PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
Ligature brusque de la veine porte (N» 48.)
Nous avons établi avec M. X. Bender qu’il n’y a pas lieu de faire intervenir l’insuffisance hépatique pour expliquer la mort rapide qui survient à la suite de la ligature brusque de la veine porte. Déjà les
critiques de M. Roger avaient montré que la théorie de Schiff était
inadmissible ; nos expériences ont eu pour résultat de prouver que la mort est due à la spoliation sanguine causée par l’accumulation du sang dans les vaisseaux et les organes tributaires de cette veine.
Pour soutenir cette thèse nous nous sommes appuyés sur les argu-
Après la ligature les symptômes observés sont ceux que l’on constate
chez un animal que l’on a saigné à blanc. L’autopsie permet de constater
l’anémie des organes qui dépendent de la circulation générale et l’hyperémie de ceux qui sont tributaires de la circulation porte : les parois de l’intestin et la rate contiennent des quantités considérables
de sang, dont la perte est plus que suffisante pour expliquer la mort par
spoliation sanguine.
La ligature de l’aorte au-dessus du tronc cæliaque, faite en même temps que celle de la veine porte, permet aux chiens une survie supérieure à c*lle qu’ils ont après ligature isolée du tronc porte. Le fait ne se comprendrait pas, en admettant la théorie qui explique la mort par insuffisance hépatique; ne devrait-on pas produire encore plus sûrement cette insuffisance en empêchant l’apport du sang par les artères hépatiques? — et cependant, en ce faisant, on augmente la survie. Au
lion des malades, et pour la susciter il suffit de leur faire prendre un peu de sucre ou des aliments se transformant en sucre.
La notion de l’arrêt inhibitoire des fonctions du foie dans la colique hépatique est utile au double point de vue du diagnostic et du traitement ; elle peut servir au diagnostic non seulement pendant la crise, mais aussi rétrospectivement, car l’anhépatie dure quelques jours. Ellefournit, d’autre part, l’indication du repos et du régime lacté non seulement pendant la crise, mais pendant les jours qui suivent.
Enfin, à un point de vue purement spéculatif, la notion nouvelle de l’impotence fonctionnelle du foie amenant la réalisation d’un véritable
dire oe portant que sur une partie de celles-ci. 11 s’agit d’ailleurs, dans tous les cas, d’une petite insuffisance, d’une hypohépathie, selon l’expression du professeur Gilbert, c’est-à-dire d’un trouble fonctionnel léger absolument latent, ayant besoin d’être recherché pour être mis en évidence.
Nous n’avons pas cherché à démontrer que cette hypohépatie est le primum movens de la chlorose ; bien au contraire, nous estimons qu’elle est secondaire et due à l’irrigation sanguine défectueuse du foie. Il s’agit là, en somme, d’un processus général, car l’on peut admettre que sous l’influence de l’insuffisance hématique, au cours de la chlorose, tous les organes de l’économie sont en état de moindre fonctionnement.