DEUXIÈME PARTIE
» Dans son chapitre de l’anatomie pathologique, M. le professeur Leloir expose, avec tous les détails nécessaires, les résultats des recherches si nombreuses entreprises dans ces derniers temps sur la morphologie du bacille de la lèpre, sur sa disposition dans les tissus, sur les lésions de la peau, des muqueuses, des nerfs, du tissu conjonctif sous-tégumentaire, des ganglions lymphatiques, du foip, de la rate, du testicule, de l’œil, du cartilage, des petits vaisseaux sanguins pt lymphatiques, régions oùle léprôme et le bacille lépreux ont été démontrés d'une façon incontestable.
» Nous ne saurions trop recommander aux lecteurs cette étude si complète et si précise de l’anatomie pathologique sur l’affection qui nous occupe. Ils y trouveront résumés les principaux travaux parus sur la matière et quelques recherches originales de l'auteur, en particulier celles qui ont trait aux lésions de la langue et du système nerveux.
» M. le professeur Leloir a étudié dans le chapitre de l’anatomie pathologique, la question des inoculations expérimentales de la lèpre.
des populations que décime la lèpre, des Norwégiens par exemple, et sur les conditions d’inoculabilité qu’elles réunissent.
» Il réfute ensuite les objections formulées par les anti-contagionistes et
termine en citant les épidémies locales de lèpre.
» Au point de vue du traitement, l’auteur reste dans la réserve la plus prudente: il rappelle avec raison qu’avant de déclarer guéri un malade atteint de la lèpre, il faut l’avoir suivi non pas des mois, mais des années. Et même, ajoute-t-il, si la guérison survenait, ce ne serait pas d'après un cas isolé que l’on pourrait conclure à l’heureuse influence du traitement employé, puisque l’on a pu observer la guérison spontanée de quelques cas fort rares de lèpre. . • » Le seul traitement, que l’on puisse préconiser jusqu’ici est le traitement
palliatif..
» On a tout essayé contre les douleurs névralgiques de la lèpre systématisée nerveuse; bains de vapeur, salicylate de soude, ventouses scarifiées le long du trajet du nerf douloureux, injection de morphine à haute dose, application 4 e
» palliative et non curative, puisqu’il est à peu près prouvé à l’heure actueüé que » ces troublés morbides de la lèpre trophonévrotique dépendent uniquement dé » lésions des nerfs périphériques. Dans certains cas, on est allé jusqu’à amputer » le membre siège des névralgies ; l'auteur cite un fait dans lequel le résultat » obtenu fut excellent.
» M. Leloir croit que parfois la destruction des tubercules par les caustiques » ou le feu peut donner de bons résultats. « Il ne serait pas impossible, dit-il, que » la lèpre tuberculeuse n’étant rien autre chose parfois qu’une lèpre locale, la » destruction absolue des léprômes au début, quand ils sont peu nombreux, puisse » empêcher l’envahissement général de l’économie, de même que la destruction » des tuberculoses localisées, du lupus en particulier, d’après le procédé de » M. le docteur Besnier, empêche l’infection générale de l’économie par le bacille
» de la tuberculose.On pourrait adjoindre à ce traitement local un traitement
» parasiticide interne. »
» Il faut que le lépreux quitte le pays infecté pour venir en pays tempéré non » lépreux ; il devra suivre une hygiène rigoureuse, faire usage d’aliments sains, de » lait, de viande, de légumes frais, d'œufs, prendre des soins de propreté exagérés, » se lotionner toute la surface du corps avec des solutions d acide phénique ou » d’un autre désinfectant, etc. Il faudra lui relever le moral, lui prescrire des » toniques, traiter les complications intercurrentes, et suivant les cas administrer » à l’intérieur soit la créosote, soit l’acide phénique, le gurjum, l’huile de Chaul- » moogras, ou les médicaments récemment préconisés par Unna.
» L'intéressante bibliographie, par laquelle l’auteur termine, ne comprend pas » moins de 250 numéros, bien qu’il n’ait indiqué que les travaux les plus » importants.
» Quatre-vingt-onze observations, toutes inédites, intéressantes à des titres » divers, sont publiées dans cet ouvrage, et constituent une mine des plus riches » pour les recherches ultérieures.
» Mais nous ne saurions surtout trop recommander à l’admiration des lecteurs » le superbe A tlas qui est annexé au texte et qui contient vingt grandes planches » originales, in-quarto, en chromo-lithographie et en héliogravure. Leur exécution » ne laisse rien à désirer; ce sont de véritables œuvres d’art. Toutes les » difformités causées par la lèpre, toutes les lésions macroscopiques et micros-