Une observation anatomo-pathologique de Dionis
Bulletin de la Société' d'Histoire de la médecine, séance du 8 juillet 1905.
On a fait connaître à la Société une très curieuse observation qui figure à la fin du Traité d’anatomie de Dionis et qui est un cas très bien étudié, anatomiquement et cliniquement, de dilatation de l’oreillette droite avec symphyse du péricarde.
Pierre Dionis, qui fut l’aîné et le membre le plus illustre d’une famille médicale dont le nom, à la fin du dix-septième siècle et dans la première partie du dix-huitième, a acquis une grande notoriété, a laissé, comme on sait, un traité de l’Anatomie de l’homme qui fut fort célèbre en son temps. Ce traité, composé des leçons que Dionis avait faites au Jardin du Roi, en qualité de démonstrateur d’anatomie et de médecine opératoire, parut en première édition en 1690. Il fut réimprimé plusieurs fois, tant à Paris qu’à Genève et même à Londres. La troisième édition porte la date de 1698, et non de 1701, comme l’a imprimé par erreur Dezeimeris dans son Dictionnaire historique. « Corrigée et augmentée d’une ample dissertation sur la génération et de plusieurs explications nouvelles », elle renferme en appendice, à la fin du,volume, la « Description d’une oreille du cœur extraordinairement dilatée. » Cette description constitue un document anatomo-pathologique de valeur, fort curieux pour l’époque, et sur lequel il nous a paru d’autant plus intéressant de rappeler l’attention qu’il n’en est pas fait mention dans les bibliographies modernes, même les plus complètes, relatives à la pathologie cardiaque.
L’oreillette dont il s’agit est « une oreille droite du cœur extrêmement dilatée et d’une figure monstrueuse, que l’on a trouvée à Brest à l’ouverture du corps de M. Dubuisson, capitaine de vaisseau, mort après son retour de l’expédition de Carthagène, où il commandait le vaisseau le Fort ». Lautopsie fut pratiquée « par M. Guiot, chirurgien ayde major de marine au port de Brest », qui en adressa à Dionis la relation en même temps que l’oreille du cœur, qu’on avait au préalable « conservée dans de l’eau-de-vie, ensuite fait sécher et mise dans une boête ». Le
autres variétés d’inflammation rénale ; mais qu’on n’est pas autorisé à •déclarer qu’ils n’existent jamais à l’état de manifestations chroniques •(dyspnée, etc.), bien qu’ils soient difficiles à débrouiller au milieu des symptômes multiples que l’on observe journellement chez le vieillard, du côté des différents organes.
Si les propositions précédentes découlent légitimement des faits que nous avons mentionnés, il est permis de conclure que l’atrophie tubulaire qui constitue la néphrite interstitielle du vieillard a été jusqu’à ce jour spécialisée à tort par la désignation de rein sénile. Cette expression ne doit plus servir à désigner un état particulier du rein propre à la vieillesse ; elle ne doit plus être prise dans un sens anatomique, mais simplement dans une acception étiologique, et être usitée pour dénommer la néphrite interstitielle qui se développe chez le vieillard du fait de la vieillesse, comme elle se développe chez l’adulte de par le saturnisme ou la goutte.
55. — De l'état de la réflectivité spinale dans le cours de la
fièvre typhoïde. — Progrès Médical, 1881 et Thèse de Pluïaüd, Paris, 1882.
Étude clinique et graphique des réflexes tendineux chez les typhiques. Dans la majorité des cas, la dothiénentérie détermine une exagération de la réflectivité de la moelle. L’exploration a été faite dans deux cas pendant le cours même de la maladie, dans les cinq autres durant la convalescence, à une période plus ou moins rapprochée de la chute de la fièvre.
C’est dans ce mémoire qu’a été décrit pour la première fois, à notre connaissance, le réflexe massétérin et la trépidation massétérine. « Le réflexe tendineux massétérin, sorte de trépidation massétérine, ne doit pas être très rare; cette trépidation, en effet, doit s’observer dans la plupart des cas de trismus, alors qu’il existe une contracture du masséter. Ce serait un fait à rechercher. Quoi qu’il en soit, nous n’hésitons pas à rapprocher cette trépidation de celle du pied, et à la rattacher, comme cette dernière, an phénomène du réflexe tendineux. »