‹ Exposé des titres et travaux scientifiques du Dr Édouard JoltrainChapitre 24 sur 28 · MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX

Méningite aiguë syphilitique avec guérison.

Le nombre des méningites et méningo-myélites syphilitiques reconnues et traitées comme telles s’est considérablement accru dans ces dernières années. Quand on parcourt les observations de Widal, Brissaud, Gaillard,' Laubry, Drouet, Bensaude, de Massary, on comprend la difficulté qu’il y a souvent à les diagnostiquer, tant est grande la variabilité des symptômes présentés. L’examen cytologique du liquide céphalo-rachidien, en révélant une lymphocytose des plus nettes, fait encore hésiter entre tuberculose et syphilis. Le diagnostic précoce a d’autant plus d’importance que le traitement mercuriel intensif amène presque toujours une amélioration notable ou la guérison. Nous avons eu l’occasion d’observer un homme de trente-quatre ans entré à l’hôpital pour une céphalée intense, des vomissements et du subdélire. Dans ses antécédents on a pu relever plusieurs attaques de paludisme, la syphilis pour laquelle il fut traité pendant un mois seulement, et l’éthylisme. Le jour de son entrée, il a une crise épileptiforme assez nette avec phases tonique et clonique, mais sans morsure de la langue ni troubles sphinctériens. A l’examen on lui trouve des kératoses palmaires et plantaires ayant les caractères de gommes ou de tuberculoses verruqueuses, une inégalité pupillaire et le signe d’Argyll Bobertson. Le soir même, il est pris de délire aigu, furieux, avec hallucinations visuelles. Bien que les poumons paraissent sains, la température à 3ç)°, la raideur de la

nuque et le signe de Kernig font penser à une méningite tuberculeuse. La ponction lombaire montre de l’hypertension du liquide céphalo-rachidien et l’examen cytologique de la tuberculose. Pas de bacille de Koch, ni spirochète de Schaudinn. Ensemencements sur gélose, bouillon et eau peptonée restent négatifs. Enfin, un cobaye inoculé et sacrifié deux mois après ne présente aucune lésion tuberculeuse. On pratique des piqûres de biiodure et une injection intrarachidienne d’électrargol. Les jours suivants, le syndrome méningé est complet et on voit apparaître une monoplégie brachiale, mais les gommes tendent à disparaître et l’on pense à la méningite syphilitique. On pratique alors, outre les piqûres de biiodure, des injections intrarachidiennes de mercure colloïdal. Sous l’influence de ces injections de métaux colloïdes, on note une inversion de la formule cytologique et la transformation de la lymphocytose en polynucléose. Peu à peu le délire et les phénomènes paralytiques disparaissent, les gommes cutanées régressent au point de n’être plus visibles, et le malade guéri entièrement sort de l’hôpital ne conservant qu un peu d inégalité pupillaire.

Diagnostic différentiel des syndromes méningés survenant au cours de la syphilis.

Le diagnostic différentiel entre la méningite tuberculeuse et la méningite syphilitique est particulièrement difficile lorsque le syndrome méningé se montre chez un malade atteint d accidents .secondaires. Nous avons , observé 2 cas dans lesquels les signes cliniques, la lymphocytose du liquide céphalo-rachidien, la présence d’une réaction de Wassermann positive dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sérum plaidaient en faveur d’une méningite syphilitique. Le traitement intensif n’amena aucune amélioration et dans les 2 cas 1 autopsie montra la présence d’une méningite tuberculeuse, une poussée évolutive granulique ayant été probablement favorisée par la septicémie trépon émique.

Paehyméningite hémorragique.

Nous avons observé un cas de paehyméningite hémorragique ayant au point de vue clinique évolué en deux phases, une première caractérisée par une démarche particulière (rétropulsion très nette) et une seconde par l’établissement d’une hémiplégie gauche spasmodique siégeant du même côté que la lésion. L’autopsie, en effet, montra la présence d’un hématome dure-mérien de dimensions considérables, occupant une grande partie de l’hémisphère gauche (troisième circonvolution frontale, lobes pariétal et temporo-occipital). L’examen du liquide céphalo-rachidien a été négatif.

Syndrome eérébello-choréiforme.

(En collaboration avec M. Pierre Marie.)

Un malade de quinze ans est atteint d’une instabilité continuelle et de mouvements choréiformes qui l’avaient tout d’abord fait considérer comme un choréique banal. Le début de son affection remontant à plusieurs années, on ne trouve rien de particulier dans ses antécédents héréditaires, mais l’évolution de l’affection et les signes organiques qu’il présente paraissent devoir faire entrer ce cas dans un autre cadre. C’est à cinq ans, pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde, que les premiers troubles se manifestèrent sous forme de paroles hachées, saccadées, difficiles à comprendre; il entra à l’école à l’âge de sept ans, paraissant travailleur, intelligent et possédant une excellente mémoire, mais les mouvements choréiques devenant plus fréquents et d’amplitude plus étendue, tout travail est rendu impossible. 11 ne peut écrire qu’avec peine en tremblant, et est bientôt obligé de quitter l’école pour les troubles de la parole et les mouvements incessants. Douleurs violentes dans les membres inférieurs et contracture brusque des muscles de la jambe, pouvant créer de véritables crampes. Lorsqu’il entre à l’hôpital, ses mouvements attirent l’attention, sa parole est celle d’un malade atteint d’une sclérose en plaques,

il peut à peine se tenir debout, est obligé de prendre à chaque instant point d’appui sur ce qui l’entoure pour rétablir son équilibre. Il ne peut rester immobile et les mouvements sont surtout marqués à la tête et au tronc. Les épaules se soulèvent en masse, les membres supérieurs se mobilisent sans cesse. Les doigts se croisent et se décroisent alternativement. Ces mouvements ne cessent que pendant le sommeil. La demarche est très particulière, le malade s’avance avec peine, lance la jambe en avant, et ne paraît jamais la poser à l’endroit précis où il la dirige. Les chutes sont fréquentes et paraissent avoir augmenté depuis deux mois. La descente des escaliers est des plus pénibles, l’ataxie est des plus nettes, il n y a pas de véritable atrophie musculaire, l’hypotonie est considérable. Les réflexes rotuliens, achilléens et tricipitaux sont complètement abolis. Les réflexes cutanés sont normaux. Il n y a pas de trouble de la sensibilité, pas de trouble trophique et pas de trouble psychique. La réaction de Wassermann est positive. Ce cas, bien que se rapprochant de ceux qui ont été signalés par M. André Thomas, sous le nom de chorée persistante, avec signe de perturbation du faisceau pyramidal, doit, à notre avis, être complètement distrait du groupe des chorées chroniques, et l’on pourrait désigner le syndrome clinique présenté sous le nom de syndrome cérébello-choréiforme.

Nature de la chorée de Sydenham.

Après avoir exposé les différentes théories pathogéniques de la chorée et fait un résumé des récents travaux sur 1 origine syphilitique de cette affection, nous avons rapporté un certain nombre d’observations où la syphilis n’a pu être retrouvée et où la réaction de Wassermann s’est montrée franchement négative.

Résultats fournis par la recherche de la réa«Mon de, Wassermann dans les maladies nerveuses des hospitalisés de Bicetre.

Après avoir pratiqué un très grand nombre de réactions de Wassermann au cours des maladies nerveuses, nous avons

cherché cette réaction chez un grand nombre de malades de 1 hospice de Bicêtre. Le tableau suivant montre, en particulier combien la syphilis se retrouve souvent à l’origine des lacunes de désintégration cérébrale.

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