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Sur une hématine végétale l’aspergllline, 2' note

(Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1891.)

A la suite de la publication du travail précédent, M. Phipson, de Londres, rappela (Comptes rendue 1891} qu’il avait décrit en 1879 sous le nom de palmelline un pigment de l’algue palmella cmenta, et supposa que l’aspergilline décrite par moi pouvait bien être identique avec cette palmelline. Dans cette nouvelle note, je fais ressortir les différences qui existent entre les deux pigments.

La palmelline est rouge rose, paraissant cristallisée au microscope, soluble dans l’eau. Sa solution, d’un rouge rose magnifique par transmission, jaune orangé par réflexion se coagule par la chaleur, par l’alcool, l’ammoniaque et la potasse, mais non par l’acide chlorhydrique. Brûlée, elle laisse, comme les tissus végétaux en général, des cendres complexes, dans lesquelles on reconnaît aisément de la chaux, du chlore et du fer. L’auteur ne fait allusion à aucune action particulière sous l’influence des agents réducteurs.

L’aspergilline et l’hématine sont noires, amorphes, insolubles dans l’eau. L’ammoniaque et la potasse les dissolvent, et les dissolutions, qui sont brunes, ne sont précipitées, ni par la chaleur, ni par l’alcool ; elles sont au contraire précipitées par l’acide chlorhydrique. Brûlées, elles laissent des cendres constituées par de l’oxyde de fer. Elles sont réduites par l’hydrosulfite de sodium, et le produit de laréduction absorbe énergiquement l’oxygènelibre.

Il ressort de ce parallèle que la palmelline de M. Phipson, bien loin d’être identique avec l’aspergilline, ne présente avec cette substance, pas plus qu’avec l’hématine du sang, aucune analogie.

Je poursuis en ce moment l’étude du pigment que j’ai isolé, au double point de vue chimique et physiologique. Il est probable que l’aspergilline, si elle est la première hématine végétale découverte, n’est pas la seule qui existe, et que des substances analogues viendront se grouper auprès d’elle. M. le docteur Greshofï m’adresse du jardin botanique de Builenzorg (Ile de Java), par l’intermédiaire de M. le professeur Chauveau, un polypore dont il croit le pigment analogue à l’a spergilline. J’ai constaté moi-même que le pigment dont s’imprègnent, dans les cultures artificielles, les spores de Mildiou a aussi quelque ressemblance avec cette substance.

31. — Action de l’acide sulfureux sur quelques champignons inférieurs et en particulier sur les levures alcooliques. (Annales de l'Institut Pasteur 1891.)

La pratique du mutage des vins, l’emploi de l’acide sulfureux pour la conservation des liquides fermentescibles, son usage comme antiseptique, donnent de l’intérêt à l’étude de l’action toxique de ce gaz sur les organismes inférieurs. On ne possède toutefois sur ce sujet, en dépit de nombreux travaux, que des notions assez confuses. J’ai cherché à combler, dans une certaine mesure, cette lacune, en déterminant la toxicité de l’acide sulfureux dissous à l’égard des levures alcooliques, et de quelques autres champignons inférieurs.

Mes expériences ont porté sur onze organismes, une levurede bière basse,.une levure recueillie surdes raisins blancs, une levure trouvée à la surface de raisins de Co-

rinthe, trois levures différentes extraites d’une fermentation spontanée de moût de fraises, la mycolevure de Duclaux, deux variétés de mycoderma vini, le champignon du muguet, l’a spergillus niger.

Les conclusions suivantes se dégagent de l’ensemble des expériences :

1° Une solution, renfermant un cinquième de son volume d’acide sulfureux, a détruit tous les champignons abandonnés à son contact pendant un quart d’heure, sauf le muguet, pour la destruction du quel la dose d’acide sulfureux a dû être portée à 500“ par litre.

2° Si le contact est prolongé six heures, aucun champignon ne résiste à une solution renfermant un dixième de son volume, soit 100“ d’acide sulfureux par litre.

3° Si l’action s’exerce pendant vingt-quatre heures, la dose toxique s’abaisse à un vingt cinquième du volume, soit 40“ par litre, sauf pour une des variétés de mycoderma vini, qui, dans une expérience sur trois, exigea pour sa destruction 100“ par litre.

4“ Enfin, si l’expérience est prolongée plusieurs jours, 20“ par litre, soit un cinquantième de volume, suffisent pour détruire tous les champignons, sauf ce même myco-

Cès doses témoignent d’une action énergique de l’acide sulfureux : il suffit de les exprimer en poids pour constater qu’elles sont comparables, et parfois inférieures aux doses actives des plus puissants antiseptiques. Ce sont : 1 gr. 35 par litre (1/750) si la durée du contact n’est que de quinze minutes ; 0 gr. 27 (1/3700) si la durée en est d’une heure ; 0 gr. 108 (1/9000) s’il est prolongé vingt-quatre heures, et enfin 0 gr. 054 (1/18000) si l’action toxique s’exerce pendant plusieurs jours.

La toxicité de l’acide sulfureux est exaltée par une élévation modérée de température, et surtout par la présence d’un acide minéral. C’est ainsi qu’une levure de

raisins et le champignon du muguet ont été tués en six et vingt-quatre heures par un quatre-vingt-dix millième et un cent quatre-vingt millième d’acide sulfureux, en présence d’une quantité d’acide sulfurique, qu’une expérience préalable avait démontrée incapable d’entraver le développement des deux organismes.

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