‹ Exposé des titres et travaux scientifiques du Dr Édouard JoltrainChapitre 17 sur 28 · MALADIES GÉNÉRALES MALADIES DES POUMONS — FOIE — REIN COEUR ET SANG · texte numérisé non relu

MALADIES GÉNÉRALES MALADIES DES POUMONS — FOIE — REIN COEUR ET SANG

CHOLÉRAS ET PARA-CHOLÉRAS

Etude bactériologique et clinique d’une épidémie parisienne d’entérite cholériforme.

(Juillet-août 1911.)

Syndromes cholériformes.

(En collaboration avec M. Maillet.)

(Presse médicale, 15 septembre 1911.)

A propos d’une épidémie parisienne d’entérite cholériforme. Etude bactériologique et clinique d’après les faits observés à l’hôpital Claude-Bernard et en ville.

(Société médicale des hôpitaux, 15 décembre 1911.)

Choléras et Para-Choléras.

(En collaboration avec M. Maillet.)

(Mémoire de 300 pages déposé à l’Académie des Sciences.)

Les craintes de voir apparaître à Paris le choléra, dont une épidémie sévissait en Italie et dont quelques cas furent signalés à Marseille, firent qu’une surveillance particulièrement active

fut exercée en ville sur tous les malades atteints d’entérite aiguë, pendant l’été 1911, et qu’un très grand nombre d’entre eux furent admis à 1 hôpital Claude-Bernard. Comme médecin inspecteur des épidémies, nous avons eu l’occasion d’observer à leur début la plupart de ces cas; nous les avons suivis avec notre collègue Maillet, dans le service du professeur Teissier qui a bien voulu diriger cette étude. Nous avons assisté à l’évolution de ces affections, et pratiqué un grand nombre de recherches bactériologiques dans les laboratoires des professeurs Widal et Teissier.

De 1 examen de près de 200 cas, on peut dire qu’au point de vue clinique il a été possible de différencier deux formes : une forme bénigne d’une durée de cinq à six jours, et une forme grave avec syndromes cholériques typiques, troubles gastrointestinaux violents, déshydratation marquée et rapide et parfois mort en moins de quarante-huit heures. Nous avons insisté sur les caractères des diarrhées, des vomissements, des crampes, sur les troubles rénaux et sur les terminaisons variables de cette affection. Les recherches de laboratoire que nous avons pratiquées nous ont permis de distinguer au point de vue bactériologique les deux mêmes groupes de faits que nous avions esquissés dans l’étude clinique.

Nos examens bactériologiques nous ont montré, dans la plupart des cas graves, la présence dans les selles de germes particuliers se rapprochant plus ou moins du vibrion cholérique de Koch. La morphologie, en apparence identique, surtout dans deux cas, les mêmes caractères de culture, la noncoloration par le Gram, la réaction du cholëra-roth, tels sont dans l’ensemble les principaux points de rapprochement entre ces vibrions, et celui qu’on oonsidère comme le germe spécifique du choléra asiatique. L’agglutination des vibrions par le sérum anticholérique dans un cas, l’agglutination par les sérums des malades de leur propre microbe et des vibrions du groupe cholérique semblaient bien prouver que ces germes étaient les agents spécifiques des affections observées. Un certain nombre de caractères (présence dans les cultures de formes allongées, apparition tardive de la réaction de l’indol, et surtout absence d’agglutination, ou agglutination à un taux insuffisant par le sérum anticholérique) permettent de ne point identifier de façon ferme ces germes avec le vibrion de Koch,

à moins d’admettre avec certains auteurs qu’il puisse s agir d’un vibrion particulièrement atténué et à réaction différente.

Mais en raison des réactions humorales présentées paT les sérums des malades, n’est-il pas possible, sans créer le terme de bacille para-cholérique, de classer tous ces germes dans un même groupe et de les ranger parmi les vibrions considérés par les uns comme des bacilles pseudo-cholériques, par les autres comme les agents du choléra nostras?

Nous avons enfin fait une enquête minutieuse sur l’étiologie de tous les cas mortels observés à Paris, et nous avons entrepris des tentatives d’immunisation des animaux et de fabrication de sérums polyvalents.

Les septicémies puerpérales à anaérobies. Action du terpène ozoné en injections intraveineuses.

{In Thèse de Gautier, Paris, 1908).

Nous avons eu l’occasion, dans le service de M. Potocki, à l’hôpital de la Pitié, d’ensemencer le sang d’un grand nombre d’infectées puerpérales. Il s’agit le plus souvent de streptococcémies, mais dans deux cas nous avons observe des anaérobies dans le sang; du perfringem dans l’un d’eux, dans l’autre un Streptococews magnus, à gros .grains, remarquablement hémolytique. Notre seconde malade était atteinte d’un état typhoïde des plus marqués, avec température à ko 0 , anémie très intense, et nous l’avons traitée par des injections intraveineuses d’électrargol et de terpène ozoné. Cette substance contient quatre fois son volume d’ozone et six fois son volume d’oxygène. En contact avec les matières organiques, elle abandonne cet oxygène naissant lentement et progressivement. Il nous a paru logique de l’essayer dans une anaérobiémie, connaissant son innocuité. La malade a guéri.

Amaurose subite au cours d’une fièvre typhoïde. Œdème de la papille. Hypertension du liquide céphalo-rachidien. Guérison rapide après la ponction lombaire.

(En collaboration avec MM. Widal et Weill.)

> N° us avons observé au cours d’une fièvre typhoïde un cas d’amaurose, dont le début brusque, la disparition rapide auraient pu faire songer à un accident hystérique.

Il s’agit d’un jeune homme de vingt ans, sans aucun passé oculaire, qui, au neuvième jour d’une fièvre typhoïde, se réveilla un matin complètement aveugle. Le lendemain il entre à 1 hôpital, où on constate, outre tous les symptômes d’une fièvre typhoïde classique sans signes d’irritation méningée, une amaurose complète et bilatérale avec abolition du réflexe photomoteur. L’examen du fond de l’œil montre de 1 œdème de la papille bilatéral, avec dilatation veineuse marquée. Une ponction lombaire donne issue à un liquide clair extrêmement hypertendu, ne contenant ni albumine, ni éléments cellulaires. L amélioration du trouble visuel commença deux heures après la ponction. Elle était très notable au bout de deux jours. A ce moment l’œdème de la papille a presque entièrement disparu, mais il subsiste de la dilatation veineuse. Une nouvelle ponction lombaire montre encore de l’hypertension, mais beaucoup moins marquée. Le surlendemain l’acuité visuelle est normale et, les jours suivants, le fond de l’œil est absolument normal. Les constatations fournies par l’ophtalmoscope, la régression des accidents après la ponction lombaire font tout d’abord éliminer l’hypothèse d’un accident névropathique, auquel 1 allure clinique de ce cas d’amaurose aurait pu faire songer. Elles ont permis de plus de saisir, dans l’hypertension considérable du liquide cérébro-spinal, la cause de l’œdème papillaire et de l’amaurose. Enfin l’étude de la pression artérielle, qui s’est constamment maintenue un peu au-dessous de la normale, permet de séparer ces cas des amauroses transitoires étudiées par M. Vaquez, dans, certaines intoxications, notamment au cours du saturnisme, et qui sont fonction de l’hypertension artérielle. Il est intéressant de noter qu’en dehors

des amauroses hystériques et saturnines, il existe des amauroses subites et transitoires sans hypertension artérielle, pouvant survenir au cours d’une infection comme la fièvre typhoïde et due à un oedème papillaire, constaté à l’ophtalmoscope, avec hypertension du liquide céphalo-rachidien. Chez de pareils malades la ponction lombaire, en même temps qu’elle aide à éclairer la pathogénie de l’accident, constitue un moyen thérapeutique dont l’effet est immédiat.

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