‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 5 sur 8 · MÊME OUVRAGE · texte numérisé non relu

MÊME OUVRAGE

Extrait du rapport général de M. le docteur Bergeron, à l’Académie de médecine.

« Le Délire des persécutiom, de M. Legrand du Saulle, est un livre aussi fortement pensé qii’agréalilement écrit; aussi a-t-il rencontré, dès son apparition, l’accueil le plus favorable, et les neuf années .qui se sont écoulées depuis n’ont fait qu’en confirmer le succès. » C’est ainsi que s’exprime le rapporteur de la Commission (1) ; 'et plus loin il ajoute : « On ne peut contester à l’auteur le mérite d’avoir donné une analyse très fine et très exacte du fait clinique si important du délire des persécutions. A ce mérite, il faut joindre celui d’avoir mis en lumière quelques traits vraiment nouveaux de ce curieux tableau; témoin ce phénomène singulier du délire à deux, résultat de l’association et de l’influence réciproque de deux intelligences inégalement douées et simultanément perverties, phénomène dans lequel M. Legrand du Saulle fait avec beaucoup de pénétration la part du persécuté actif et du persécuté passif, et dont il tire une indication thérapeutique majeure, celle de séparer l’un de l’autre en donnant au premier la possibilité d’une amélioration sensible, au second de grandes chances de guérison (2). »

Un fort vol. gr, in-8® de 1268 pages. Paris, 1874.

nédicale.

Rapport de M. le professeur Bouillaud, à ïInstitut.

«Le second ouvrage jugé par la Commission digue d’une part du prix Chaussier, fixée par elle à deux mille francs, a pour auteur .M. Le-

grand du Saulle, déjà lauréat de l’Académie pour un autre livre, et porte le titre de Traité de médecine légale et de jurisprudence medicale. Depuis plus de vingt ans, l’auteur travaille kjeter, suivant son expression, un pont entre la médecine et le droit, à familiariser les médecins avec les plus indispensables notions de la législation, et à donner aux administrateurs, aux magistrats, aux défenseurs des causes criminelles et aux avocats des procès civils, la possibilité de dégager des inconnues et de porter le flambeau des sciences médicales sur pjusieurs points obscurs ou contestés des affaires qui relèvent des tribunaux.

» M. Legrand du Saulle n a negliaé aucune des études préalables, n’a reculé devant aucun des efforts et des sacrifices nécessaires à l’accomplissement d’une entreprise aussi laborieuse. Il avait à cœur d’exécuter une œuvre essentiellement originale.

Les points sur lesquels il appelle plus particulièrement l’attention de l’Académie sont les suivants :

» 1° Une longue étude sur la jurisprudence médicale;

» 2"'Un chapitre sur les blessuresetla chirurgie légale; .

X 3“ Les chapitres sur le suicide, l’état mental et la criminalité chez les enfants et les vieillards, sujet entièrement neuf; sur les aliénés, question encore très controversée; sur les névroses spéciales;

» 4” Un autre chapitre, relatif aux assurances sur la vie, et un appendice sur la profession médicale en France.

» De plus, les questions de te.staments, celle de la séparation de corps, aujourd’hui autant que jamais placée en quelque sorte à l’ordre du jour de la jurisprudence de nos tribunaux, ont été pour M. Legrand du Saulle un champ de recherches du plus haut intérêt.

» L’ouvrage considérable dont nous venons d’offrir à l’Académie ce rapide aperçu est un digne couronnement d’une vie consacrée tout entière à l’étude, et la Commission espère que vous approuverez la proposition qu’elle a l’honneur de vous faire de décerner à son auteur la récompense indiquée plus haut (1). »

Dans cet ouvrage, j’ai considéré les épileptiques comme une série d’individus à part et je les ai envisagés presque à tous les points de vue. Bien que j’aie, en effet, principalement insisté sur la description minutieuse de certains caractères cliniques, peu soupçonnés encore ou'trop souvent méconnus, sur tous les troubles de la raison, sur le modus facimdi le plus habituel des délits et des crimes, et sur la valeur légale des actes importants ou solennels de la vie civile, je me suis cependant efforcé, chemin faisant, de n’omettre aucun détail significatif sur cette classe si considérable d'infortunés.

En déroulant l’histoire clinique et médico-légale des épileptiques, j’ai dd introduire des divisions nécessaires. J’ai été amené ainsi à décrire les nuances différentielles qui distinguent les épileptiques proprement dits des épileptiques aliénés, les épileptiques larvés, les épileptiques alcooliques et les épileptiques paralytiques. En dehors de ces cinq grandes familles pathologiques, j’ai incidemment traité lés points relatifs aux épileptiques méconnus, aux épileptiques homicides, aux épileptiques diffus et aux faux épileptiques. Chaque assertion a pu s’appuyer sur un ou plusieurs exemples probants (t).

Un vol. iii-8" de 624 pages, Paris, iStl.

L’idée mère de ce livre est celle-ci : que le testateur commande en maître et soit obéi, s’il a dressé un acte intelligent et libre; que sa

(l) Cet ouvrage, dont la traduction en langue russe est en ce moment sous presse,

à Saint-Pétersbourg,renferme cinquante-neuf observations médico.lcgales disséminées

volonté, iiu contraire, soit annulée après sérieux examen, si sa raison n’a point été entièi'e au moment où il a arrêté la distribution de ses biens. Sous les formules les plus variées, on retrouve, en maints passages, cette proposition fondamentale, qui repose d’ailleurs suV l’équité, la science et le droit.

Après avoir fait un exposé succinct du testament en général et de ses différentes formes, j’entre dans des développements importants sur la faculté de tester et sur toutes les circonstances accidentelles, passionnelles ou pathologiques, qui peuvent retentir, à un moment donné, sur l'intelligence, la volonté et la liberté du testateur. Je fais ressortir, chemin faisant, malgré les contradictions choquantes de la jurisprudence, les principales décisions juridiques inconnues jusqu’à l’époque actuelle, et j’aborde ensuite, dans des chapitres distincts, l’examen approfondi des progrès (Je l’âge, de la vieillesse, de la séni- . lité, de la dernière maladie, de l’agonie, du suicide, de l’ivresse, de l’ivrognerie, de l’alcoolisme (ou folie alcoolique), de l’apoplexie, de l’aphasie et des intervalles lucides. Chacun de ces états est étudié au point de vue des troubles intellectuels, de l’affaiblissement éventuel du niveau mental et du degré possible de diminution do la mémoire et de la volonté. Des observations concluantes, citées à l’appui, créent des précédents cliniques, médico-légaux et juridiques, et sont destinées, en cas do contradictions testamentaires ultérieures, à être invoquées, consultées et peut-être prises en considération.

Pénétrant enfin plus avant dans la médecine mentale, je passe en revue — toujours à propos de l’aptitude à tester — la manie,'la mélancolie, le délire partiel (monomanie), le délire des persécutions, la démence, la paralysie générale et tout un groupe d’états intellectuels divers, de midadies, d’infirmités et de circonstances susceptibles d’influer sur la capacité testamentaire (folie raisonnante, délire fébrile, épilepsie, faiblesse d’esprit, pellagre, surdi-mutité, surdité, affaiblissement de la vue, cécité, hydrophobie, suggestion et captation, etc.). Là encore, des exemples choisis et des décisions judiciaires viennent justifier les opinions émises.

Un rapide coup d’œil sur l’exoenlricité en matière de testaments ; des recherches sur la capacité civile et sur les conditions requises pour tester, en Italie, au temps de Paul Zacchias, et un aperçu de la jurisprudence de la Rote romaine au dix-septième siècle, complètent ce travail tout personnel, qui renferme plus de cent observations d’un véritable intérêt pratique.

Étndc médico-Iésalc snr l’interdiction des aliénés et snr le conseil jndieiaire.

Un vol. in.8" de 503 pages. Paris, novembre 1880.

La question si importante et si grave de l’interdiction n’a jamais été envisagée de la même manière par les magistrats et les médecins. Elle a même donné lieu fréquemment aux plus fâcheuses dissidences.

A mon sens, ce désaccord s’explique. Le magistrat a eu pour.éléments d’appréciation les témoignages consignés au dossier et un seul interrogatoire du sujet à interdire, comme si l’aliéné était toujours semblable â lui-même I Le médecin s’est appuyé sur la marche de l’affection mentale, c’est-à-dire sur les faits fournis par l’observation directe et prolongée du malade. L’un a jugé d’après un point de vue général, l’autre d’après un point de vue spécial. Le magistrat et le médecin n’ont point été placés sur le même plan, et ils n’ont pas vu la même chose.

Mon ouvrage a eu précisément pour but de ramener le magistrat et le médecin sur un terrain commun et identique. J’ai montré au magistrat ce qu’est scientifiquement le sujet à interdire, et j’ai indiqué au médecin la position particulière qui peut être faite par la loi à un malade. La dissidence ne sera plus possible désormais.

Ainsi se trouve de plus en plus ouverte la voie de communication entre la médecine et ie droit.

Depuis plus d’un quart de siècle, toute mon activité scientifique a été mise au service de cette idée : opérer en quelque sorte la fusion des deux sciences dans une série d’ouvrages pratiques, basés sur l’observation d'un grand nombre de faits à la fois médicaux et juridiques, et rendre facilement assimilables pour tous les questions scientifiques ou légales les plus disparates ou les plus ardues. J’ai donc pris résolument à tâche, d’une part, de familiariser le médecin avec les formules obligées du droit, les exigences nécessaires des codes français et le respect dû aux lois, et, d’autre part, d’initier le magistrat et l’avocat à la connaissance des problèmes les plus sérieux et les moins connus de la médecine légale générale, de la clinique cérébrale et de la pathologie de l’intelligence.

L’idée était juste, et l’on méfait chaque jour l’honneur de me dire que l’entreprise, hérissée d’ailleurs de tant d’écueils, a pleinement répondu à des vœux jusque-là stériles.

VÉtude médico-légale sur Vinterdiction des aliénés et sur le conseil judiciaire est basée sur soixante-treize observations, disséminées dans le texte, et elle renferme des chapitres d’une grande importance ; nécessité do l’interdiction dans certains cas déterminés, interrogatoire et examen des aliénés, aphasie, états intellectuels contestés, état mental qui nécessite la dation d’un conseil judiciaire, etc.

Tout en rendant pleine justice aux textes législatifs modernes et à la haute sagesse qui a inspiré notre incomparable Code civil, j’ai tenu à présenter, à la fin de cet ouvrage, un tableau succinct et très net de la situation juridique des fous et des incapables à l’épouue romaine. Ce complément curieux, probablement destiné à être maintes fois compulsé, a été, de ma part, un sincère hommage rendu au génie des anciens. Dans l’espèce, si les anciens nous ont beaucoup appris, nous avons beaucoup retenu.

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