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Quelques expériences sur la bile. (Thèse de la

la Faculté de Médecine de Lyon, 1882J

Ce travail, fait dans le laboratoire de M. le professeur Lépine, et sous son inspiration, se compose de deux parties :

Dans la première, j’étudie les modifications qui se produisent dans la composition chimique de la bile à. la suite de la transfusion du sang. D’après M. Hayem, les globules sanguins, transfusés d’un organisme dans un autre, rie s’y acclimatent pas ; ils se détruisent toujours, mais cette destruction est moins rapide après la transfusion du sang complet, qu’après la transfusion du sang défibriné. L’étude de la bile, après l’une et l’autre opération, devait permettre de constater cette différence, puisqu’une

partie au moins des produits de destruction du globule sanguin s’élimine par les voies biliaires.

On apprécia dans ces recherches les variations de composition de la sécrétion biliaire d’après les variations de trois éléments : l’azote, le soufre, le fer.

L’azote est un terme commun à beaucoup de composés biliaires ; sa proportion sert en quelque sorte de mesure de la concentration de la bile. Le soufre existe dans la bile à peu près exclusivement à l’état d’acide taurocholique ; cet acide étant, non seulement éliminé, mais élaboré par le foie, les variations dans les proportions de soufre peuvent permettre d’évaluer les variations d’activité de la glande hépatique (en tant qu’organe secréteur de la bile). Les quantités de fer, enfin, sont en relation étroite avec les quantités d’oxyhémoglobine détruite.

Six expériences comparatives furent effectuées et fournirent des résultats on ne peut plus nets :

1° Après la transfusion au chien de sang de chien défibriné, on retrouve d’une manière constante de l’oxyhémoglobine en nature dans la bile ; après la transfusion de sang complet, on n’en retrouve jamais.

Il est à noter que l’élimination d’hémoglobine par les voies biliaires n’a jamais été accompagnée, dans mes expériences, d’hémoglobinurie. Le foie parait donc être un filtre plus perméable à l’oxyhémoglobine que le rein.

2° Après transfusion de sang complet, le rapport du fer à l’azote dans la bile varie entre 0,31 et 0,51 % (à l’état normal je l’ai trouvé en moyenne de 0,35). Après la transfusion de sang défibriné il atteint 1,35 7° ( e u moyenne 1,14). La destruction de l’oxyhémoglobine est donc notablement plus active après la transfusion du sang défibriné.

3° Après toute transfusion le rapport du soufre à l’azote dépasse la normale, mais il s’élève surtout dans la transfusion de sang complet. Comme je l’indiquais plus

haut, on doit en conclure que la transfusion produit toujours une action excitante sur la sécrétion biliaire, et que cette action est plus marquée après la transfusion de sang complet.

La deuxième partie de mon travail résume un certain nombre d’expériences relatives à la sécrétion biliaire :

1“ Je me suis efforcé de fixer les quantités d’azote, de soufre et de fer contenues dans la bile du chien à l’état normal. Les résultats sont exprimés par les nombres suivants rapportés à 1,000 parties de bile.

Biles vésiculaires A, 6,5

Biles de fistules 4,8 0,79 0,017

Ces nombres apportent la confirmation de deux phénomènes antérieurement connus, la concentration plus grande de la bile vésiculaire, et sa richesse relative en soufre. Ils montrent de plus qu’il n’y a pas dans les proportions de fer de différences sensibles.

2“ On sait que Schiff a appelé l’attention des physiologistes sur la Circulation dans l’organisme de certains produits biliaires, et notamment des sels biliaires, qui, versés dans l’intestin, sont résorbés dans le sang et repris par le foie, pour être à nouveau éliminés par la bile. A la suppression de cette circulation, est due la diminution considérable qu’on observe dans la proportion des acides biliaires de la bile, quand celle-ci s’écoule par une fistule en dehors de l’intestin.

J’ai cherché à préciser quelques conditions de cette résorption et ai constaté les deux faits suivants :

(sl) L’introduction d’acide taurocholique dans l’intestin du chien provoque une augmentation notable de la

ingérée à l’état de taurine. Cette expérience permet de soupçonner que la portion de l’acide taurocholique qui, dans l’intestin normal, subit un dédoublement en acide cholalique et taurine, échappe en partie au phénomène de la circulation, et ne fait pas retour à la bile.

3° Les substances dites cholagogues ne provoquent pas un accroissement parallèle dans les proportions des divers éléments de la bile. Sous leur influence la sécrétion devient à la fois plus aqueuse et plus riche en soufre. L’augmentation relative du soufre (c’est-à-dire de l’acide taurocholique) dans la bile de chien doit être considérée comme la manifestation la plus nette d’un excès d’activité de la sécrétion biliaire.

A ce point de vue, le Sublimé corrosif doit être considéré comme le plus puissant des quelques cholagogues dont j’ai essayé l’action, puis viennent le sulfate de sodium, la pilocarpine, et en dernier lieu le bicarbonate de sodium, qui semble plus un fluidifiant de la bile qu’vin véritable cholagogue.

3,a propos de la médication ferrugineuse. (Comptes

rendus de ta Société de biologie, 1885. > En collaboration avec M. Ch. Debierre.

Les conclusions de ce travail sont les suivantes :

• 1° Sous l’influence de la médication ferrugineuse, la

richesse du sang en fer augmente sensiblement, et beaucoup plus vite que le nombre des globules : c’est ainsi que, chez un chien anémié par une forte saignée, la quantité de fer contenue dans un kil. de sang, qui était avant la saignée 0 gr. 518, s’éleva, sous l’influence d’un traitement ferrugineux prolongé un mois, à 0 gr. 557, soit une augmentation de 7,5 °/„. Le nombre des globules n’avait, cru dans le même temps que de 4 “/„. Cette constatation corrobore celles de M. le professeur Hayem. Elle s’en distingue en ce que, pour la première fois, l’augmentation de la proportion de fer dans le sang était établie directement par un dosage du fer, au lieu de l’être par une évaluation colorimétrique de l’oxyhémoglobine.

2° Pendant toute la durée du traitement ferrugineux, l’excrétion de l’urée est notablement diminuée (dans la proportion de 33 %)> malgré la persistance du même régime alimentaire. La médication ferrugineuse provoque donc un ralentissement dans la désassimilation des matériaux azotés. Ce résultat est en contradiction avec les chiffres fournis par Petrowski, et, en général, avec les résultats de l’expérimentation clinique, mais cette contradiction est facile à expliquer : les malades soumis à un trâitémènt ierrugineux ne sont pas en effet, comme dans nos expériences, astreints à un régime invariable ; la médication martiale a au contraire, comme adjuvant habituel, une alimentation abondante et fortement azotée. Il n’est pas surprenant que, dans de semblables conditions, on constate une augmentation dans l’excrétion de l’urée ;

mais le fer n’y est pour rien. Dans nos expériences, au contraire, les variations d’excrétion de l’urée ont été étudiées, en écartant avec soin l’influence perturbatrice de l’alimentation, et cette excrétion a paru nettement diminuée. Un résultat immédiat du ralentissement dans la combustion des albuminoïdes est l’augmentation du poids de l’animal.

Dans la même note, nous décrivons un procédé de dosage du fer dans le sang, qui fournit des résultats très exacts. Il se résume dans les opérations suivantes :

1° Carbonisation du sang additionné d’un peu de soude caustique ;

2° Incinération complète du résidu , en présence d’azotate de potasse finement pulvérisé ;

3” Dissolution des cendres dans l’eau régale ;

4° Précipitation par l’ammoniaque du fer en disso-

5" Dissolution dans le moins possible d’acide chlorhydrique du précipité soigneusement lavé ;

6“ Dosage volumétrique du fer dans la solution chlorhydrique par la méthode de Margueritte, modifiée comme il est dit dans la note suivante.

Quand on se contente, comme le conseille Pelouze, de calciner le sang, de dissoudre les cendres dans l’acide chlorhydrique, puis de doser par le permanganate de potassium le fer dans cette dissolution, on se heurte aux difficultés suivantes :

t° Il peut se volatiliser, pendant la calcination, un peu de chlorure ferrique ;

2° Il est presque impossible de dissoudre dans l’acide chlorhydrique le peroxyde de fer, qui a été fortement calciné ;

3“ On est obligé d’employer pour cette dissolution un excès d’acide chlorhydrique, qui rend difficile le dosage du fer par le permanganate dè potassium.

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