Tome I. — Des troubles trophiques consecutifs aux
maladies
du cerveau et de la moelle épinière. — Paralysie agitante el sclérose en plaques disséminées. Hystérie et hystéro-épilepsie.
Tome n. — Anomalies de Vataxie locomotrice-. De là compression lente de la moelle épinière. — Des amyolrophies spi nales. — Des paraplégies urinaires. — De l’hémichorée posthémiplégique. — De l’épilepsie partielle d’origine syphilitique. — Du tabes dorsal spasmodique. — De Vatkétose.
Les Leçons sur les maladies du système nerveux ont été tra-
' En allemand par M. le D' Berthotd Fetzer. vol., Stuttgart, 187,4. 2' vol., 1876.
En anglais par M. le professeur Sigerson, de Dublin {Sydenham Society). Londres, 1877.
En hongrois (Magyar) par M le D' Azary .Akos. Budapest, 1876. En russe par M, le D'Marslcani. Saint-Pétersbourg, 1876.
En italien par MM. les D” Scambelluri et Giordano, avec notes du professeur Borelli. Naples, 1877.
D. — Localisatio
.le épinière.
89. — Essai de physiologie pathologique de la moelle épinière, fondée principalement sur les données de l’anatomie pathologique topographique, et sur la connaissance des affections spinales systématiques. — Théorie des localisations dans les maladies spinales.
Le caractère principal des études de M. Charcot sur la pathologie de la moelle épinière a été de faire marcher, si l'on peut ainsi dire, du même pas, dans une étroite connexion, la clinique el l’anatomie pathologique à la lumière des connaissances physiologiques. .i , Ces recherches tendent à établir que la moelle épinière èst composée d'un certain nombre de régions, répondant en quelque sorte, è
autant d’organes doués de fonctions spéciales. La lésion spontanée, isolée, générale ou partielle de chacun de ces organes s’accuse et se révèle durant la vie, par autant de composés symptomatiques particu-; liers, susceptibles d’être rattachés aujourd’hui par le diagnostic à leur Origine organique. Ainsi se trouve constitué, dans la pathologie spi-, nale, toutun groupe d’affections élémentaires dont la combinaison’ produit formes complexes ; celles-ci, pouvant être à leur tour, à l’aide de l’analyse clinique, décomposées en leurs éléments constitutifs.
On voit par là qu’un grand fait domine la physiologie pathologique de la moelle épinière : c’est justement l’existence très-répandue dans ce domaine, des affections dites systématiques. On entend dans l’espèce, désigner par cette expression empruntée à M. Vulpian, les affections spinales qui, systématiquement, — la dénomination parait parfaitement appropriée — circonscrivent leur action dans de certaines régions, bien déterminées, de cet organe complexe.
L’expérimentation chez les animaux avait déjà, depuis longtemps, tracé la voie. Mais on peut dire qu’elle n’avait pas pénétré aussi avant que l’a pu faire dans ces derniers temps, la pathologie éclairée par la connaissance des affections spinales systématiques, avec le concours des puissants moyens d’investigation anatomique dont on dispose aujourd’hui. -,
Si, sur une- sorte de plan topographique (voir la figure page 80), on indique par des teintes diverses les régions de la moelle épinière jusqu’ici explorées par le pathologiste, à l’aide de la méthode en ques-' tion, on voit que le champ des terres inconnues laissées en blanc est grand encore ; mais il tend manifestement à se rétrécir chaque jour.
Voici l’indication sommaire des résultats qui, dans cette catégorie, peuvent etre, d’après M. Charcot, considérés aujourd’hui comme défi-
Les anciens faisceaux postérieurs de la moelle épinière doivent être décomposés en deux régions biendistinctes : 1“ Les faisceaux de Goll, -E, dont la lésion isolée a été plusieurs fois constatée et répond à un ensemble symptomatique qui ne tardera pas, sans doute, à être nettement déterminé et à prendre rang dans la clinique usuelle;'
ment dits (faisceaux pyramidaux de M. Flechsig et de quelques autres auteurs). A. A. Ils se montrent affectés systématiquement dans toute leur étendue, des deux côtés de la moelle, dans le cas de sclérose latérale symétrique et, partiellement, d’un seul côté de la moelle, dans la sclérose descendante consécutive aux lésions cérébrales ou spinales en foyer; 2” Les faisceaux de Türch, A. Leur pathologie se confond presque toujours avec celle des faisceaux latéraux ; 3“ Les zcTMs radiculaires antérieures, F ; elles ont été laissées en blanc sur le schéma. Quelques observations établissent cependant qu’elles, peuvmt être lésées isolément. L’altération s’est traduite dans ces cas, ainsi qu’on eût pu le prévoir en raison de la participation à peu près nécessaire des racines spinales antérieures, par une paralysie avec
amyotrophie dans le membre correspondant à la région lésée de la moelle épinière.
Ponr ce qni est de la substance grise, ori connaît niai les effets d’nne lésion isolée des commissures, et en ce qnl concerne les cornes postérieures C, on sait senlement qne, lorsqn’elles sont le siège d’nne, altération profonde, il se prodnit une anesthésie pins ou moins prononcée dans les parties dn corps situées du même côté que la lésion spinale. Nos connaissances sont pins avancées relativement au rôle pathologique des cornes grises antérieures. 11 est, en effet, bien établi aujourd’hui, qu’elles peuvent être lésées isolément, primitivement ; ou, au contraire, d’une façon secondaire, et l’on sait, d’après les recherches de M. Charcot qne, dans les deux cas, si l’altération porte sur les grandes cellules nerveuses dites motrices, il s’ensuit forcément la production d’une amyotrophie. Celle-ci se développe rapidement, si la lésion spinale évolue suivant le mode aigu {paralysie spinale infantile) ou, aucontraire, d’une façon lente et progressive (amyotrophie spinale protopathique, sclérose latérale amyotrophique, etc.) si elle évolue suivant le mode chronique. Les cornes grises antérieures (ou plus explicitement les grandes cellules Hcrceuses de la région,) et les zones radiculaires antérieures (en raison du trajet intra-spinal des racines antérieures (seraient, d’après les observations de M. Charcot, les seules régions de la moelle épinière qui intéressent directement la nutrition des muscles.
Ces résultats ont été exposés par M. Charcot, à la Faculté de Médecine, dans son cours d’anatomie pathologique, en 1873. Ils sont consignés dans les leçons sur les maladies du système nerveux, t. II, p. 269, (88).