‹ Exposé des titres et travaux scientifiques du Dr Henri RogerChapitre 40 sur 64 · ANGINES DANS LES MALADIES INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

ANGINES DANS LES MALADIES INFECTIEUSES

ANGINE ULCÉRO-CANCRÉNEUSE A BACILLE DE LŒFFLER ET A STAPHY LOCOQUE. CROUP. INTOXICATION GÉNÉRALE INTENSE. ALBUMINU¬ RIE: 16 GRAMMES. TRAITEMENT PAR LE SÉRUM ANTIDIPHTÉRIQUE ET L’ËLEÇTRARCOL. TRACHÉOTOMIE, PARALYSIE DU VOILE DU PA¬ LAIS ET DES MEMBRES INFÉRIEURS. GUÉRISON. (Annales de Médecine et do Chirurgie infantiles, 15 juin 1908, et Soc. Sc. Méd. Montpellier, 6 mars 1908.)

11 s’agit, dans notre cas, d’nne diphtérie des plus graves, d’une do cés angines uloéro-gangréneuses, qui survenaient autrefois sous la forme des meurtrières épidémies décrites par Bretonneau et Trousseau et qu’on n’observe pas souvent à l’heure actuelle, grâce à l’emploi dp sérum. L’infection par le staphylocoque vient s’ajouter à l’intoxication par le poison diphtérique : la myocardite, la néphrite compliquent encore le cas. Il nous semble bien que l’élec- Irargol a beaucoup aidé au brillant résultat obtenu, sans doute parce qu’il a jugulé l’infection staphylococcique surajoutée, sur laquelle le sérum n’agit pas.

ANGINE PHLEGMONËUSE ET DIPHTÉRIE. RELATIONS. DIAGNOSTIC DIFFɬ RENTIEL. (Archives Générales de Médecine, mal 1909, p, 257-273; avec M. MAJRGAROT.)

ANGINE DIPHTÉRIQUE PURE PSEUDO-PHLECMONEUSE. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 2 avril 1909; avec M. MARGAROT)

Ayant observé une angine diphtérique pure, simulant un abcès

de l’amygdale, et une angine phlegmoneuse avec fausse mem brane sans bacille de Lôffler, nous avons étudié les rapports d’ensemble de la diphtérie et du phlegmon de l’amygdale, et les avons classés de la façon suivante :

1° La diphtérie peut produire une angine simulant par son aspect le phlegmon de l’amygdale : nous en avons retrouvé 25 cas, dont les principaux sont dus à MM. Landouzy, Martin, Maire.

Début souvent brusque, trismus intense, dysphagie, fétidité de 1 haleine, atteinte grave de l’état général, en sont les principaux symptômes. Localement, une amygdale enflammée, boursouflée, fait bomber le voile du palais, se recouvre d’un exsudât membraneux grisâtre.

Souvent, une excision exploratrice est pratiquée et il ne s’écoule point de pus. A l’examen de l’exsudât ou de la fausse membrane, on ne trouve que du bacille de Lôffler. Cette angine diphtérique pseudo-phlegmoneuse n’a guère été constatée que chez l’adolescent ou l’adulte. Cette, forme spéciale paraît liée à un bacille de Lôffler, particulièrement virulent et surtout à un état anatomique spécial de l’amygdale.

Le pronostic est grave : car le plus souvent le diagnostic de diphtérie n’est fait que tardivement et le traitement institué trop lard.

2° Le phlegmon banal de l’amygdale peut se recouvrir d’une fausse membrane et en imposer pour la diphtérie : angines phlegmoneuses pseudo-diphtériques.

3° L’angine phlegmoneuse et la diphtérie peuvent s’associer : angines diphtéro-phlegmoneuses. Il peut y avoir d’emblée association des deux maladies dans certaines strepto-diphtéries ; dans d’autres cas, 1 infection diphtérique succède au phlegmon, se développe par exemple au niveau de l’incision de l’abcès ; enfin le plus souvent, l’abcès complique la diphtérie. Ces cas sont graves. C’est à leur association avec la diphtérie qu’il faut rattacher la plupart des cas de phlegmon amygdalien, compliqués de paralysies.

Conclusion pratique : en présence d’une gorge ayant l’aspect d’un phlegmon amygdalien et présentant un exsudât ou une fausse membrane plus ou moins développée, il faut se méfier de la diphtérie, examiner cet exsudât, cette fausse membrane, et,, dans tout cas douteux, faire une injection de sérum antidiphtérique, sans attendre le résultat de l’examen bactériologique.

ANCIMES GRAVES ^U COURS t>ES OREILLONS. (Montpellier Médical, 1910. p 193-203 et 220 225; avec MM. MARGAROT et SASSY.)

L’angine ourlienne évolue sans grande fièvre et esl habituellement bénigne. Nous avons observé cependant trois cas tout à fait anormaux par leur évolution particulièrement grave : température dépassant 40°5, état infectieux prononcé avec vomissements, délire, oligurie ; vésicules herpétiques entraînant des douleurs pharyngées, de la dysphagie, du trismus. Nos trois cas se sont terminés par la guérison. Chez ces trois malades les symptômes généraux étaient bien sous la dépendance de l’angine, et l’angine devait bien être rattachée au processus ourlien. Pour éviter ces accidents, il serait bon de faire .des lavages de la gorge chez tous les oreillards qui sont prédisposés par l’état lacunaire de leurs amygdales.

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