RAPPORT
IZOTDRIQÜE
Comme on peut s’en rendre compte par la lecture de ce tableau, dès qu’on ajoutait de la viande à la nourriture habituelle de ce lapin, le chiffre de l’urée augmentait; le chiffre de l’azote total s’élevait aussi, mais dans une proportion moindre ; le rapport azoturique par conséquent augmentait.
Dans une autre expérience, nous avons remplacé dans le régime d’un lapin une certaine quantité de son par une dose de viande calculée de telle sorte que l’azote donnée dans chaque cas atteignait le même chiffre. Or, nous avons vu que l’élimination azotée était toujours plus considérable pendant la période où l’on donnait de la viande que pendant le régime végétarien. Bien que dans les deux cas la quantité d’azote absorbée fût la même, avec le régime carné partiel, l’urine renfermait un tiers d’azote en plus quavec l’alimentation uniquement végétale.
Ainsi la viande est parfaitement digérée par le lapin ; l’albumine animale subit dans l’organisme du lapin comme dans celui d un carnivore les différentes transformations qui aboutissent à l’élimi-
TUBE DIGESTIF
nation de l’urée. Malgré ce métabolisme en apparence normal de l’azote animal, le régime carné détermine la diminution du poids du lapin, et, s’il est prolongé, la mort.
Enfin dans une troisième partie, nous avons rapporté les lésions que l’on observe à l’autopsie des animaux soumis au régime carné. Ces lésions sont surtout marquées dans le cas de régime exclusivement carné; elles prédominent dans le foie , où on trouve des hémorragies, des nodules leucocytaires et des foyers de nécrose; elles sont aussi marquées au niveau des surrénales et de la thyroïde ; elles sont moins intenses dans le rein, la rate, le pancréas, les parathyroïdes. Dans le régime carné partiel, on rencontre les mômes lésions, mais moins intenses. Si le régime carné a pu être supporté longtemps grâce à des retours fréquents à la nourriture ordinaire, on peut observer dans le foie un commencement de sclérose.
Ces recherches établissent qu’une substance comme la viande, bien que douée de qualités alimentaires pour le lapin comme pour les autres animaux, se comporte néanmoins comme un poison quand elle est introduite dans l’organisme de ces rongeurs.
MALADIES INFECTIEUSES
Les variations de poids dans les maladies infectieuses (scarlatine, variole, pneumonie, fièvre typhoïde)
J’ai cherché, avec l’aide de M. Sabaréanu, quelles variations présentait la courbe quotidienne du poids pendant le cours des maladies infectieuses aiguës. Les quelques auteurs qui avaient étudié les variations du poids dans les infections ne pesaient les malades qu’à de longs intervalles ; ils avaient pu ainsi apprécier l'intensité de l’amaigrissement, bien visible déjà cliniquement au moment de la convalescence. La méthode des pesées quotidiennes nous a permis de mettre en évidence un point qui n’avait pas été soupçonné jusqu’alors, et de montrer que le poids reste stationnaire ou même augmente légèrement pendant la période fébrile,et que l’amaigrissement ne se montre qu’au moment de la chute de la fièvre. Tel est le résultat qui ressort des recherches que nous avons publiées sur la scarlatine, la pneumonie, la variole, et la fièvre typhoïde.
La courbe du poids dans les maladies infectieuses aiguës passe par quatre phases successives : pendant une première, qui correspond à la période fébrile, le poids se maintient à un niveau constant, ou subit une augmentation qui peut atteindre et même dépasser î kilogramme ; la deuxième est marquée par un abaissement rapide et souvent considérable du poids coïncidant avec la chute de la température: pendant la troisième, qui répond au début de la convalescence, là ligne du tracé reste horizontale ; enfin, la quatrième et dernière période est formée par l’augmentation souvent remarquable du poids au moment de la reprise de l’alimentation,
MALADIES INFECTIEUSES
Dans la variole, la première phase présente une irrégularité curieuse ; en effet le poids fléchit, en même temps que la température, entre la période d’éruption et la période suppurative ; l’abaissement qui se produit alors est momentané et toujours peu marqué, il est suivi d’une augmentation qui peut atteindre 2.000 grammes quand l’éruption suppure. Ainsi à ce moment les deux courbes du poids et de la température sont parallèles.
Toutefois ce parallélisme n’est pas absolu ; quand la tempéra¬
ture, après être tombée d’un ou deux degrés, se maintient aux environs de 38 ° par suite de la survenue d’une complication, comme un rhumatisme scarlatin (fig. 11), le poids continue à descendre ; mais la chute est alors moins brusque que quand la défervescence se fait rapidement. Dans la pneumonie, il n’est pas rare de voir le poids et la température tomber ensemble, la température de plusieurs degrés et le poids de plusieurs kilogrammes.
Dans la fièvre typhoïde, la courbe du poids suit la même évolution que dans les autres infections aiguës. Elle baisse dès que la température descend; elle reste horizontale ou monte même au moment d’une recrudescence (fig. 12) ; si une rechute survient,
Fièvre typhoïde régulière suivie de guérison, avec recrudescence au 13 e joi