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De la pneumonie chronique

Ce travail comprend deux chapitres. Le premier est consacré à la pneumonie lobaire, chronique, simple, et renferme une observation d’induration ardoisée du lobe inférieur du poumon droit, avec cavernes ulcéreuses au sein de la masse indurée, sans que l’autopsie n’ait fait découvrir aucune trace de tubercules, ni dans les poumons, ni dans aucune autre partie du corps. Cette observation, rapprochée de quelques autres faits, dont un propre à l’auteur, lui a permis de décrire une forme nouvelle qu’il nomme pneumonie chronique ulcéreuse. Un des symptômes qui peuvent s’observer dans la pneumonie chronique, le silence absolu, est rapproché d’un symptôme semblable, observé dans la pneumonie aiguë par MM. Skoda et Wintrich. Au diagnostic, M. Charcot insiste eu particulier sur la possibilité de confondre la pneumonie chronique avec la tuberculisation limitée aux lobes intérieurs des poumons.

Dans le. second chapitre, la pneumonie chronique est étudiée dans ses rapports avec la carnification, la carnisation, la cirrhose du poumon; l’induration mélanique, la phthisie des mineurs et celle des

aiguiseurs, lés indurations des poumons autour des foyers tuberculeux et gangréneux, et au voisinage des kistes hydatiques ; l’infiltration tuberculeuse et l’infiltration gélatineuse, la carnification congestive, etc.

Ce travail a été plusieurs fois cité dans la seconde édition du Traité de la pneumonie de M. Grisolle, ainsi que dans les articles Chronic Pneumonia et Cirrkosis of the Lung du System of Medicine, édité parW. J. Reynolds, t. III, 1871.

38. — Nouvelles recherches anatomo-pathologiques et cliniques sur les pneumonies chroniques. — Cirrhoses du poumon.

Ces leçons ont eu pour but principal de séparer nettement les unes des autres, en fixant leurs caractères distinctifs, plusieurs espèces de lésions chroniques du poumon comprises et confondues par les auteurs sous les noms de pneumonie chronique, pneumonie interstitielle, phthisie fhroîde, cirrhose du poumon, etc., dénominations vagues qu’ils emploient à peu près indifféremment. Chacune de ces appellations, toutes synouymes et de même valeur, ne saurait représenter cependant qu’un terme générique, et les diverses espèces du genre méritent une étude spéciale et un nom particulier.

1“ Pneumonies lobaires chroniques. Elles représentent à l’état chronique la péripneumonie aiguë. On doit distinguer dans ce groupe : a) les pneumonies lobaires prolongées; b) les pneumonies lobaires chroniques succédant à une série de pneumonies lobaires aiguës, qui, à chaque nouvelle invasion, ont occupé le même point d’un poumon (pneumonies lobaires récurrentes).

2° Bronchopneumonies chroniques. Elles reproduisent dans le mode chronique les formes aiguës de la broncho-pneumonie et se développent, comme celles-ci, dans le cours de la rougeole, de la coquer luche, de la fièvre typhoïde, etc. One forme en quelque sorte intermé-

diaire en raison de son évolution snbaiguë, forme peu connue, du moins anatomiquement, bien qu’elle ne soit pas rare chez les jeunes enfants, a été particulièrement étudiée par M. Charcot sur de nombreux spécimens qui lui ont été obligeamment fournis par MM. Parrot et Archambault. Cette étude permet de suivre, pour ainsi dire, pas à pas, le développement progressif des lésions anatomiques et d’établir ainsi le lien qui réunit les trois variétés aiguë, subaiguë et chronique du type broncho-pneumonique. Parmi les caractères anatomiques qui distinguent particulièrement les pneumonies chroniques subaiguës et chroniques, et les séparent des formes correspondantes de la pneumonie lobaire, il convient de signaler surtout, en premier lieu, la dilatation des bronches, phénomène contemporain des lésions initiales, antérieur à l’atrophie de l’organe et non consécutif par conséquent, contrairement a l’opinion émise par Corrigan, à la rétraction du tissu pulmonaire. En second lieu vient l’épaississe" ment des cloisons interlohulaires, lésion,'en général, très-prononcée chez les enfants; enfin le développement, à la surface des alvéoles pulmonaires rétrécis, d’un revêtement épithélial cubique.

3“ Pneumonies chroniques pleurogènes ou consécutives à la pleurésie. Cette variété est caractérisée surtout macroscopiquement par le développement anormal des grands espaces conjonctifs interlobulaires. C’est vraisemblablement par la voie des lymphatiques pulmonaires que s’effectue, dans cette variété, la transmission des lésions de la plèvre aux espaces interlobulaires. Les lymphatiques intra-pulmonaires sont affectés primitivement, et, consécutivement, survient l’altération du tissu conjonctif qui les entoure. M. Charcot a été conduit à soutenir cette opinion en se fondant sur l’étude attentive des faites chez les animaux.

39. — Études de pathologie expérimentale à propos des pneumonokonioses.

On sait que M. Zenker (1867) a proposé de réunir, sous le nom coliectit de pnettmono&omoses, toutes les altérations pulmonaires qui reconnaissent pour cause l’action des particules solides répandues dans l’atmosphère lorsqu’elles pénètrent dans les voies respiratoires pendant l’acte de l’inspiration.

Les présentes leçons étudient séparément chacune des différentes variétés que comporte ce groupe morbide et font connaître en même temps les détails bibliographiques qui se rattachent à chacun d’eux.

1° Pneumonokonioses anthracosiques où la lésion parait surtout produite par l’introduction de particules charbonneuses (maladie des mineurs, miner’s lungs. maladie des fondeurs en bronze, en cuivre, etc). A celles-ci se rattache l’étude de la matière noire pulmonaire ou anthracose physiologique ;

2° Pneumonokonioses siliceuses. On les appelle encore d’un seul mot, chalicoses. L’action des particules siliceuses se combine ici souvent à celles des particules d’un métal, l’acier, par exemple, ce qui constitue une forme mixte ;

3“ Enfin, il existe une pneumonokoniose sidérotique ou sidérose pulmonaire. Ici, l’agent est l’oxyde de fer.

On sait que le mode d’introduction des poussières dans la profondeur des voies respiratoires est encore un sujet de controverse. Certains auteurs pensent que les poussières introduites d’abord par la déglutition dans les voies digestives, y sont absorbées puis transportées dans le poumon par les voies de la circulation sanguine ou lymphatique. D’autres soutiennent, au contraire, que la plus grande partie, sinon la totalité de ces poussières, pénètre directement avec

l’air inspiré jusque dans l’intérieur des vésicules pulmonaires. I expériences instituées sur les animaux, ont permis à l’auteur fournir des données importantes à la solution du problème.

On sait aussi que la présence, dans le poumon, de poussières

localise tonjours çà et là dans certains groupes d’acini voisins les uns des autres, c’est-à-dire sous la forme lobulaire et non pas d’une façon diffuse ;

4" Lorsqu’ii est survenu.des lésions tuberculeuses chez les animaux depuis longtemps en expérience, ces lésions ne se sont déveioppées ni exclusivement, ni particuiièrement dans les lobules où les particules dépoussiéré s’étaient accumulées.

40. — Recherches anatomo-pathologiques sur la phthisie ; tuberculose du poumon.

(Communication à la Société de Biologie, août 1877, - Leçons taites à la Faculté, 1877 et 1878. — un résumé de ces leçons a été public par M. Oulmont dons la Beotie mmsuelU, L I, p. 876. - Voir aussi : flranchcr, Uémire sur la tuierculose ptOmmaire, dans les Archiva de physiologie normale el pathologique, 2" série, 1.6. n" 1, avec planches chromo-Iithographlées el flgures Intercalées dans le texte.)

L’auteur s’est préoccupé tout d’abord, daus ses études, de préciser les caractères anatomiques du tubercule considéré en quelque sorte abstractivement, c’est-à-dire indépendamment de l’organe au sein duquel il s’est développé.

Il a été conduit à adopter ici la théorie de Vagglomération tuberculeuse et il entre à ce propos dans tons les détails techniques et bibliographiques que nécessite la question. Avec un certain nombre d’anatomo-pathologistes, il admet que la granulation tuberculeuse visible à l’œil nu, n’est pas une granulation simple; elle est constituée par la réunion, la fusion d’un certain nombre d’éléments similaires plus petits. Cette granulation pent donc être appelée tubercule congloméré, aux parties constituantes plus petites étant réservés les noms de tubercule élémentaire, follicule tuberculeux (Wagner), etc.

Le tubercule élémentaire peut être dit, suivant les cas, simple ou complexe : simple, il est uniquement constitué par un amas de cellules embryonnaires groupées autour d’un agrégat de cellules épithélioïdes, celles-ci pouvant faire défaut ; complexe, il offre, en général.

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