, que confirma l’examen anatomo-pathologique pratiqué par M. Menetrier.
On peut d’ailleurs reproduire expérimentalement la pneumonie du fœtus chez l’animal. Nous l’avons constaté chez le cobaye et la souris. Foa a observé la transmission mtra-uterme
de l’infection pneumococcique chez le lapin. Ortmann a trouvé du pneumocoque dans l’utérus d’un cobaye qui avait avorté àla suite de pneumococcie.
^ Cette pneumonie du fœtus, qui constitue un chapitre dans l’étude de l’hérédité infectieuse et vient à l’appui de la théorie pathogénique que nous soutenons, est assez peu connue encore en raison du nombre restreint de faits publiés.
Pneumonie grippale. — S’il n’est pas douteux que certaines épidémies d’influenza, comme celle de 1889, qui fut si meurtrière, soient sous la dépendance d’un germe pathogène spécifique, on doit aussi reconnaître qu’un grand nombre d’affections qu’on désigne sous ce nom, sont sous la dépendance du pneumocoque.
Pendant l’année 1907 nous avons observé à l’hôpital Tenon une épidémie de grippe qui amena dans le service de M. Caussade près de 120 malades. Il s’agissait dans tous les cas d’infections à pneumocoques, et nous avons pu observer parfois le développement d’une pneumonie alors que, depuis quelques jours déjà, la grippe avait fait son apparition et qu’on avait trouvé par hémoculture du pneumocoque dans le sang.
Pneumonie appendiculaire. — Nous avons eu l’occasion d’observer avec MM. Guillemot et Clunet un foyer pneumonique au cours d’une appendicite grave. L’hémoculture montrait la présence d’une septicémie à anaérobies. On trouva, à l’autopsie, une broncho-pneumonie avec présence, dans lés alvéoles, des mêmes microbes que dans le sang. L’origine sanguine ne paraissait donc pas douteuse.
Recherches expérimentales.
Nous avons cherché à réaliser expérimentalement des lésions variées du parenchyme pulmonaire en provoquant, avec des agents pathogènes différents, des septicémies. Les microbes que nous avons le plus souvent inoculés furent le pneumocoque, le pneumobacille de Friedlànder, le streptocoque et le staphylocoque. J
Une de nos expériences fondamentales est la suivante. On sait que le chien est un animal réfractaire à l’action du pneumo-
coque. Il faut des doses énormes pour le tuer et quate acm, „L s’écoulent avant 1. mort. Certains auteurs ont à provoquer chez cet animal une pneumonie lobaire curab
^r^“3SrÏform.tlon d’une pneumonie lobaire typique après introduction de pneumocoques très vir “chez un chien au préalable immunisé contre le pneumocoque Le microbe employé tuai, 1, souris en douve heure “ inoculé à un chien de taille moyenne, .1 provoqué une
R base du poumon gauche. Sur les coupes anatomopathologiques on retrouvait tous les caractères de la pneumonie
^Un 6 capillaire, dont l’endothélium est visible à la partie supérieure de la planche, apparaît rempli d’hématie^ de globules blancs et de pneumocoques; les alvéolés piesentent des lésions d’alvéolite catharrale et fibrineuse. Nous croyons avoir dans cette expérience, reproduit les
habituellement observées, et prouve qu on pouvait reprodu expérimentalement une pneumonie d’origine sangle, so l’influence du refroidissement chez un animal atteint dune
septicémie pneumococcique latente. ■ h ez la
Nous sommes arrivés de la même maniéré a produire^ chez la souris, avec des pneumocoques atténués, de la congestion pu monaire et, à la suite d’autres auteurs, à provoquer chez diffe rents animaux des pneumonies pesteuses
mycosiques par injections intraveineuses de bacilles de la pes , de streptocoques ou de sporotrichum.
Après avoir recherché attentivement par l’étude clinique des différents pneumomcocci le point d’inoculation primitive, c e la gorge et le naso-pharynx, si souvent infectes par le> pneum coque, qui nous ont paru le plus souvent le siégé de lin tion initiale, et la cause de la septicémie.
Renseignements fournis dans les pneumonies par les