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PONCTION LOMBAIRE ET INJECTIONS SOUS- AR AC H NOI DI EN N ES

(Presse Médicale, 7 août 1912; avec M. J. BAUMEL.)

Bien des tentatives ont été faites contre les crises gastriques du tabes, symptôme des plus pénibles et des plus rebelles. La meilleure thérapeutique serait celle qui s’adresserait au processus même de la crise : malheureusement, son mécanisme est très discuté.

Aux diverses théories pathogéniques correspondent divers modes de traitement. De l’altération de la muqueuse gastrique découle la nécessité d’une hygiène digestive rigoureusement surveillée.

L’hypertension locale (crises vasculaires de Pal) entraîne l’emploi du nitrite d’amyle et des hypotenseurs. L’hyperexcitabilité du système nervéux cérébro-spinal et sympathique, admise par la plupart des auteurs, pose une double indication : calmer l’hypersensibilité périphérique, par des moyens externes, vessie de glace, vésicatoire, pointes de feu, pulvérisation d’éther sur la région épigastrique, ou par des médications internes anesthésiant là muqueuse gastrique, eau chloroformée, cannabis indica , sous-nitrate de bismuth, bicarbonate de soude à haute dose, — modérer l’irritabilité du système nerveux central, au moyen de sédatifs généraux, antipyrine, injections de morphine, lavements de chloral.

A chacune de ces thérapeutiques correspondent quelques améliorations : ce qui prouve la multiplicité des facteurs pathogéniques de la crise gastrique tabétique.

Quelques interventions chirurgicales ont été tentées : gastroentérostomie et surtout section des 7 e , 8 e , 9 e racines rachidiennes (opération de Fôrster) ou arrachement du bout central des 7°. 8 e , 9 e nerfs intercostaux (opération de Franke).

A cette thérapeutique intrarachidienne chirurgicale, qui a souvent plus d’inconvénients que d’heureux résultats, nous opposons une thérapeutique intrarachidienne médicale, non sanglante : rachicentèse et injections sous-arachnoïdiennes.

La ponction lombaire, suivie de l’évacuation d’une quantité variable de liquide céphalo-rachidien (de 10 à 30 cc.), a donné des résultats inconstants, soit d’un malade à l’autre, soit chez un même malade, d’une crise à la suivante.

Les iniections intrarachidiennes ont été pratiquées avec des anesthésiques et des substances médicamenteuses diverses : chlorhydrate de cocaïne (0,005 à 0,02), stovaîne et surtout novocaïne moins toxique (0,04 à 0,08) en solution isotonique, fibrolysinc, électromercurol. Dans un cas, qui avait été particulièrement rebelle à nos multiples tentatives thérapeutiques et avait été peu influencé par les injections sous-arachnoïdiennes de novocaïne, nous avons, suivant une méthode déjà appliquée aux paroxysmes douloureux du tabes par Marinesco et Gradinesco, employé le SO'AIg, à la dose de 4 cmc. 1/2 de la solution à 25 0/0 ; à deux reprises,’ nous avons obtenu une sédation manifeste et persistante des crises gastriques.

Quelques incidents peuvent compliquer cette méthode : douleurs lombaires, céphalée, incontinence ou rétention d’urine, exceptionnellement paralysies passagères. Ils sont dus à la réaction des méninges sous l’influence du médicament introduit dans leur cavité, réaction assez légère avec la novocaïne, polynucléose intense dans notre cas d’injection de sulfate de magnésie.

L’effet persistant obtenu par certaines injections inlra-arachnoïdiennes de solutions médicamenteuses dans les crises gastriques du tabes doit, pour nous, être attribué, moins à une simple action anesthésique qu’à la production d’une « méningite substitutive », véritable méningite thérapeutique.

Quel que soit leur mode d’action, ces injections constituent une médication qui peut être très utile chez quelques malades en proie à la gastralgie tabétique.

LA MÉNINGITE TABÉTIQUE. (Montpellier Médical, 27 avril et S mai 1913.)

Voir : Méningites.

HÉMIPLÉGIE PRÉTABÉTIQUE D’ORIGINE SYPHILITIQUE AVEC DISSOCIA- TION DES RÉFLEXES TENDINEUX. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 11 mai

1911; avec M. le professeur RAUZIER.)

Un homme de 46 ans, ancien syphilitique, est frappé d’hémi-

plégie gauche (probablement pai ramollissement cérébral). Quand nous l’examinons, près de deux ans après 1 ictus, nous trouvons, du côté parésie, les réflexes, exagérés au membre supérieur, abolis au membre inférieur : nous constatons également une abolition des réflexes rotulien et achilléen de l’autre membre inférieur. Cette abolition bilatérale . des réflexes fait penser au tabes. Nous retrouvons par l'interrogatoire quelques douleurs en demi-ceinture, la sensation d’écrasement des membres, de très légers troubles sphinctériens.

L’examen décèle des troubles objectifs de la sensibilité, retard ■des sensibilités tactile et douloureuse, diminution du sens stéréognostique, le signe d’Argyll-Roberison. Il s agit d un tabes fruste, sans hypotonie, sans troubles de la sensibilité profonde ni de la coordination, sans Romberg net. Il y a une réaction lymphocytaire et albumineuse (0,70) du liquide céphalo-rachidien.

Pareille association du tabes et de l’hémiplégie est rare ; les deux maladies sont liées à une même cause, la syphilis. Notre cas peut se ranger dans le groupe, peu nombreux, des hémiplégies dites prétabétiques, où l’hémiplégie précède les signes subjectifs du tabes. . '

Celte association tabéto-hémiplégique est intéressante par les combinaisons diverses d’atonie et d’hypertonie qu’elle provoque ; elle se traduit par des' modifications différentes des réflexes tendu neux, que nous avons classés de la façon suivante :

1° Hémiplégie flasque sans contracture ni retour des réflexes ; les réflexes restent abolis par le tabes : c’est le cas le plus fréquent.

2° Hémiplégie avec dissociation des réflexes, exagérés aux membres supérieurs contracturés, abolis aux membres inférieurs flasques. Pareille dissociation, que nous rencontrons dans notre cas, provient d’une limitation du tabes à la moelle dorso-lombaire.

3° Hémiplégie avec) contracture sans retour des réflexes tendineux : il n’existe dans ce'groupe que .quelques cas anciens, contestables, où il ne s’agit peut-être que de fausses contractures par rétraction musculaire ou tendineuse.

4° Hémiplégie avec retour des réflexes tendineux. Pour expliquer ces faits complexes, on admet que certains tabes laissent intactes quelques fibres des cordons postérieurs. Celles-ci seraient suffisantes pour la production du réflexe, si l’action inhibitrice des centres nerveux ne s’v opposait. L’inhibition centrale une fois supprimée par la lésion causale de l’hémiplégie, les réflexes tendineux réapparaissent .

SCLEROSE EN PLAQUES ET HYSTÉRIE. (Soo. Sc. Méd. Montpellier 1907- avec M. CADILHAC.)

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