Des rétrécissements de la trachée-artère
[Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, t. V, p. 504.)
Les rétrécissements de la trachée, et particulièrement ceux qui reconnaissent pour cause une ulcération de ce conduit, sont encore peu connus, leur élude datant seulement de quelques années. Il en résulte qu’ils sont habituellement confondus avec les affections du larynx, et notamment avec l’œdème de la glotte.
Cette erreur de diagnostic offre cependant un véritable danger, en ce sens que, quand il y a menace de suffocation, on pratique la trachéotomie par le procédé ordinaire, opération qui non-seulement n’empêche pas le malade de mourir, mais ne produit pas même un soulagement momentané.
M. Bourdon a donc cru utile d’appeler de nouveau l’attention de ses collègues des hôpitaux sur ce sujet, en leur faisant connaître un fait qu’il a observé à la Maison municipale de santé, et qui a eu, en ville, le fatal dénoûment indiqué plus haut.
Après avoir cité le fait et l’avoir discuté, l’auteur indique les phé-
nomènès Morbides caractéristiques sur lesquels on peut baser le diagnostic pour distinguer le rétréteissement de là trachée des maladies du larynx; il insiste particulièrement sur deux symptômes : l’abaissement du laryhx et l’immobilité de cet organe pendant la déglutition et l’exercice de la parole, il explique le premier de cès symptômes par le raccourcissement de là trachée, résultant dé là destruction des CerceàuX cartilagineux. Dans toutes les âtitbpSieS connues, m â ftélêfen èffetla disparition de six et même huit de cës ahnèaux.
Quant à l’immobilisation du làrÿnx, elle dépendrait, Selon M. Bour- • don, d’une part de la rétraction cicatricielle de là trachée, s’opposant à l'élévation et à l’abaissement dé l’oiganè, è't d’autre pàH, des adhérences qui s’établissent quelquefois entré là trachée ulcérée profondément et les parties Voisines.
Pour lé traitement, ràüt’èUr, frappé par l’êtudê dès faits, dé la tendance qu’ont les cicatrices de la trachée à revenirasur elles-mêmes et à amener des rétrécissements et des déformations de ce conduit, recommande, dans les cas d’ulcérations syphilitiques, d’administrer les spécifiques à petites doses, et d’interrompre, de temps en temps, leur usage, afin de ne jpàs trop hâter là cicatrisation, et de permettre àù malade de s’habituer peu à peu à la diminution progressive du calibre de la trachée, comme dans le cas de Worlhington. Il se demande même, si pour éviter la mort pat asphyxié, accident dont il cite des exemples, il ne faudrait pas placer une canule dans la trachée, pendant et après le traitement antisyphilitique, et fie retirer cè t instrument qu’alors seulement qu’on supposerait la cicatrisation bien complétée et toute chance de rétraction passée.
Il termine en faisant ressortit l’utilité de la canule à quatre valves, de M. Demarquay, pour dilater graduellement la trachée-artère, après l’opération de la trachéotomie.
12. M- De l'augmentation du nombre des globules blancs du sang, dans les maladies autres que la leucocythémie.
(Note lue à la Société médicale des hôpitaux en février 1850; tome ffl des Bulletins de cette Société.)
De ces recherchés bibliques et microscopiques faites sur dès Sujets
ttteiQt? d’nffeptions fliverses, qv\e s’il qyifjig réel|eipent
gpe enfilé otorhide, (plie que Vont décrite MM. Virchow, Bennett, ^rtlt, Visio {)♦ l’altération d(! qang qqj s’y rapporte, p’est-à-
dirp l’augmgptption jiy qom|>re flps g|pbvi|es blancs, pput se reneppfppp, quoique |hq fjegré (nom? P.l’fWSBSèi 4WI 4>tre§ nqqladies tp|lpg que : affectiqps organique*? du cpeur, arrjyéps à leur dprojére pérjads, py accompygpées de l^sjonç yrtérjeljes, flpyres typhoïdes grave?, maladies de Brigth. Les faits cités prouvent encore qu’on peut rencontrer cette altération du sang avec une rate petite et saine, du moins en appa-
M. Virchow avait déjà prévu cette objection, et il y ayait fépqndu en admettant, pour ces cas particuliers, une ieucémie lympalhique à côté de la leucémie splénique. Selon M. Bourdon, cette division tend déjà à rapprocher la leucémie de certains étals morbides, presque toujours symptomatiques, comme l'anémie, l’hydropisie, l’albuminurie. Car,qui nous dit, en effet, ajoute l'auteur, qu’on ne sera pas bientôt oblfeé de reconnaître une troisième, une quatrième espèce de leucémie, ayant son point de départ dans des organes autres que la rate et les ganglions lympathiquesï
Ce qu’avait prévu M. Bourdon s’est bien promptement réalisé; car, peu de temps après cette communication, la leucémie hépatique était créée et génétylproenl adtpise.
13. — Calcul biliaire d’un volume considérable tombé dans le tube digestif à travers les parois de la vésicule et du côlon transverse adhérentes et perforées.
(.Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, f. IJt, R- 287.) ,,,
Il est admis aujourd’hui qqp les f^cyls biliairps pepypnj passer directement de la vésicuje dans le lulje fligeslif, aq fpoypq d’gflhôfOIlcos péritonéales et de perforations.
Çependpnt, les exemple? dp ce ipodp jrtsolife d’^ifpjpqljjjp gpqt gsgez rares’pour que M. Bourdon n’ait pas crû dpypjf ypy? sj|eppe Jglgi t|u’il avait observé (japs pop sprvjpe.
Le fait dont il est question est encore remarquable par la grosseur tout à fait exceptionnelle du calcul, celle d’un œuf de poule, et par les accidents dont il a' été la cause. En effet, trop gros pour parcourir facilement toute la longueur du tube digestif, il s'est arrêté à la fin do l’S iliaque, y a séjourné pendant plusieurs mois et a déterminé une inflammation chronique de l’intestin qui a amené la mort delà malade.
Le calcul, qui pesait 62 grammes, avait la composition suivante :
Un examen séparé des différentes couches du calcul démontre que la presque totalité du phosphate, indiquée par l’analyse, existait dans les couches superficielles j d’où il est permis de conclure que le phosphate de chaux a été déposé à la surface de la concrétion, pendant son séjour dans le tube digestif. Ce sel, en effet, appartient bien plus aux calculs intestinaux qu’aux calculs des voies biliaires.
H. —Du rétrécissement de l'orifice ilêo-cœcal.
(.Bulletin de la Société médicale des hôpitaux, t. III, p. 95.)
Les affections qui intéressent le tube digestif, dans une certaine longueur, et qui ont un caractère aigu, sont, en général, d’un diagnostic assea facile. Mais, si la maladie a pour siège un point limité des viscères intestinaux, et si elle a une marche chronique, il arrive souvent qu’elle passe inaperçue et .qu’elle n’est soumise à l’observation du médecin que quand, par ses progrès ou par son extension, elle a produit des accidents sérieux, ou quand elle s’est compliquée d'une autre maladie. Alors, les symptômes nouveaux et graves peuvent masquer les phénomènes anciens et empêcher ainsi de remonter à la connaissance de la maladie primitive.
-Cette difficulté se rencontre le plus souvent dans les cas d’étrangle-
ment interne, de perforation, de péritonite ou d’hémorrhagie, qui viennent si fréquemment, et d’une manière si inattendue, compliquer une affection on apparence des plus légères, ne se traduisant quelquefois par aucun symptôme tant soit peu remarquable.
Parmi ces affections primitives, on peut 'citer les rétrécissements de l'intestin, les maladies du cæcum et de son appendice.
Une malade, du service de M. Bourdon, lui ayant présenté un ensemble de phénomènes paraissant permettre de diagnostiquer un rétrécissement de l’orifice iléo-cœcàl, il a cru utile d’appeler l'attention sur ce fait. L’observation présente d’ailleurs ceci de remarquable que, contrairement à ce qui arrive ordinairement, l’auteur a assisté à toutes les phases de la maladie; d’abord simple rétrécissement intestinal, ensuite occlusion plus ou moins complète du tube digestif et ses accidents; enfin, perforation de l’intestin, et péritonite suraiguë promptement mortelle.
Tout ce qui a trait à la deuxième et à la troisième période ne pré T sonte rien de bien intéressant; le point que l’autour désire particulièrement étudier, est celui qui concerne le rétrécissement intestinal.
Tous les praticiens sont unanimes pour dire que si plusieurs symptômes, enchaînés d’une certaine manière, permettent de reconnaître, ou au moins de soupçonner, l’existence de cette lésion, il n’est pas, en général, possible d’indiquer son siège précis. Les phénomènes particuliers observés par M. Bourdon chez, sa malade paraissent propres à éclairer ce diagnostic.
« La tumeur sonore et douloureuse au toucher, se formant par inter- » valle entre l’ombilic et ta fosse iliaque droite, accompagnée de vomis- » sements, de coliques, et se dissipant spontanément ou par presvsion, en même temps que du gargouillement se faisait entendre,
» s’explique très-bien par un rétrécissement de l’orifice iléo-cæcal.
» Lorsque, par une agglomération de matières intestinales, l'occlusion » devenait complète, le mouvement péristaltique de 1 intestin, visible » du reste à travers les parois abdominales, faisant descendre les gaz, «ceux-ci s’accumulaient au-dessus du rétrécissement, d’où formation » d’une tumeur dans le point indiqué et toujours le même. Après un » temps plus ou moins long, les matières parvenant è franchir l’obstacle,
8l lps gaz s’échappaient avec elles en produisant le bruit caractéristique, i>, alors la torpeur disparaissait et tout rentrait clans l'Qfdre; jusqu’à fe i qu’une nouvelle pcqlu?jpp vint à sq produire. »
Ce qui se passait dans ce pas nous parait analogue à ce qu’on observe dans l’engouetnent d’-une hernie irréductible! lorsque, par |e taxis, on rétablit le cours des matières accumulées dans l’0P§Ç ipfesiipaie, H n’est pas jusqu’au gargouillement qui ne se tsrpduisp dans lps deqjf cas, lorsque l’obstacle vient à céder.
15, Péritonites sans perforation intestinale dans la fièvre typhoïde.
{Union médicale, S juin t?56.)
Dans ce travail, l'auteur cite des exemples de péritonites aiguës él subaiguës survenues dans le cours de la fièvre typhoïde, indépendamment de toute perforation de l’intestin. Celte complication peut, selon M. Bourdon, tenir b l’inflammation qui accompagne l’éruplion intestinale, et qui peut être assez vive, dans certains cas, pour s’étendre de l’intérieur b î’extérieur de l’intestin, c'est-à-dire à sa tunique séreuse. Il est permis d’ailleurs de se demander pourquoi la péritonite ne se montrerait pas exceptionnellement dans la lièvre typhoïde au même titre que l’érysipèle, la pleurésie elles autres phlegmasies.