Des scléroses de la moelle épinière
(Leçons faites è la Salpétrière, miette des Mpitmui, septembre t868. Mwaemnt midiml, n- 16,1872.)
De la sclérose (induration grise) des centres nerveux, en général. Historique : Cruveilhier, Carswell, L. Türck. — Classification des diverses formes de la sclérose des centres nerveux : 1» sclérose en
Un premier caractère différentiel est tiré de l’anatomie pathologique. La paralysie agitante n’a pas, quant à présent, de lésions qui lui soient propres. M. Charcot, notamment dans deux ahjtopsies faites avec soin, a constaté l’intégrité apparente des centres nerveux, et un examen histologique très-complet a confirmé l’absence de lésions appréciables (voy. Jolfroy, Anatomie de la paralysie agitante, in Gazette des hôpitaux, 23 décembre 1871).
Au point de vue clinique, les diflérences, peut-être moins radicales, n’en sont pas moins très-tranchées. La paralysie agitante — maladie qui débute généralement après l’âge de quarante ans — a pour carac-
nécessairement, dans l’attitude du repos, consistant en petites oscillations rhythmiques et involontaires des membres. Mais la tête, les muscles du cou, ceux de la face restent indemnes. Le regard présente une fixité toute particulière ; il n’y a pas de nystagmus. Il n’y a pas non plus d’embarras réel de la parole ; seulement, l'articulation des mots est brève, saccadée, et semble exiger un effort considérable.
étendue. La tête peut, comme les membres, présenter cette forme de tremblement.
Au tremblement se joint la parésie, et plus tard il peut faire place à la contracture permanente. Les malades ont de l’amblyopie, du nystagmu.5, un embarras spécial delà parole. A ces troubles fonctionnels peuvent venir s’adjoindre d’autres symptômes de lésions bulbaires portant sur la déglutition, la circulation et la respiration. Souvent des crises gastralgiques avec vomissements, des vertiges, se remarquent au début ; plus tard des attaques épileptiformes et apoplectiformes. Il y a presque toujours un état mental particulier. Enfin on observe parfois des symptômes insolites (douleurs fulgurantes, incoordination tabétique, atrophie musculaire), véritables complications qui reconnaissent pour cause l’envahissement, par les plaques scléreuses, de certains départements de la moelle épinière (ainsi la substance grise des cornes antérieures quand il y a atrophie musculaire, les faisceaux postérieurs quand se développent les systèmes tabétiques).
Telle est en raccourci le symptomatologie, aujourd’hui bien établie, de la forme cérébro-spinale de la sclérose en plaques. A l’étranger, les auteurs de nombreux travaux suscités par les publications de M. Charcot, se sont plu à reconnaître l’exactitude de sa description, et n’y ont guère ajouté que des faits de détail (1).