‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 6 sur 8 · I. — Deux cas de pleurésie parapneumonique double · texte numérisé non relu

I. — Deux cas de pleurésie parapneumonique double

Toulouse médical, iernov. 1901.

En outre de la rareté des empyèmes doubles, nos cas sont intéressants encore à d’autres points de vue. C’est d’abord l’insuffisance des ponctions évacuatrices pour guérir celte pleurésie à pneumocoques, alors qu’on connaît des cas où des empyèmes à streptocoques ont été guéris par la simple ponction. Cela montre que les schémas qui font dépendre le pronostic des empyèmes de leur variété bactériologique n’ont qu’une valeur relative. Nous montrons ensuite la possibilité, bien plus la nécessité, de recourir à la thoracothomie double en cas d’empyème double, sans crainte d’asphyxie par pneumothorax double. Le malade opéré des deux côtés à quatorze jours de distance a rapidement guéri. Aujourd’hui, cinq ans et demi après l’opération, il continue un métier assez pénible et n’a qu’un peu d’essoufflement.

L’autre cas de pleurésie séreuse double n’a pas été opéré.

Ces cas publiés avant que M. Babinski nous eût fait connaître la valeur du signe d’Argyll-Robertson en pareille circonstance, avaient pour but de montrer, joints aux autres, la fréquence de l’anévrysme dans la région toulousaine. Nous y étudions l’état du cœur, les épanchements pleuraux, les causes de la mort. En ce qui concerne l’inégalité pupillaire, sur laquelle notre attention s’était porté pendant la vie, dans un cas il n’y avait pas d’inégalité, dans l’autre la pupille gauche était plus grande que la pupille droite.

VIII. — De l’inégalité pupillaire dans les anévrysmes artériels et dans les affections du cœur. — Thèse de Balmelle, Toulouse 1901.

Cette thèse est souvent citée en raison d’une de nos observations signalée par M. Babinski, qui a montré tout l’intérêt qui s’attache à l’examen pupillaire dans les anévrysmes de l’aorte. On sait que M. Babinski a élucidé l’étiologie de l’anévrysme de l’aorte, en montrant la fréquence du signe d’Argyll-Robertson associé à cette dilatation aortique, ce qui constitue la signature syphilitique de ces cas. Toutefois, il y a des cas où l’anévrysme de l’aorte n’est pas d’origine syphilitique et où pendant la vie il y avait bien inégalité pupillaire, mais pas de signe d’Argyll-Robertson. Notre cas publié dans la thèse de Balmelle était précisément un cas de ce genre et démontre que l’inégalité pupillaire dans l’anévrysme peut bien, dans certains cas du moins, conserver l’interprétation classique de compression du sympathique par la tumeur anévrysmale.

A l’heure actuelle, on peut comprendre ainsi les relations de l’inégalité pupillaire avec l’anévrysme :

i° Inégalité pupillaire avec signe d’Argyll-Robertson: indique syphilis cérébrale et origine syphilitique de l’anévrysme (Babinski) ;

2 0 Inégalité pupillaire sans signe d’Argyll-Robertson, mais avec autres symptômes d’excitation ou d’inhibition du sympathique oculaire : indique action directe de l’anévrysme sur le grand sympathique par compression ;

3° Inégalité pupillaire sans signe d’Argyll-Robertson et sans autres phénomènes sympathiques : indique une anisocorie morphologique sans rapports avec l’anévrysme ;

4° Inégalité pupillaire par suite d’un glaucome unilatéral. Nous avons autopsié un cas de glaucome avec anévrysme de l’aorte. Il y

2° Parmi les facteurs qui ont une influence sur la tension superfi cielle des urines et des liquides organiques en général, on peut distinguer des facteurs de premier ordre et des influences secondaires. Au point de vue général, le nombre de molécules contenues dans une solution non homogène, telle que l’urine ou les liquides organiques, n’a qu’une influence de deuxième ordre sur la tension superficielle. Par contre, la nature de ces molécules a une influence prépondérante.

3° Il y a dans les urines des substances qui élèvent la tension superficielle (ce sont les sels minéraux) et d’autres qui l’abaissent (matières organiques). L’élévation de la tension, due à la présence de la principale substance minérale, le chlorure de sodium, ne varie que de i à 3 dynes, tandis que l’abaissement produit par les substances organiques varie de 2 à 18 dynes et plus, par centimètre et à i5° environ.

4® Ces chiffres montrent que la tension propre aux sels minéraux n’intervient que fort peu pour caractériser la tension superficielle de l’urine, tandis que l’abaissement de la tension dû aux matières organiques est le véritable facteur qui imprime à l’urine se» caractères particuliers en ce qui concerne cette constante physique.

Envisagée à ce point de vue, l’urine se présente donc à nous comme une solution aqueuse de matières organiques plutôt que comme une solution saline. De cette façon, la tension superficielle contribue à caractériser l’urine comme une véritable sécrétion physiologique.

5° Parmi les- matières contenues dans les urines, certaines substances pathologiques ont une plus grande influence que les autres, par exemples les sels biliaires et probablement aussi d’autres substances analogues.

6° En recherchant l’influence sur la tension superficielle de la concentration moléculaire totale, de la concentration des molécules élaborées, de la diurèse moléculaire totale, de la diurèse des molécules élaborées et du taux des échanges moléculaires, nous avons trouvé que cette influence est peu considérable et qu’elle s’explique par les principes généraux que nous avons posés dans nos conclusions pré-

VII.- Sur la tension superficielle des liquides de l’organisme humain.

VI« Congrès de médecine interne, Toulouse, i«r avril 1902.

Sauf quelques travaux déjà anciens sur la tension superficielle des liquides organiques, on ne connaissait pas le rôle de cette constante physique, ni au point de vue physiologique, ni au point de vue patho-

ses espèces d autom nambulisme naturel matisme hystérique

e a été méconnue jusqu à ces à faire absoudre beaucoup de vol, d’attentats publics à la

iturel, on a confondu les diver- . La plupart des cas de somtomatisme comitial ou d’autoe possible de résoudre, dans

accomplis pendant l’accès d’automatisme comitial. Dans l’automatisme hystérique, cette amnésie est temporaire, bornée aux états dans lesquels on trouve un autre état sensitivo-sensoriel que pendant l’accès d’automatisme ; le souvenir des actes accomplis peut apparaître pendant un accès ultérieur ou être provoqué artificiellement.

6° Le traumatisme et les agents toxiques peuvent être des causes immédiates d’un état d’automatisme, ou bien ils ne sont que des agents provocateurs d’une névrose qui imprime alors son cachet aux accès automatiques. Dans le premier cas, l’accès reste unique, dans le dernier cas, les accès se répètent périodiquement.

L’intérêt de cette observation réside dans la concomitance d’une épilepsie jacksonienne, localisée au côté droit du corps, avec des phénomènes d’automatisme de langage. Cette association des signes cloniques, qui n’est pas souvent mentionnée dans les observations, était de nature à autoriser un diagnostic anatomique de localisation, au niveau des zones rolandiques gauches et au niveau du centre de Broca, d’un processus irritant ces zones. L’autopsie a montré que la surface des circonvolutions présentait des points de dilatation capillaire sur toute l’etendue des lobes frontal et pariétal du côté gauche, tandis que les circonvolutions temporo-occipitales sont fortement colorées en rouge et présentent de la congestion. Les circonvolutions rolandiques et frontales ne présentent aucune lésion macroscopique en dehors des points de la dilatation capillaire. La coupe du cerveau n’offre aucune lésion macroscopique, aucun foyer d’hémorragie ou de ramollissement. Notre espoir de trouver des lésions localisées a donc été déçu.

Au point de vue clinique, il est remarquable que l’automatisme du langage a été, en général, synchrone avec les secousses musculaires de l’épilepsie jacksonienne, qu’il a présenté la même fréquence et le même rythme. On peut penser que Y automatisme du langage est une épilepsie jacksonienne localisée au niveau des centres du langage.

n cas de fièvre typhoïde avec rechute, compliquée i décours de cette rechute, de grands accès fébriles, qui durent trente-quatre jours et donnent des oscil- 5 allant jusqu’à 5° (de 36°, i à 4i 0 )- Guérison comle associée à l’arsenic. Trois hypothèses sont possi-

embrassent onze jours, dont trois avant les injections de néphrine, cinq pendant lesquels on injecte de i à 4 centimètres cubes de népbrine, et trois jours de contrôle. Voici les résultats obtenus : aucune modification apparente de la densité du sang ni de la composition globulaire, mais légère augmentation de la pression artérielle. Par contre, modifications très sensibles du côté de la constitution chimique

est manifestement améliorée pendant toute la durée des injections et même quelques jours au delà; de plus, chez une malade dont les urines avaient perdu leur pouvoir de produire du miosis chez le lapin, les injections de néphrine ont fait réapparaître cette action miositique des urines.

que ce n’est pas l’élimination par l’urine de la substance injectée qui peut entrer en ligne de compte dans l’augmentation du pouvoir

les propriétés chimiques et biologiques des urines après injection de la néphrine, montrent qu’il y a, dans les effets de la néphrine, une action dynamique favorisant l’oxydation des produits de désintégration (augmentation de l’urée) ou excitant des propriétés sécrétoires internes du parenchyme rénal.

III. — Sur un cas de leucémie myélogène avec splénomégalie consi-

de Toulouse, 1900; Annales de la Soc. de méd. de Gond, nov. 1900. Observation poursuivie pendant un an et intéressante comme exemple de l’action favorable de l’arsénite de potasse sur l’état objectif et subjectif d’un malade atteint de leucémie myélogène avec splénomégalie. La liqueur de Fowler, aux doses ne dépassant pas de beaucoup la moyenne, paraît jouer un certain rôle dans l’amélioration obtenue au triple point de vue delà diminution du volume de la rate, de la dimi. nution de la leucocythémic et de l’augmentation du poids du corps de

Depuis la publication de cette observation, le malade, habitant la campagne et soustrait au traitement, a vu son état s’aggraver de nouveau. Il a succombé à son affection un an environ après la cessa-

IV. — Essai de l’hypurgie dans les maladies chroniques du cœur.

Thèse de Triollet, Toulouse, déc. 1900.

les tumeurs malignes, les maladies du système nerveux, toutes affec tions pouvant déterminer les modifications décrites des doigts et dei orteils. On est réduit à admettre soit une intoxication saturnine (coliques de plomb dans les antécédents), soit une origine congénitale.

La réaction de la pupille dite paradoxale n’a de paradoxal que le nom. Dans presque tous les cas publiés, il s’agit soit de l’ataxie locomotrice, soit de paralysie générale, soit de syphilis méningée ou encéphalique ; dans ces cas, le réflexe de la pupille à la lumière était éteint avec conservation du réflexe à l’accommodation et à la convergence. La dilatation de la pupille sous l’influence de la lumière était, en réalité, le fait des mouvements associés avec les mouvements de divergence, quelquefois à la faveur d’une paralysie ou parésie des muscles adducteurs de l’œil. Dans d’autres cas, la dilatation était secondaire à de l’hippus réflexe et ne différait pas, comme intensité, de celle qu’on observe sur des pupilles normales longtemps éclairées. Exceptionnellement, les influences psychiques et sensorielles peuvent provoquer des dilatations passagères de la pupille, alors que la contraction initiale manque du fait de la rigidité pupillaire.

En effet, la condition dominante qui rend facile la constatation d’une dilatation pupillaire, pendant et non du fait de l’éclairage, est l’existence du signe d’ArgylI-Robertson.

Il résulte de cette nouvelle observation, de même que de la plupart de celles publiées par les auteurs, que les conditions nécessaires et suffisantes pour la production de la réaction inverse de la pupille à la lumière sont : i° l’existence du signe d’Argyll-Robertson, c’està-dire de l’abolition du réflexe lumineux, avec conservation du réflexe à l’accommodation; l’existence d’une faiblesse de convergence ou d’une parésie du muscle droit interne d’un côté. Ces deux conditions se trouvent le plus souvent réalisées chez des ataxiques, plus rarement dans la paralysie générale ou dans la syphilis cérébrale.

IV. - Sur quelques manifestations oculaires de l’hystérie. Mydriase paralytique et mydriase spasmodique unilatérale hystérique (en

La mydriase hystérique peut exister sous forme de mydriase spas-

chez le même individu. Le plus souvent, en même temps que la mydriase, on trouve une amaurose ou certaines anesthésies seusitivo-

Mais cette mydriase n’est nullement une mydriase de l'amaurose , elle est tout à fait indépendante de l’amaurose. Celle-ci ne s’accompagne pas de l’abolition du réflexe lumineux dans l’hystérie, tandis que la mydriase paralytique, dans l’hystérie, a tous les caractères de la mydriase organique nucléaire. Notre cas est remarquable par la guérison d’une mydriase avec paralysie des filets moteurs de l’iris et par le retour de la réaction directe et consensuelle de la pupille, précédemment immobile à la lumière.

Observation d’agrandissement de la fente palpébrale sans autres signes d’irritation du sympathique, que nous supposions fonctionnelle et qui a, en effet, guéri spontanément après la publication de cette observation.

Le cas de rétraction spasmodique des paupières supérieures publié par MM. Chevallereau et Chaillous en iqo3 paraît se rapprocher le plus '

3ervé dans la paralysie faciale

Lorsqu’on engage un malade atteint de paralysie faciale périphérique grave à fermer les yeux en position primaire, on constate que l’œil du côté sain se ferme énergiquement, tandis que, du côté malade, après une très légère diminution de la fente palpébrale, le globe oculaire, resté visible à l’observateur, se porte d’abord en haut et ensuite en dehors, avec légère rotation du bout supérieur de l’axe vertical de la cornée en dehors. L’étendue de ce mouvement du globe oculaire en haut et en dehors est en rapport direct avec le degré de la réaction de dégénérescence qu’offrent les muscles paralysés. Il en résulte que si, dans la paralysie faciale périphérique, les efforts de fermer l’œil aboutissent en partie sans que l’œil se porte en haut et en dehors, on peut prédire avec certitude une réaction galvanique normale et porter

L’explication de ce phénomène et de sa valeur pronostique est la suivante : il s’agit d’une contraction associée du muscle petit oblique de l’œil, contraction d’autant plus énergique que la paralysie de l’orbioulaire des paupières est plus grave. L’excitation corticale du nerf

facial ne pouvant pas aboutir (dans le domaine de l’orbiculaire des paupières), la décharge nerveuse se répand sur une autre voie et produit la contraction du petit oblique. L’hypothèse de Mendel sur les rapports du noyau du facial oculaire avec les noyaux de la troisième paire expliquerait topographiquement le passage de la décharge nerveuse du noyau de l’orbiculaire dans celui du petit oblique par voisinage direct; d’après Bcchterew, il y aurait des fibres d’association entre les noyaux du facial et du moteur commun. En tout cas, pour que la décharge nerveuse se diffuse sur les noyaux du petit oblique, soit par voisinage, soit par les fibres d’association, il est nécessaire que l’obstacle rencontré à la périphérie soit très considérable, comme cela a lieu lorsqu’il y a réaction de dégénérescence.

VII. — Sur le phénomène de Ch. Bell dans la paralysie faciale et sur

sa valeur pronostique (en collaboration avec M. H. Bordier). — IVe Congrès

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A la suite de notre travail publié dans la Semaine médicale parurent un certain nombre de publications en France, en Italie et en Allemagne. Dans notre communication faite au Congrès de Montpellier, nous répondons aux auteurs de ces publications, MM. Bernhardt,

titude des faits observés par nous, mais les uns proposent une autre explication, les autres réclament la priorité soit pour eux-mêmes (Negro), soit pour d’autres (Bernhardt). Nous considérons la réclamation de M. Bernhardt comme justifiée en faveur de Ch. Bell, qui avait décrit le même phénomène il y a soixante-quinze ans, bien qu’in-

rons l’attention sur ce point essentiel que personne avant nous n’a songé à tirer parti de ce signe pour en déduire le pronostic d’une paralysie faciale périphérique.

Cette monographie présente une longue étude de toutes les variétés d’inégalité pupillaire organique, fonctionnelle et physiologique. Elle a pour but d’établir la grande fréquence des inégalités pupillaires physiologiques, d’en élucider l’origine et la signification, d’en distinguer les diverses variétés. L’opinion courante sur ses rapports avec

Il résulte de l’examen des opinions et des faits apportés par les auteurs, que rien ne justifie l’assertion qu’on trouve même dans certains manuels, d’après laquelle certains cas d’inégalité pupillaire pourraient dépendre d’une inégalité de réfraction. Nos propres recherches cliniques nous ont montré que dans les cas, d’ailleurs très rares ( 0,20 % au maximum), où l’inégalité pupillaire coïncide avec une inégalité de réfraction, la pupille plus large ne correspond pas plus souvent au côté plus amétrope et qu’elle ne correspond pas non plus avec une plus grande fréquence au côté plus réfringent. Au surplus, il n’y a aucune raison scientifique pour admettre une relation quelconque entre l’anisocorie et l’anisométropie.

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