‹ Exposé des titres et travaux scientifiques. Janvier 1904Chapitre 6 sur 8 · INFECTIONS · texte numérisé non relu

INFECTIONS

L'origine biliaire de la mélancolie.

U nature de la mélancolie reste encore obscure, malgré les très nombreux travaux qui lui ont été consacrés. Séparée de la neurasthénie et des états mélancoliques secondaires, elie est en général considérée comme une maladie autonome, mais d’origine le plus souvent indéterminée. Or, les recherches que nous avons poursuivies avec MM. Gilbert et ColoUian sur plus de cinquante cas de mélancolie, tant en vilie qu'à i'hôpital, ont établi que celie-ci est presque toujours, sinon toujours, liée à une affection des voies biliaires entraînant la cholémie.

L’enquête étiologique, lorsqu’elle est possible, peut révéler, tant chez le malade que chez ses ascendants, l’existence d’antécédents biliaires (ictère passager ou permanent, coliques hépatiques, signes révélateurs de la cholémie). L’examen clinique montre, en même temps que les symptômes de la mélancolie (mélancolie hypocondriaque, mélancolie anxieuse, mélancolie stupide, mélancolie intermittente, etc.), des symptômes nombreux dus à la cholémie familiale et dont quelques-uns avaient d'ailleurs frappé les observateurs. Le faciès est souvent pâle, mat ou jaune, les pigmentations sont fréquentes, les phénomènes dyspeptiques et la constipation sont habituels; la bradycardie n’est pas rare, les urines sont fréquemment urobiliniques et quelquefois cholu-

riche en pigments biliaires. Dans un cas de mélancolie anxieuse observé par nous, la malade, dont la cholémie était évidente, mourut en hépatique, dans le coma hypothermique, et l’examen histologique du foie montra des lésions très prononcées des voies biliaires et du parenchyme hépatique (angiocholite chronique avec espace portite et stéatose périportale accusée).

Le rôle des affections des voies biliaires dans la production des troubles mentaux de la mélancolie nous semble donc capital, et c’est cette notion de l’origine biliaire de la mélancolie qui doit guider le traitement, visant d’abord la maladie biliaire causale, et ensuite seulement l’état nerveux.

Hémorragies et cholémie familiale.

A diverses reprises, nous sommes revenus, M. Gilbert et moi, sur le rôle fondamental de la cholémie familiale et des autres affections composant la famille biliaire dans la production d’hémorragies diverses

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