FIÈVRE TYPHOÏDE ET PARATYPHOÏDES
UNE PETITE ÉPIDÉMIE DE FIÈVRE TYPHOÏDE. (Soc. Sc. Méd. Montpellier,
21 janvier 1910; avec M. SAPPEY.)
A l'heure où l’on tend à révolutionner l’ancienne étiologie de la fièvre typhoïde, notre communication montre, après bien d’autres, que l’origine hydrique ne doit pas être absolument rejetée. Il s’agit d’une petite épidémie (12 cas en trois ans), survenue aux environs do Montpellier dans trois campagnes contiguës; l’eau du même puits servait aux trois familles. A côté de typhoïdes nettes, il y eut quelques troubles gastro-intestinaux vagues et une paratyphoïde A ; ne peut-on pas voir, dans l’existence de troubles si divers au cours de cette petite épidémie, un argument en faveur de la théorie de la transformation du coli en Eberth ?
RECHUTE TARDIVE DE FIÈVRE TYPHOÏDE, COMPLIQUÉE D’HÉMORRAGIES INTESTINALES. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 9 juin 1911; avec M. le professeur RAUZIER.)
La rechute de la dothiénenterie survient habituellement, quelques jours après la fin de la première atteinte. Il est exceptionnel
qu’elle s’installe, comme dans notre cas, après .un mois et demi d’apyrexie : toutefois, nous avons retrouvé des exemples encore plus tardifs. Ce sont les cas où les auteurs parlent indifféremment de récidives précoces ou de rechutes tardives.
Les rechutes ne se compliquent qu’exceptionnellement d’hémorragies intestinales,dans 0,76 0/0 des cas d’après Curschmann.Chez notre malade, ces hémorragies surviennent, dès le début de la rechute, abondantes et répétées. L’existence d’hémorragies intestinales analogues dans la première poussée thermique explique la complication spéciale de la rechute ; car la rechute reproduit généralement, en plus petit et en plus court, le tableau de la poussée initiale.
ÉRYTHÈME RUBÉOLO-SCARLATINIFORME AU COURS D'UNE FIÈVRE TY- PHOIDE. (Soc. Sc. Méd. Montpellier, 24 février 1912; avec M. le professeur RAUZIER.)
Les érythèmes survenant au cours de la fièvre typhoïde sont assez rares. Ils présentent trois types principaux : le type rubéoliforme, le type scarlatiniforme, enfin le type polymorphe, généralement rubéolo-scarlatiniforme, plus rarement noueux, .ortié, vésiculeux, miliaire, bulleux ou pemphigoïde, pustuleux, purpurique.
Chez une nourrice, âgée de trente ans, atteinte d’une fièvre typhoïde d’intensité normale, nous avons vu successivement s’installer, au seizième jour, des éléments nettement séparés rappelant ceux de la rougeole, puis des placards rougeâtres ressemblant à la scarlatine. Cet érythème rubèolo-scarlatinilorme n’a guère duré plus de trois jours, a laissé pendant quelques jours un léger état truité de la peau et a été suivi d’une desquamation lamelleuse assez prolongée. Il s’est accompagné d’un léger enanthème pharyngé, d’une rougeur banale de la gorge.
Alors que certaines éruptions de la fièvre typhoïde s’accompagnent de tout un cortège de symptômes graves, hypothermie, vomissements incoercibles, parfois poracés, diarrhée séreuse verte, adynamie, albuminurie (érythèmes malins), notre érythème fut le seul symptôme surajouté à la dothiénentérie ; apparu en pleine évolution de la maladie, il n’a en rien influencé la courbe thermique, ni les symptômes locaux ou généraux, n’a nullement aggravé son pronostic : il rentre dans le cadre des érythèmes bénins, h côté des cas de Remlinger, Poisot, ReviRod, Lévy,
Au point de vue étiologique, on doit noter, comme particularités : le sexe féminin (ces érythèmes éttpit plus fréquents chez l’homme), — et surtout l’âge : c’est chez l’enfant qu’on les constate et il est tout à fait exceptionnel qu’on les rencontre après £5 ans, Ouant à la pathogénie, il a é:é permis d’éliminer l’association avec une fièvre éruptive, rougeole ou scarlatine, ainsi que l’origine alimentaire ou médicamenteuse. Cet érythème est bien en rapport avec le processus éberthien. Faut-il admettre avec Gillet, Rispal, la possibilité, pour le bacille d'Ebertlf, de sécréter une toxine érythrogène, propriété qui ne lui serait pas spéciale et que d’autres microbes pourraient également acquérir dans certaines conditions mal connues de terrain ou de virulence (érythèmes des septicémies, paratyphoïde, vaccine, choléra, fièvre puerpérale, etc.) ? Faut-il incriminer, avec le professeur Roger, l’insuffisance des émonctoires ? La première théorie cadre assez bien avec les cas où l’érythème est relativement fréquent au cours d’une même- épidémie ; peut-être la seconde hypothèse explique-t-elle mieux les cas isolés, comme le nôtre, surtout s’il y a un peu d’albuminurie et une légère rétention azotée.
POLYNÉVRITES POST-TYPHIQUES. (Soc. Sc. Méd.
Montpellier, 12 mal 1011 et
Voir : Nerfs.
IÈVRE DE MALTE CT DOTH : SU ENTERIE. (Soc. de Biologie, 5 février 1910; avec MM. LAGR1FF0UL et AHNAU.)
Voir : Fièvre de Malte.
THYROÏDITES ET MAMMITES TYPHIQUES. (Soo. Sc. Méd. Montpellier, 1907- 1913.)
Voir : Complications glandulaires des maladies infectieuses.
DEUX CAS DE PARATYPHOÏDE A. (Soo. Sc. méd. Montpellier, 4 février 1910; avec M. RIMBAUD.)
Le domaine des paratyphoïdes est plus étendu qu’il ne paraissait au premier abord. Nous avons eu l’occasion d’en constater une série de cas. Nous avons déjà cité : un cas de mammite sup-
purée, qui avait évolué à la fin d’une infection cataloguée cliniquement fièvre typhoïde et où l’examen du pus montra l’existence d’un paratyphique ; — un cas de paratyphoïde évoluant, au milieu d’une petite épidémie de fièvre typhoïde. On trouvera ultérieurement les observations d’une paratyphoïde B consécutive à l’ingestion d’huîtres et de coquillages et d’une paratyphoïde A avec bradycardie intense.
Dans les deux cas qui nous intéressent ici et qui ne présentent aucune particularité étiologique ou clinicpie, la séro-réactibn est nettement positive pour le paratyphoïque A. Il est important de diagnostiquer une paratyphoïde d’avec une fièvre typhoïde à cause du pronostic : l’évolution est généralement plus bénigne, les complications exceptionnelles.
HUITRES ET INFECTION PARATYPHOÏDE. (Revue d’hygiène, 1909, p. 861, et Soc. Sc. Méd. Montpellier, 25 juin 1909; avec M. LAGRIFFOUL.)
Les huîtres et les coquillages peuvent transmettre tantôt la fièvre typhoïde, tantôt une infection paratyphoïde. Pour être moins connues, les infections paratyphoïdes ostréaires n’en ont. pas moins leur importance. A l’occasion d’une observation personnelle, nous exposons les deux principales théories pathogéniques, qui peuvent être émises pour expliquer les infections d’origine ostréaire :
1° Théorie infectieuse : l’huître apporte directement à l’organisme le germe morbide. Le bacille d’Eberlh se trouve rarement, il est vrai, dans l’huître, mais le colibacille et les paratyphoïdes y ont été rencontrés assez souvent.
2° Théorie toxique : l’huître, altérée sous l’influence de la chaleur ou du voyage, souillée par la pratique du rafraîchissement, envahie par les produits des parasites de la coquille, est un véhicule de substances toxiques. L’intoxication gastro-intestinale banale qu’elle provoque prépare le terrain aux paratyphiques ou à l’Eberth apportés par ailleurs dans l’organisme, ou bien fait le lit au colibacille, saprophyte de l’intestin, qui exalte sa virulence et serait capable, d’après certains auteurs (Rodet), de se transformer en paratyphique ou en Eberth.