HYPÉRÉMIES ET ŒDÈMES DE LA PEAU ET DES MUQUEUSES ADJACENTES
HÉMORRHAGIES CUTANÉES. - PURPURAS <■>
Du purpura hémorrhagique. {Progrès médical, 1881.)
Analyse critique des travaux paras dans les dernières années sur le purpura. Contribution à l’étude des purpuras. (Annales de dermatologie, janvier 1884.)
Ce travail a pour base principale deux observations détaillées, suivies d'autopsie et d’examen histologique minutieux.
La première observation constitue un bel exemple de purpura d’origine vasculaire ; l’autre est un cas intéressant de purpura par altération du sang sans lésions vasculaires appréciables. Dans la première observation, j’ai pu constater à l’autopsie des lésions notables des vaisseaux cutanés caractérisées : 1* par une dilatation énorme de ces vaisseaux (purpura télangiectasique de M. Corail) ; 2" par des altérations prononcées des parois vasculaires. Les lésions vasculaires les plus importantes consistaient en une altération prononcée des capillaires (prolifération abondante de l’endothélium capillaire avec tendance à la desquamation de celui-ci.) Celte capillarité desquamative avec tendance aux embolies capillaires n’avait pas encore été signalée dans le purpura. Elle est analogue à l’endartérite desquamative signalée par M. Hayem au niveau des gros vaisseaux cutanés dans trois cas de purpura. En somme, chez ce sujet cactiectisé, atteint d'artérite ou mieux de vascularite diffuse (capillarité desquamative avec tendance aux embolies), en imminence de purpura en un mot, survient une cause d'hypérémie dans les
capillaires du derme déjà malades (œdème lympliangitique intercurrent). Les capillaires ne sont plus capables à résister, ils se dilatent d’une façon exagérée à la périphérie de la plaque purpurique (purpura télangiectasique de Corail) ; ils se rompent au centre de la plaque ; t’hemorrhagie cutanée est constituée. Ce cas résume et représente en quelque sorte toutes les causes vasculaires invoquées dans la ptthogénie du purpura ; hypérémie, stase sanguine avec dilatation vasculaire considérable, lésions des vaisseaux (endartérite et capillarité desquamatives.) Vfl
L’autre observation qui doit être opposée à celle-ci constitue un exemple curieux et non signalé encore de purpura avec hémorrhagies considérables, où les lésions vasculaires étaient nulles (primitivement bien entendu), et où la cause du purpura doit être cherchée dans la dyscrasie sanguine. Il n’y a pas eu dans ce cas d’altérations primitives des vaisseaux. Mais la rupture vasculaire quia déterminé l’hémorrhagie semble pouvoir s’expliquer de la façon suivante, si l’on tient compte de la présence dans un grand nombre de vaisseaux cutanés, de caillots constitués par de la fibrine coagulée en faisceaux épais, adhérents à la paroi capillaire. Sous ■" l’influence de la dyscrasie sanguine, il se serait produit des caillots par précipitation , (comme M. Hayem l'a montré expérimentalement sur des animaux, en 1883) formant de véritables embolies, lesquelles en s’arrêtant dans les petits vaisseaux de la peau y ont constitué des infarctus hémorrhagiques.
A la suite de la discussion qui accompagne ce mémoire, je propose de classer les purpuras de la façon suivante :