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Sur le dédoublement de l’aolde lactique Inactif

par les moisissures. (Bulletin de la. Société chimique

de Paris, 1891J

On sait depuis longtemps qu’il existe, outre l’acide lactique ordinaire de fermentation, sans action sur la lumière polarisée, un acide lactique droit (acide paralactique),que l’on peut retirer des muscles et du produit de certaines fermentations. M. Schardinger (Monatschefte fiir chemie, t. XI, p. 545) a récemment obtenu, dans la fermentation du sucre sous l’influence d’un bacille analogue au ferment lactique, un acide lactique gauche. Le mélange des deux acides fournit un acide inactif par compensation ; mais cet acide inactif est-il l’acide inactif de fermentation ou un isomère ? La question ne peut être résolue dans le premier sens que par la décomposition de l’acide de fermentation en ses isomères actifs. En 1883, M. Lewkowitsch avait constaté qu’une solution nutritive de lactate d’ammonium, laissée plusieurs semaines au contact de pénicillium glaucum, était devenue au bout de ce temps nettement dextrogyre, mais cette expérience ne constituait pas une démonstration suffisante de la possibilité de dédoubler l’acide lactique en deux isomères actifs.

On ne peut en effet admettre a priori, que l’activité optique, qui se manifeste au cours du développement d’unemoisissure, dans son liquide nourricier, est nécessairement dueàune fraction inutilisée de l’aliment aux dépens duquel ellesedéveloppe. Ilestbien connuqueles micro-organismes

élaborent dans leur protoplasraa des substances actives aux dépens des aliments les plus divers, et que ces substances actives peuvent se diffuser dans les bouillons de culture. Il est donc indispensable, avant d’émettre une conclusion sur la cause de l’activité optique du liquide dans lequel a végété un organisme inférieur, d’extraire la substance active, ou du moins de la caractériser par l’ensemble de ses réactions.

C’est ce que j’avais tenté de faire, avant d’avoir eu connaissance de l’important travail de Schardinger : j’ai cultivé sur une solution nutritive de lactate d’ammonium du pénicillium, glaucum , et j’ai pu ajouter à l’observation première de Lewkowitsch les constatations suivantes :

1° Le corps actif qui se forme dans une telle expépérience, est extractible par l’éther de sa dissolution préalablement acidulée.

2" Il est dextrogyre, et, en se combinant à l’oxyde de zinc, fournit un sel lévogyre. Le rapport des pouvoirs rotatoires de l’acide libre et de sa combinaison zincique, est le même que celui des pouvoirs rotatoires de l’acide paralactique et de son sel de zinc.

Il résulte de ces faits que l’acide lactique de fermentation est en réalité dédoublable par les moisissures en deux isomères actifs, dont l’un {le gauche) est utilisé en plus grande proportion pour la nutrition de la moisissure, tandis que l’autre (le droit), reste en excès dans le liquide. Je n’ai pu, malheureusement, compléter la démonstration par l’extraction de l’acide lactique droit à l’état pur, la quantité obtenue étant insuffisante pour cette extraction. J’ai entrepris pour obtenir ce résultat de nouvelles expériences.

Un fait intéressant ressort encore de ces recherches, c’est que, la moisissure, dans son état normal, attaque avec la même énergie les deux modifications optiquement actives de l’acide lactique; ce n’est que quand sa vitalité est affaiblie, qu’elle manifeste des préférences et détruit avec plus d’activité la modification gauche.

33. — Nouveau procédé de dosage de l'acide formique. (Bulletin de la Société chimique de Paris, 1891.) (A paraître).

Le dosage de l’acide formique dans un mélange d’acides gras volatils est une opération difficile. Le procédé de Portes et Ruyssen fournit, de l’aveu des auteurs, des résultats trop faibles de 25 •/. ! Ayant besoin, dans mes études sur les fermentations, d’une méthode de dosage plus exacte, j’ai eu recours à la propriété de l’acide formique d’être décomposé par l’acide sulfurique concentré avec dégagement d’oxyde de carbone : les acides acétique, propionique, butyrique, valérianique n’en fournissent pas trace dans les mêmes conditions, si l’on a soin d’éviter une élévation trop grande de température. Pour obtenir la maximum de précision, on pourrait effectuer la décomposition du formiate par l’acide sulfurique dans le vide de la machine pneumatique à mercure, mais il est plus simple d’opérer dans un courant de gaz acide carbonique, et de recueillir les gaz dans un appareil de Dupré pour le dosage de l’azote. Je ne puis insister ici sur les détails de l’opération : le gaz renfermé dans l’appareil, après l’absorption de l’acide carbonique, est de l’oxyde de carbone mélangé d’une faible quantité d’air. Pour tenir compte de ce dernier, on absorbe d’abord l’oxygène dans l’appareil de Dupré lui-même, en y introduisant du pyrogallol, puis le mélange d’azote et d’oxyde de carbone est recueilli dans une éprouvette graduée, et ce dernier gaz absorbé par le protochlorure de cuivre en solution chlorhydrique.

En opérant sur 0 gr. 05 environ d’acide formique, j'ai obtenu constamment de 95 à 97 % de l’oxyde de carbone théorique, soit en moyenne 96 En ajoutant 4 % au résultat fourni par l’expérience, je puis donc compter que l’erreur maximum ne dépassera pas 1

34. — Sur l’analyse d’un mélange d’acides gras volatils. (Bulletin de h Société chimique de Paris,

1891J (A paraître.)

L’analyse d’un mélange d’acidès gras volatils est toujours délicate. Dans les recherches de chimie biologique, la difficulté s’accroît encore par suite des faibles quantités de ces acides sur lesquelles porte l’analyse. M. Duclaux a résolu d’une manière très élégante cette difficulté en déterminant et dosant à la fois les différents acides par la marche de la distillation de leurs solutions aqueuses diluées. Cette marche est caractéristique pour chaque acide, et, dans un mélange, chacun des acides distille comme s’il était seul. En distillant 100 cc de liquide de manière à recueillir séparément chaque fraction de 10 e0 et en faisant par l'acidimétrie le dosage de l’acide recueilli dans chaque fraction, on peut établir une série d’équations à plusieurs inconnues qui, théoriquement, permettent de caractériser et de doser dix acides mélangés.

Malheureusement, dans la pratique, on ne peut guère analyser ainsi qu’un mélange de deux acides. Si la dissolution en renferme trois, on peut tenter d’en arrêter un par saturation partielle du mélange ; mais, dans cette saturation partielle, la base se partage toujours entre les divers acides et, quelle que soit la différence de leurs chaleurs de saturation, aucun n’est complètement arrêté. J’ai constaté, par exemple, que, dans le cours d'une distillation d’acide acétique dilué en présence de sulfate de sodium, il passe toujours un peu d’acide sulfurique dans le récipient. On ne peut donc espérer aucun résultat exact de cette manière d’opérer.

Après bien des essais, je suis arrivé à analyser très exactement un mélange de trois acides gras volatils, à condition que l’un d’eux fût l’acide formique. (C’était le

cas dans les liquides fermentés sous l’influence du Vibrion septique.) Dans ce but, l’acide formique était préalablement dosé, comme il a été dit dans la note précédente; puis le mélange des trois acides était soumis à la distillation fractionnée. Mais, dans chaque équation, l’inconnue correspondant à l’acide formique était remplacée par un nombre, calculé d’après le dosage préalable de cet acide et la marche connue de sa distillation. Les équations à deux inconnues qui résultaient de cette substitution, résolues, indiquaient exactement la quantité et la nature de chacun des deux acides autres que l’acide formique contenus dans le mélange.

Voici les résultats obtenus avec un mélange titré d’acides formique, acétique et butyrique :

Acide formique . . . 1,74 °/ m au lieu de 1,81

- acétique . . . 1,61 — 1,61

— butyrique . . 3,56 — 3,42

On ne peut guère, dans des expériences aussi déli¬

cates, espérer une exactitude plus grande.

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