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MOELLE

CRISES GASTRIQUES SUBINTRANTES AVEC HÉMATÉMÈSES AU COURS D'UN TABES FRUSTE D’ORIGINE SPÉCIFIQUE. (Soc. So. Méd. Montpellier,

16 juin 1911; avec M. le professeur RAUZIER.)

Les hématémèses sont exceptionnelles au cours des crises gastriques tabétiques : Cliarcot les avait signalées et désignées sous le nom de crises noires. Elles surviennent, comme chez notre malade, au début du tabes, sont rares et peu abondantes, n’aggra r vent pas l’état général.

Le diagnostic de la nature tabétique de ces hématémèses est le plus souvent très difficile, car ces cas de tabes sont particulièrement frustes. Notre cas en est un. exemple démonstratif. Notre malade avait été jusqu’alors considéré comme atteint d’uleus et envoyé à un chirurgien pour une gastroenlérostomie. Il n’y avait pas la moindre ataxie ; le Romberg n’existait que sur un pied ; les réflexes roluliens et achilléens étaient à peine diminués. Quelques troubles du. côté des sphincters, le signe d’Argyll Robertson, les troubles de la sensibilité consistant en retard de la perception douloureuse et surtout en quasi-abolition de la sensibilité profonde avec hypotonie extrême étaient les seuls signes de la série tabétique : les antécédents .syphilitiques, la lymphocytose du liquide céphalo-rachidien (41 leucocytes à la cellule de Nageotte) complétaient le tableau de tabes. Les- crises gastriques étaient d’abord espacées, subintrantes et d’une violence extrême ; à la fin de crises particulièrement intenses, nous avons constaté ta coloration noire des vomissements ; le chimisme était normal, la présence de sang indubitable. A noter, même au cours des paroxysV mes les plus douloureux, l’anesthésie profonde du creux épigas : trique, qui permettait d’enfoncer le poing jusqu’à la colonne vertébrale.

La pathogénie des hématémèses tabétiques a été beaucoup dis-, cutée. Dans un certain nombre de cas, assez exceptionnels, on note l’association du tabes avec l’ulcus ou le cancer gastriques. Dans d’autres, on trouve à l’autopsie une légère ulcération de l’estomac qu’on attribue à l’artériosclérose, à la syphilis, à untrouble trophique tabétique. Le plus souvent, les hématémèses sont indépendantes de .toute lésion : on incrimine alors les réflexes vasomoteurs et congestifs, qui accompagnent les crises douloureuses tabétiques et -qui peuvent se traduire par d’autres trou-

blés vasomoteurs (œdème, urticaire, sécrétion lactée) ou par d’au 1res hémorragies.

A noter, dans notre cas, le caractère rebelle des crises gastriques, pour lesquelles furent successivement employées, sans résultats bien appréciables, la plupart des thérapeutiques usuelles. Seules, les injections intrarachidiennes de sulfate de magnésie nous donnèrent une amélioration durable.

TRAITEMENT DES CRISES GASTRIQUES DU TABES. (Gazette Médicale de

Montpellier, 25 mars 1912.)

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