LA GRIPPE
Note sur une épidémie de grippe observée dans les départements du Jura et du Doubs.
(En collaboration avec M. P. Baufle.)
La grippe. - Forme clinique. - Prophylaxie. - Traitement.
(En collaboration avec M. Baufle.)
Quelques remarques sur l’épidémie de grippe actuelle.
(En collaboration avec M. Baufle.)
A propos de la thérapeutique de la grippe.
(En collaboration avec M. Baufle.)
Nous avons eu l’occasion d’observer et de suivre un très grand nombre de cas de grippe, depuis le mois demal ’^ q ^ l laquelle l’épidémie a fait son appantion dans la région d Jura et du Doubs, jusqu’au mois de février 1919.
C’est en mai qu’une épidémie présentant les caract ^ e ® d la grippe paraît pour la première fois dans un camp d ïndo- Chinois, à Salins. En l’espace de 3 jours sur effeobf de: 2 o hommes, no étaient touchés. L’épidemie, en 6 jours, lut décroissante. L’isolement fut d’ailleurs facile, pmsqu il s agissaiTd’un camp placé en dehors de > a "" mois la grippe ne fit plus son apparition dans la ville ses environs eUorsque plus tard elle se montra de nouveau, seul le camp d’Indo-Chinois, frappé la première fois, resta indemne, ce qui était un argument en faveur de l’immumte conferee pai une première atteinte de l’affection. , . ,
Le tableau clinique présenté par ces malades était celui de
la fièvre de 3 jours et toutes les formes observées furent particulièrement bénignes.
L’épidémie qui paraissait éteinte au mois de juin redoubla de violence au mois de .septembre affectant une allure beaucoup plus grave avec des complications pulmonaires extrêmement fréquentes. C’est ainsi que dans nos rapports d’août et de septembre 19x8, nous faisons une large part à la grippe en insistant sur certaines difficultés au point de vue diagnostic, en particulier lorsqu’elle survenait chez des individus déjà atteints par les gaz asphyxiants.
Nous avons eu un nombre considérable de grippés dans notre secteur avec des recrudescences très nettes au mois d’octobre, au mois de décembre 1918 et au mois de février 1919.
L’étude complète de cette affection nous a permis de retracer dans un opuscule toute son histoire clinique, prophylactique et thérapeutique. Nous avons particulièrement insisté sur la fréquence des formes congestives, des hémorragies au début, sur la dissociation du pouls, de la température qui est un phénomène initial et un élément précieux de diagnostic et de pronostic, sur les diverses formes de broncho-pneumonies observées et sur les pleurésies purulentes d’origine grippale.
Nous avons essayé toutes les thérapeutiques : abcès, fixation, injections de sérum antipneumococcique et antistreptococcique, injections de métaux colloïdaux et spécialement collobiase d’or, injections de lait, et enfin injections de vaccins de l’Institut Pasteur.
Nous avons publié les résultats obtenus avec ces différentes méthodes. Nous avons déjà insisté sur l’intérêt présenté par la détermination dans l’organisme au cours de la fièvre typhoïde de véritables chocs hémoclasiques qui pouvaient jouer un rôle thérapeutique considérable. Nous avons obtenu ces chocs avec les injections de collobiase d’or, sans que les résultats obtenus nous permettent de conclure, en matière de grippe, à leur efficacité absolue.
Nous avons essayé sur une très grande échelle, près de 3 oo cas environ, les injections de vaccins de l’Institut Pasteur qui nous avaient été donnés par M. R. Legroux.
Nous avons d’abord employé le type x qui contient du pneumonocoque, du streptocoque et du cocco-bacille de Pfeiffer; puis celui du type 2 qui contient en plus du micrococcus
aureus. Nous nous sommes rendu compte qu’il était necessaire pour obtenir de bons résultats d’employer des doses très fortes correspondant à 3 et 6 milliards de microbes.
Nous n’avons jamais observé d’accidents avec la vaccination .et quelle que soit la. théorie invoquée, pour expliquer les résultats obtenus, il nous a semblé que dans l’ensemble il s agissait d’une méthode intéressante et susceptible de prévenir une série de complications pulmonaires graves.
Nous avons essayé cette méthode sur un lot de rapatriés grippés que nous avons divisé en deux groupes dans deux hôpitaux différents. Nous avons pratiqué systématiquement la vaccination dans un groupe alors que dans l’autre on avait recours aux méthodes ordinaires de traitement de la grippe, sans injections intraveineuses, ni injections de vaccin.
La gravité des symptômes observés et la mortalité se sont montrées nettement plus grandes dans le groupe de malades qui n’avaient pas été vaccinés.
Les injections de lait ne nous ont donné qu’exceptionnellement des réactions générales, le plus souvent on observe une chute de la température; dans certains cas une défervescence en lysis aboutissant à la guérison, mais le plus souvent la température remonte au bout de 48 heures. Il y a bien une amélioration à la suite de ces injections, elle porte plus sur l’état général que sur l’état local. Nous n’avons jamais observé des modifications nettes des signes d’auscultation.
Dans un certain nombre de cas nous avons combiné 1 action des vaccins et des sérums, en basant notre mode thérapeutique sur les examens bactériologiques. Au début de l’affection, nous injections de préférence du vaccin mixte et du sérum anti- Pfeiffer, puis en pleine période d’état, des sérums antipneumococciques et antistreptococciques, suivant que les examens bactériologiques paraissaient montrer la prédominance de tel ou tel microbe.
En résumé, toutes nos constatations ont abouti à cette conclusion qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de médication spécifique de la grippe. Les sérums et vaccins eux-mêmes, malgré leur spécificité apparente, ne répondent pas à ce but, ils visent en effet les complications de la grippe et non l’infection grippale elle-même, malgré leur valeur, ils ne constituent donc qu’une partie du traitement.