De ï urticaire intermittente
[Bulletins et mémoires de la Société médicale des hôpitaux, 1866.)
Dans ce travail, qui renferme plusieurs faits observés par l’auteur, il ne s’agit pas de fièvre intermittente compliquée d’urticaire, ni de fièvre ortiée intermittente, mais bien de l’urticaire apyrétique, idiopathique, comme celle qu’on observe journellement. Seulement l’exanthème, àu lieu d’être fugace et mobile, au lieu d’apparaître à des intervalles très-irréguliers, se montrait à jour et à heure fixes, ce qu’on observe rarement, excepté dans la forme tubéreuse de la maladie, forme qui ne s’est pas présentée une seule fois. Le sulfate de quinine, administré à doses assez élevées, a réussi parfaitement à couper les accès.
Dans un cas, des accidents graves ont accompagné l’apparition de l’exanthème : d’abord, malaise général, anxiété extrême, oppression trèspénible, avec légère sibilance pendant l’expiration ; puis, sentiment de défaillance, suivi de lipothymie, symptômes qui ne tardèrent pas à diminuer au fur et à mesure que l’urticaire s’étendait sur une plus grande surface du corps; mais, circonstance importante a noter, des lotions froides ayant été faites sur la peau, les accidents, y compris la demi-syncope, se reproduisirent.
L’auteur explique la dyspnée et la sibilance par la congestion de la
muqueuse du larynx et des bronches, qu’Alibert et Trousseau avaient déjà observée dans l’urticaire ; il rapporte l’anxiété et les lipothymies aux troubles de la circulation, comme ceux qui surviennent dans YUrticaria tuberosa. S’appuyant sur ce fait et sur d’autres cités par les auteurs, M. Bourdon recommande, avec P. Franck, de ne pas troubler la marche régulière de l’exanthème et de traiter celui-ci comme s’il s’agissait d’une fièvre éruptive.