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Le sommeil simulé chez les aliénés

Gazette des hôpitaux, 26 novembre 1890.

Chez certains aliénés, on peut observer un état fort analogue au sommeil, mais qui n’a du sommeil que les apparences. Cet état, de durée fort variable, peut persister plusieurs jours, plusieurs semaines ou même plusieurs mois. Il se rencontre chez des aliénés mélancoliques, dominés par

des scrupules de diverse nature, souvent en proie à des préoccupations religieuses ou mystiques. Il est la conséquence des conceptions délirantes de ces malades qui cherchent à s’isoler du monde extérieur et se donnent volontairement, par esprit de pénitence ou par remords, toutes les apparences d’une mort anticipée. On doit bien se garder de confondre ce faux sommeil des aliénés, soit avec le sommeil prolongé tel qu’on l’observe chez certains narcoleptiques, soit avec le sommeil hypnotique, soit enfin avec les crises de sommeil hystérique.

160 — De la myopragiecérébrale

Semaine médicale , 17 janvier 1891.

Le mot myopragie (Potain) sert à désigner l’état d’un organe dont l’activité physiologique est au-dessous du taux normal. Dans des conditions d’activité moyenne, l’organe atteint de myopragie répond suffisamment aux exigences, d’ailleurs modérées, de la fonction qu’il est appelé à remplir. Mais si, pour telle ou telle autre cause, un surcroît de travail devient nécessaire, alors l’impuissance relative de cet organe s’affirme. Il y a une myopragie musculaire (claudication intermittente), une myopragie cardiaque et artérielle ; il y a aussi une myopragie cérébrale qui place le cerveau en imminence constante de délire. Faits à l’appui.

tôt. — Comment les dégénérés délirent.

La systématisation plus ou moins parfaite du délire chez les dégénérés qui versent dans l’aliénation mentale est subordonnée au degré d’intelligence de ces derniers. On peut établir une gamme descendante en parlant des dégénérés à intelligence déséquilibrée, mais assez développée, pour arriver, en passant par les cas intermédiaires, aux esprits les plus, débiles. Aux degrés élevés de cette échelle le délire est assez bien coordonné avec des apparences de logique ; aux degrés inférieurs il est illogique, incohérent et

162. Contribution à l’étude de l’état mental des héréditaires dégénérés. — Archives de médecine, 1888.

On y apporte une observation typique d’inversion du sens génital, un cas d’onomatomanie caractérisé par l’impulsion irrésistible à répéter certains mots qui s’imposent à l’esprit, enfin un fait d’hallucinations de l’ouïe avec conscience de la nature hallucinatoire des sensations auditives. Ce dernier fait conduit à rapprocher, au point de vuede la physiologie pathologique et de la signification, clinique, 1 onomatomanie et l’hallucination verbale de l’ouïe. Le premier trouble paraît résulter de l’excitation pathologique du centre des images motrices de mots, tandis que le second est la conséquence de l’excitation du centre des images auditives. Comme l’onomatomanie, certaines hallucinations verbales constituent un syndrome épisodique de la dégénérescence mentale. : elles présentent, en effet, les deux caractères essentiels de ces syndromes, elles sont obsédantes et conscientes. Le malade subit le joug de ses fausses perceptions sans pouvoir s’v soustraire, mais sans s’illusionner sur la nature du phénomène. 11 n’a jamais cru, il ne croit pas à la réalité de ses voix. Il est obsédé, il n’est pas délirant.

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