‹ Exposé des titres et travaux scientifiques du Dr Édouard JoltrainChapitre 18 sur 28 · DIPHTÉRIE · texte numérisé non relu

DIPHTÉRIE

Trois cas de contagion de la diphtérie par porteurs de bacilles à foyer méconnu.

La prophylaxie de la diphtérie par les porteurs de germes.

La contagion de la diphtérie par les porteurs de germes soulève un des problèmes de prophylaxie les plus importants et les plus difficiles à résoudre.

Parmi les porteurs de germes on a l’habitude de distinguer les porteurs précoces, les porteurs sains et les porteurs convalescents. Nous avons rapporté trois observations de malades qui furent contagionnés par des porteurs de bacilles diphtériques convalescents.

Une petite fille âgée de neuf ans, contaminée par un porteur de germes méconnu, reste elle-même après sa guérison, pendant un mois, avec du bacille de Klebs-Lôffler dans la gorge, et contamine à son tour'son jeune frère, alors qu’un examen bactériologique négatif avait fait cesser l’isolement.

Une seconde malade conserve dans sa gorge, pendant deux mois, des bacilles diphtériques virulents, après une angine très légère, qui avait rapidement guéri sans sérum; elle est l’origine d’une petite épidémie d’école et on peut même se demander — comme c’est chez cette malade une troisième atteinte depuis trois ans — si elle n’est pas restée pendant cette longue période « porteur de germes ». Nous avons enfin

raconté l’histoire dramatique d’un médecin de quartier, contaminé en soignant un petit malade, et chez lequel les ensemencements de mucus nasal et. amygdalien restent négatifs. Il se refuse, par crainte d’accidents anaphylactiques, aux injections préventives de sérum et est atteint, quelques jours après, d’une diphtérie bronchique qui l’emporte. Il était resté depuis le jour du contage porteur de bacilles, et ceux-ci, localisés dams son naso-pharynx ou dans ses fosses nasales, avaient échappé à l’examen bactériologique.

De ce qui précède, nous avons cru pouvoir tirer les deux conclusions pratiques suivantes :

i° Il faut se méfier que la crainte exagérée d’accidents anaphylactiques, d’ailleurs problématiques, empêche les malades de se soumettre aux injections de sérum antidiphtérique dans tous les cas suspects et, en particulier, chaque fois que ces malades ont été en contact avec des diphtériques et alors même qu’un examen bactériologique aurait été négatif.

2° Même après guérison apparente, on ne saurait donc trop multiplier les examens, pratiquer des prélèvements non seulement dans la gorge, mais encore dans le nez et le naso-pharynx, et ne rendre à la vie commune les diphtériques qn’après la disparition complète des bacilles. C’est du moins l’objectif idéal; mais on conçoit combien l’application permanente et régulière de cette précaution rencontrera malheureusement d’obstacles dans la pratique courante.

Nous avons signalé dans la première partie de cet exposé l’importance capitale que prit, pendant la guerre, Punion des deux affections fièvre typhoïde et diphtérie,, et insisté tout particulièrement sur les bons résultats obtenus par la sérothé- ‘ rapie dans le traitement des malades présentant cette association morbide.

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