‹ Exposé des titres et travaux scientifiques du Dr Henri RogerChapitre 29 sur 64 · MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE A MÉNINGOCOQUES · texte numérisé non relu

MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE A MÉNINGOCOQUES

MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE A MÉNINGOCOQUES. DÉBUT ET SÉQUELLES D’ORDRE MENTAL. INJECTIONS INTR A-R ACHI DI EN N ES D’ÉLECTRAR- COL ET DE SÉRUM DE DOPTER. GUÉRISON. ANALYSE CHIMIQUE DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN. (Montpellier médical, 20 juin 1009; avec MM. MARGAROT et MESTRÈZAT.)

UN CAS DE MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE AVEC PARALYSIE DU MOTEUR OCULAIRE EXTERNE DROIT, PERSISTANT APRÈS GUÉRISON DE LA MÉNINGITE. (Soc. So. Méd. Montpellier, 19 janvier 1913; avec M. AN- GLADA.)

ANALYSES DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN DANS LA MÉNINGITE CÉRɬ BRO-SPINALE A MÉNINGOCOQUES. (Soc. de Biologie, 17 juillet 1009; avec M. MESTREZAT.)

Nous avons eu l’occasion d’observer deux cas de méningites cérébrospinales intéressants au point de vue clinique, l’un par les troubles mentaux, l’autre par les troubles oculaires qui les compliquaient. Nous avons établi, à leur propos, la formule chimique du liquide céphalo-rachidien de cette infection.

Troubi.es mentaux. — Notre premier malade débute par une crise d’agitation des plus intenses durant plusieurs jours et pour laquelle le médecin traitant porte le diagnostic d’accès maniaque. Puis ces phénomènes s’amendent et le tableau de la méningite cérébrospinale s’affirme, avec prédominance 'des symptômes généraux sur les symptômes méningés. Après une évolution fébrile de trois semaines réapparaissent des désordres mentaux d’autre nature : phénomènes de dépression psychique, de confusion mentale avec apraxie spécialisée à certains actes. La malade a oublié, pendant quelque temps, l’usage des objets ménagers ; sa fille doit, le lui réapprendre. Il s’agit donc d’une véritable forme mentale qui, chez notre malade, était nettement commandée par une-pré-

disposition morbide dm névraxe : séjour de trois mois à L’asile des aliénés, pour urne -crise maniaque, trois' ans auparavant.

Troubles oculaires. — Les complications oculaires sont assez rares au cours de la méningite cérébrospinale. Elles consistent le plus souvent en lésions .du nerf optique (papillite, périnévrite), parfois en troubles de l'accommodation, plus rarement en paralysies de la musculature externe.

Dans notre cas, la paralysie de. la 6 e paire était unilatérale, sans aucun autre trouble ou lésion oculaire. Fait particulier, elle existait dès le début de l’infection méningée et persistait après sa disparition. Elle constituait même le principal symptôme objectif d’une méningite légère et fruste, où la ponction lombaire mit en évidence la présence d’une leucocytose polynucléaire, d’hyperalbuminose et de diplocoques intracellulaires.

Liquide céphalo-rachidien. — Au cours des nombreuses, ponctions faites lors de notre premier cas et des nombreuses analyses bactériologiques, cytologiques - et surtout chimiques, effectuées, nous avons pu établir, avec M. Mestrezat, la formule habituelle du liquide céphalo-rachidien dans la méningite à méningocoques, formule qui a, depuis, été vérifiée dans de nombreux cas.

Tension augmentée. Aspect louche avec xanthochromie plus ou moins marquée ; réticulum fibrineux, avec flocons jaunâtres et onctueux.

Hyperleucocytose à formule polynucléaire. A la période terminale, on .peut ne trouver qu’une lymphocytose qui peut, comme dans un de nos cas récents, induire en erreur, si on fait la première ponction à cette période.

Présence de méningocoques qu’on identifie par les diverses méthodes bactériologiques.

Formule chimique : hyperalbuminose élevée, le plus souvent supérieure, et de beaucoup, à 3 grammes, — chlorures abaissés, mais n’atteignant jamais les valeurs extrêmes de la méningite tuberculeuse, très rarement au-dessous de 6 gr. 4, — sucre di . minué, —-extrait très, élevé, égal ou supérieur à 13 gr., —'Cendres toujours supérieures à 8 gr., — perméabilité méningée aux nitrates, 45 à 55 millig., moindre que dans la méningite tuberculeuse..

Nous concluons à la valeur diagnostique de la formule chimique et à sa valeur pronostique : les variations du liquide céphalo-rachidien traduisent assez nettement l’évolution clinique de la méningite.

Page 1