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paraître suspecte, nous avons constaté', comme la plupart des auteurs, que les cas de syphilis dés poumons chez l’adulte étaient relativement rares.
Nous avons, au contraire, eu l’occasion d’observer plusieurs cas de syphilis' pulmonaire du fœtus et du nouveau-né. La forme que nous avons particulièrement étudiée est une syphilose diffuse, assez analogue, au point de vue lésionnel, aux broncho-pneumonies suhaïguës ou chroniques des maladies infectieuses. La présence dans le parenchyme pulmonaire, et même à l’intérieur des parois bronchiques, de tréponèmes visibles sur les coupes imprégnées au nitrate d’argent donne la preuve la plus manifeste du rôle de cet agent dans la genèse des lésions provoquées. Les lésions des vaisseaux sont considérables, c’est toujours autour des axes artério-bronchiques que l’inflammation syphilitique détermine son maximum d’effet. Nous avons rapproché les lésions observées de la pneumonie du foetus de nature pneumocoecique.
Recherches de la réaction de Wassermann dans les adénopathies trachéo-bronchiques.
Nous avons recherché la réaetion de Wassermann chez un assez grand nombre d’enfants atteints d’adénopathie trachéobronchique, vérifiée par la radioscopie. Sur io cas, 5 étaient positives. Mais le traitement n’ayant amené aucune amélioration dans 4 cas, nous pensons qu’il devait s’agir de tuberculose chez des. enfants hérédo-syphilitiques.
Dans un seul cas le traitement amena la disparition des adénopathies.
Adénopathie trachéo-bronchique actinomycosique.
(En collaboration avec le D r Queybat.)
(Société de dermatologie et de sgphiligraphie, 5. avril 1913.)
Les cas d’adénopathie trachéo-bronchique d’origine mycosique sont rares et le diagnostic en est souvent des pins dîfficultueux.
Nous avons eu l’occasion d’en observer un cas des plus intéressants. Il s’agissait d’un homme atteint d’une ulcération labiale de nature suspecte.
La réaction de Wassermann et la recherche des tréponèmes se montra négative. La nature actinomycosique fut démontrée par le séro-diagnostic de Widal, le sérum du malade agglutinant au i/i5o les spores du sporotrichum. La réaction de fixation en prenant comme antigène l’actinomyces se montra également positive. La guérison fut rapidement obtenue par le traitement ioduré. Six mois après, le malade fut pris de dyspnée, oedème en pèlerine, cyanose de la face, parésie récurrentielle, en un mot d’un syndrome médiastinal complet sous la dépendance d’une adénopathie trachéo-bronchique décelée à la radioscopie. La nature actinomycosique paraissait évidente, d’après la persistance même des réactions humorales, mais le traitement par l’iodure fut mal supporté et, malgré une amélioration qui permet au malade, adjudant dans un régiment, de continuer son métier, l’adénopathie persista.
Réactions inflammatoires pleuro-puimonaires.
(Annales médicales du Centre, 6 septembre 1908.) (N° 16.)
Hémorragies au cours de la gangrène pulmonaire.
(En collaboration avec M. G. Caussade.)
(Bulletin médical, 19 août 1908. — Thèse de René Simard, Paris, 1908.) (N» 15.)
L’épidémie de grippe qui fit de si nombreuses victimes pendant l’hiver de 1908-1909 amena à l’hôpital Tenon, dans le service du D r Caussade dont nous étions alors l’interne, un nombre considérable de malades atteints de cette affection.
Dans tous les cas qu’il nous a été donné d’observer ( 25 o cas en trois mois), l’infection grippale portait ses coups sur l’appareil respiratoire avec une prédominance marquée. Le plus souvent l’étude des symptômes, l’ensemencement du sang, ou l’examen des crachats nous montraient que le pneumocoque
était en cause et provoquait des lésions mixtes portant non sem dement sur les alvéoles, mais encore sur les bronches et les plèvres.
Nous avons montré la constance dans ces pneumococcies des réactions inflammatoires pleuro-pulmonaires, l’aspect physique de spléno-pneumonie que créait souvent l’oedème pleural et la fréquence des poussées d’œdème pulmonaire avec expectoration abondante et présence de pneumocoques comme en culture pure. Un fait a particulièrement frappé notre attention au cours de cette épidémie, ce fut la fréquence des gangrènes pulmonaires à anaérobie venues se greffer sur une broncho-pneumonie grippale primitive.
Leur évolution rappelait le tableau clinique magistral qu’a laissé Laënnec de la forme pneumonique de la gangrène pulmonaire, mais cependant avec une fréquence particulière des hémorragies.
Nous avons, avec M. Caussade, puis dans la Thèse de notre camarade et ami René Simard, rapporté un certain nombre d’observatiorïs où l’hémorragie, tantôt sous forme d’hématome pleural, tantôt sous forme d’hémoptysie, donnait à l’affection une allure si particulière, qu’elle pouvait presque justifier le terme « hémorragique » de la gangrène pulmonaire.
Emploi de l’émétine dans le traitement d’une hémoptysie tuberculeuse.
(En collaboration avec M. Ch. Flandin.)
Dans de récentes communications, MM. Chauffard, Dopter et Rouget ont signalé les admirables effets de l’émétine dans la dysenterie amibienne. Ces auteurs ont fait remarquer dans leurs observations la rapidité avec laquelle l’emploi de cette médication faisait disparaître l’aspect sanglant du pus des abcès du foie ou des selles dysentériques.
Cet effet particulier nous a donné l’idée d’employer l’émétine dans les hémoptysies tuberculeuses si longtemps traitées par Trousseau et les auteurs classiques à l’aide de l’ipéca.
Nous avons eu l’occasion de le faire chez un homme atteint d’hémoptysie tuberculeuse abondante avec fièvre élevée, qui n’avait cédé à aucun des traitements habituels.
JOLTHAIN
Une injection de o gr. o 4 d’émétine fit tomber la température de 4o° à 37'°2 et l’hémoptysie s’arrêta brusquement pour ne plus se reproduire. Sans vouloir conclure d’un seul fait, nous avons cru intéressant de rapporter ce cas et de renouveler cet essai chaque fois que l’occasion s’en présentera. Nous avons en outre entrepris une série de recherches expérimentales sur cette question susceptible d’amener un progrès dans la thérapeutique jusqu’ici souvent décevante des hémoptysies.
Cette méthode thérapeutique est entrée, depuis cette époque, dans la pratique courante.
Hernie diaphragmatique de l’estomac et de l’intestin.
Mort rapide.
(En collaboration avec M. Pierre Marie.)
(Société médicale des hôpitaux de Paris, juillet 1910.)
Les étranglements herniaires se produisant au travers d’un orifice anormal du diaphragme sont très rares, et le cortège symptomatique dont ils s’accompagnent habituellement ne permet qu’exceptionnellement de porter, pendant la vie, un diagnostic précis. C’est à ce titre qu’il nous a paru intéressant de relater l’histoire clinique, et de présenter les pièces, trouvées à l’autopsie, d’un cas de hernie diaphragmatique de l’estomac et de l’intestin, que nous avons eu l’occasion d’observer avec le P r Pierre Marie, à l’infirmerie de l’hospice de Bicêtre.
Il s’agissait d’un homme de vingt-huit ans, entré d’urgence à. l’infirmerie de Bicêtre, parce qu’il éprouvait depuis le matin de violentes douleurs dans l’abdomen et une céphalée intense. Ces troubles étaient apparus brusquement et le malade à son entrée vomissait tout ce qu’il absorbait, presque aussitôt après l’ingestion; ayant une soif très violente, il absorbait de grandes quantités de liquide qu’il évacuait. Le poumon gauche présentait du tympanisme au sommet, à la base de la matité, et l’auscultation révélait un souffle caverneux sur la clavicule et de l’obscurité à la base. Le lendemain le tableau s’aggrave, il y a du signe de Cheyne-Stokes, il y a de l’Argyll Robertson, une lymphocytose, la réaction de Wassermann est positive. On se
demande quel peut être le diagnostic précis, on pense à la méningite lorsque brusquement le malade meurt et à l’autopsie on trouve une hernie diaphragmatique. A travers l’orifice ont passé dans le thorax, le côlon transverse, l’épiploon gastro-hépatique et une partie de l’estomac.
Si l’intérêt de cette observation résidait simplement dans son extrême rareté, nous ne l’aurions enregistrée que comme un fait curieux à ajouter à ceux déjà connus de Knoll et Leclerc, Ri eux, Jonnesco, Morestin. Mais il nous a paru utile de rapporter l’observation, car la symptomatologie de tels accidents reste encore à établir. Le diagnostic de cette variété d’étranglement herniaire reste le plus souvent insoupçonné. Un tableau d’occlusion intestinale, de violentes douleurs abdominales localisées à l’épigastre, de vomissements suivant l’ingestion pourraient conduire à la présomption de la nature vraie des manifestations morbides.
Chez notre sujet, les vomissements, la constipation, la céphalée, la prostration et les convulsions, en même temps que les symptômes pulmonaires, ont tout d’abord rationnellement dirigé notre diagnostic vers une localisation méningée. La confusion commise aura tout au moins ce résultat de montrer l’extrême difficulté du problème clinique et de fixer la notion de la possibilité de tels cas dans l’esprit du praticien.
L’étranglement interne est peut-être moins rare qu’on ne le croit : nous avons eu en effet, en l’espace de six mois, l’occasion d’en observer trois- cas avec M. Ameuille sur la table d’autopsie.
Il est donc permis d’y penser et chaque fois que ce diagnostic d’exception sera soupçonné, l’on pourrait aisément se rendre compte des faits par un examen radioscopique que la fin hâtive du malade ne nous a pas permis de pratiquer. Un diagnostic semblable, porté en temps utile, pourrait évidemment comporter des indications chirurgicales urgentes, précises, efficaces.