SECTION PREMIÈRE RECHERCHES SUR LA CIRCULATION
L’oscillomètre du Professeur Y. Pachon est devenu l’explorateur classique de la circulation artérielle Chez l’Homme. Grâce à ses caractères spécifiques de grande sensibilité et de sensibilité constante, il permet non seulement la détermination exacte des valeurs de pression, mais l’étude objective de la circulation artérielle (perméabilité des artères, modalités du pouls) eît du fonctionnement cardiaque.
Ces idées directrices, émises par M. le Professeur Pachon dès l’appa-
un reseau de lignes qui leur sont parallèles. La pression se compte en centimètres de mercure sur la ligne des abscisses à partir du 0. Sur la ligne des ordonnées Oy, on inscrit, en partant du 0, des valeurs progressivement croissantes, correspondant à f, 2, 3, 4, 5, 6, etc., divisions du cadran. J’ai pris pour base une même valeur linéaire pour le centimètre de mercure, et
comparée de nombreuses courbes oscillométriques, prises comparativement au poignet et au bras, m’a permis de montrer l’intérêt physio-pathologique de cette double exploration, qui donne des renseignements sur l’état de la tonicité et de l’élasticité des artères (fig. 5).
A l’état normal, la courbe du poignet, régulièrement incluse dans celle du bras, est sa réduction symétrique assez exacte. La surface oscillomé-
en quelque sorte trop petite par rapport (\ oelle du bras (courbes 3 et 4). Cette divergence des courbes s’observe fréquemment en pathologie (maladie de Raynaud, états algides, anémie, etc.)- La diminution de l’élasticité des artères périphériques peut aussi modifier le rapport des deux courbes; elle a souvent pour conséquence le décalage des courbes, la courbe du poignet se rapprochant de la courbe du bras dans la zone des oscillations croissantes. Enfin, l’augmentation de la masse sanguine par absorption de liquides, qui ne produit aucune modification sensible de l’amplitude des courbes et de leurs rapports chez l’adulte sain, augmente nettement l’amplitude des deux courbes chez les brightiques et les scléreux.
20. La zone auscultatoire des oscillations croissantes. Etude physio-pathologique de sa surface et de son rapport (C. R. Soc. Mol., t. LXXXII, p. m, 1919).
22. Recherches physio-pathologiques sur la circulation. Etude de la zone des oscillations croissantes perceptibles à l’auscultation (Journal de médecine de Bordeaux, 25 juillet 1919).
Chez l’homme le travail d’évacuation du ventricule gauche (ondée sanguine et force vive de cette ondée) est difficile à évaluer. Les valeurs de pression de Mn et de Mx et de leur rapport ne fournissent à ce point de vue que des renseignements insuffisants. L’étude de la zone des oscillations croissantes perceptibles à l’auscultation donne des renseignements précis.
La technique utilisée est simple. Le brassard de l’oscillomètre (brassard simple) est fixé au bras, le sphygmophone de Laubry est placé au pli du coude, sur le trajet de l’humérale. Au cours de l’exploration, conduite de la manière habituelle, on note l’amplitude des oscillations, ainsi que le moment exact du premier bruit auscultatoire (Mx auscultatoire). On établit ensuite le graphique oscillométrique. Pour délimiter la zone auscultatoire des oscillations croissantes, il suffit de mener sur la courbe, k partir de la ligne des abscisses, deux ordonnées, l’une correspondant à la Mx auscultatoire et l’autre à l’indice oscillométrique. Une ligne horizontale est tracée du point d’intersection de la première ordonnée, avec la courbe jusqu’à l’indice.
Le principe de la méthode est basé sur le fait que le premier bruit auscultatoire se manifeste toujours dans les mêmes conditions, lorsqu’une petite quantité de sang sous pression traverse le brassard à chaque systole. En posant d’une part, comme toujours sensiblement égale à elle-même, la valeur dynamique de cette petite ondée nécessaire et suffisante pour donner naissance au premier bruit auscultatoire, et, d'autre part, en la faisant égale à zéro, il s ensuit que l’ou ne tient compte que de la plus-value des
,lé par les auteurs.
23. L’anachrotisme des oscillations supramaximales (Gaz. hebd. des Soc. méd. de Bordeaux, n» 20, 24 août 1919),
Il s’agit d’un caractère particulier des oscillations supramaximales, se manifestant à la phase systolique, ou de propulsion de l’aiguille de l’oscillomètre. Ce signe peut être observé lorsque l’exploration est pratiquée au poignet, mais ii est plus fréquent et plus net lorsque l’exploration est faite au bras avec le brassard simple. A l’état normal, l’aiguille atteint rapidement et régulièrement le sommet de sa course; lorsque l’oscillation est anachrote, la propulsion de l’aiguille est hésitante, saccadée, en zig-zag, «Ile paraît s’effectuer en deux temps comme si la contraction ventriculaire était dédoublée.
L’anachrotisme des oscillations supramaximales s’observe le plus souvent chez les hypertendus et semble traduire la lenteur et la difficulté de l’évacuatiir. du ventricule gauche, mais il suffit que le ventricule soit fatigué pour que l’anachrotisme puisse apparaître sans hypertension. La bradycardie favorise la manifestation de ce signe oscillométrique, alors que la tachycardie le fait disparaître.
Me basant sur le fait que l’anachrotisme disparaît presque toujours au
cours de la'^ompression et ne s’observe nettement que dans ia zone des oscillations snpramaximales, j'ai rejeté, après discussion, la théorie centrale de l’anachrotisme, suivant laquelle la systole ventriculaire serait dé-
i’anachrotisme : 1° la lenteur et la difficulté d’évacuation du ventricule; 2" la diminution de l’élasticité artérielle.
En fait, ce signe est rare chez les adolescents; il est fréquent vers la cinquantaine. Je l’ai très souvent observé chez des territoriaux âgés et fatigués et je le considère comme un signal d’alarme d’insuffisance cardioartérielle.