C. — PSYCHIATRIE
psychiques automatiques de mots, ouïs, prononcés, écrits naissez là les hallucinations psychiques de Baillarger, kinesthésiques verbales et graphiques de Séglas, les h <
au début du moins (propos indifférents, fables, récits, etc.)» plus rarement leur caractère anidéique (syllabes, jeux syllabiques, non-sens, scies, etc).
b) La dépossession du langage expressif comporte les hallucinations motrices verbales et graphiques, les impulsions verbales et graphiques de Séglas avec, par extension, les délires prophétiques, spirites et les inhibitions verbales et graphiques.
c ) La dépossession de la pensée comporte l’hypeidéation, les réminiscences, les pensées étrangères, les idées devinatoires, véritables intrusions dans la pensée, l’aprosexie, l’amnésie, l’embrouillage de la pensée
e) La dépossession de la volonté par des doutes ou des désirs d’actes et à un degré de plus par des actes imposés et des inhibitions <
f) Un certain nombre de troubles pseudo-sensoriels tactiles, cénesthésiques et génitaux, complètent ces symptômes directs. Ce sont: les bruits imaginaires, la vision imaginaire, l’olfaction et le goût spirituels et certains troubles cénesthéisques interprétés d’emblée comme une dépossession
base sur la précocité des phénomènes d’automatisme, sur leur caractère anidéique et athématique, sur leur apparition temporaire chez des intoxiqués, sur leur fréquence relative chez des malades porteurs de lésions cérébrales évidentes (tumeurs, syphilis, paralysie générale, etc.) pour affirmer que le syndrome qui fait l’objet de cette étude n’est qu’une
perçus.
La théorie de Clérambault manque (Çes preuves anatomiques que l’on est en droit d’exiger d’elle.
Elle n’explique pas la transformation de l’obsession en dépossession et les faits, sur lesquels j’ai insisté, du passage de la transe du spirite, phénomène purement fonctionnèl, au délire chronique.
Les théories psychogènes dé Pierre Janet, Ségias, Claude, n’exigent
J’ai soutenu au Congrès de Blois que les théories opposées ne sont pas inconciliables.
Je crois qu’il existe chez certains individus une constitution spéciale, une prédisposition particulière qui favorise l’apparition de phénomènes
Cette prédisposition était manifeste chez les 4 malades atteints de syphilis cérébrale qui ont fait l’objet de mon aride dans Paris Médecine (152).
Je crois d’ailleurs que chez ces prédisposés une vésanie, manie, mélancolie, ou simplement des phénomènes émotifs quelconques, comme ceux par exemple qui accompagnent un délire d’interprétation du type paranoïaque, comme aussi une infection ou une intoxication peuvent révéler
Je crois qu’il n’est pas impossible qu’une infection ou une intoxication puisse créer de toutes pièces dans certains cas cette constitution ou prédisposition, fait qui n’est pas en désaccord avec les lois dé la pathologie générale.
La coïncidence d’automatisme mental et de syphilis cérébrale, disais-je, ne permet pas d’affirmer la nature organique de l’automatisme mental, du moins au sens de Clérambault; une autre hypothèse est d’ailleurs possible.
Prenons le schéma de Grasset, le fameux polygone; rien n’empêche dé pens'er que sous l’influence des lésions cérébrales, le tonus psychique ayant cédé, le centre O se laisse envahir par les éléments du polygone. Cette
surmenés, constituant alors le mentisme sur lequel ont récemment insisté Heuyer et Lamache. C’est de la même façon que l’on peut expliquer les cas si intéressants du professeur Claude, où l’on voit les phénomènes hallucinatoires en relation avec l’hypertension intracrânienne disparaître sous l’influence d’une ponction lombaire. On s’explique ainsi que les phénomènes du syndrome de dépossession, bien que dans un certain sens d’origine organique, répondent aux préoccupations actuelles du sujet, fait sur lequel M. le professeur Claude insiste dans son enseignement.
Car, à mon sens, l’opposition entre psychogénèse et organicisme n’est qu’apparente. En effet, M. Claude, dans son enseignement, dans ses différentes communications, fait appel « à certains états organiques ou certaines modifications biologiques des centres nerveux permanentes ou transitoires ». Il admet incontestablement que l’automatisme mental a une représentation cellujaire, et fait jouer un rôle au système neuro-végétatif et à l’émotion dont les relations sont étroites avec ce système. D’autre part, Clérambault, s’il soutient que l’automatisme mental résulte de séquelles subtiles d’intoxication ou d’infection, ne répugne pas à un simple trouble du dynamisme cellulaire. L’accord Sur ce terrain me paraît aisé; il ne saurait en être autrement d’ailleurs quand il s’agit d’observateurs également avertis et consciencieux.
En fait, il s’agit de cellules cérébrales qui laissent échapper leur
le considère comme étranger à lui. On peut penser que deux conditions sont nécessaires pour cela: une prédisposition favorisant la libération de l’automatisme, prédisposition que l’on pourrait appeler, d’un mauvais mot, constitution automatique, une action déterminante, infectieuse, toxique, émotive produisant chez un prédisposé une libération ayant un caractère , particulier
La constitution automatique engloberait les imaginatifs, les rêveurs, quelques sujets à représentations mentales excessives, les émotifs, les pithiatiques, les crédules (Ceillier), etc.
Cette constitution un peu vaste, je le reconnais, nous permettrait d’expliquer les observations nombreuses où l’on voit les manifestations médiumniques, transitoires, qui sont de l’ordre du pithiatisme, aboutir au délire d’influence.
La notion de prédisposition défendue par Pierre Janet,
plus générale.
une application
II. L’anxiété et les états anxieux L’anxiété. — Semaine des Hôpitaux. 1926 (118).
L’isolement thérapeutique des anxieux. — La Médecine. 1928 (148). L’anxiété et les états anxieux. (En préparation). Un vol. Maloine, édit.
L’anxiété est un sentiment de danger imminent, une émotion d’attente, avec son expression organique, physique, l’angoisse.
Car, avec Brissaud, il faut, dès maintenant, isoler ces deux manifestations: l 'anxiété et Y angoisse, souvent parallèles mais non identiques, la première, sentiment, de l’ordre psychique, le seconde, sensation, de l’ordre physique.
L’anxiété, cri d’alarme de l’instinct de conservation, n’est pas, en soi, un phénomène morbide; réagir par de l’anxiété à un danger, c’est être normal, et ce qui serait anormal, en pareille occurrence, serait de ne pas avoir d’anxiété, le vrai courage étant d’avoir très peur et d’aller de l’avant quand même parce que c’est le devoir. .
Une telle réaction affective n’est donc pas du domaine de la psychiàtrie, pas plus d'ailleurs que l’anxiété au cours de certaines maladies générales organiques telles que l’angine de poitrine, les dyspnées cardiaques, pulmonaires, etc., où une anxiété, logique, succède à l’angoisse, phénomène physique.
L’anxiété est pathologique ou bien quand elle se produit sans cause réelle, en quelque sorte à vide, ou encore lorsqu'elle est disproportionnée à la cause déterminante.
L’anxiété porte sur les trois fonctions psychiques essentielles: affectivité, intelligence, volonté. Phénomène êssentiellement de l’ordre affectif, elle est un sentiment d’insécurité, une émotion d’attente pénible, comme l’espoir est une émotion d’attente agréable. Elle s’accompagne, dans le domaine intellectuel, de doute et, dans celui de la volonté, d’irrésolution.
L’angoisse, pathogéniquement, apparaît comme un’ spasme portant sur les fibres lisses, accessoirement sur les fibres striées.
Examinons un anxieux. Son faciès est caractéristique: front plissé transversalement, formant un oméga au-dessus de la racine du nez. Yeux, bouche paraissant rétrécis; regard exprimant toujours l’inquiétude, parfois
iété atteint spécialement certaines races, surtout les vieilles est le fruit des unions entre consanguins, elle est essentiellement héréditaire et familiale.
Elle peut être le lourd héritage de l’individu, l’accompagner, plus ou
alors la constitution anxieuse. Elle peut aussi se traduire par des paroxysmes liés aux accidents de certaines maladies constitutionnelles avec anxiété.
La constitution anxieuse va s’exprimer, vous le devinez, par des troubles physiques, du type de l’angoisse, par l 'insécurité, le doute et Yirrèsolution dans le domaine psychique.
Je ne vous répéterai pas ici ce que je vous ai dit plus haut à propos de l’angoisse. Notez seulement que les phénomènes viscéraux de l’ordre spasmodique qui la caractérisent peuvent, être eux-mêmes facteurs de préoccupations hypocondriaques, génératrices à leur tour d’anxiété.
Je vais esquisser, dans une vue d’ensemble, le curiculum vitæ de l’anxieux constitutionnel, empruntant les principaux éléments de cette esquisse au remarquable ouvrage de MM. Devaux et Logre, en vertu de ce principe que l’on n’emprunte qu’aux riches.
Dès l’enfance, l’anxieux apparaît comme légèrement anormal; c’est l’enfant facilement irritable, qui s’isole, qui n’aime pas le , jeu. Redoutez
lorsqu’il n’aboutit pas, provoque justement les sévérités de certains codes militaires. C’est sans doute pour pallier cette contagiosité du suicide, que jadis, certaines législations civiles et toujours la législation religieuse ont poursuivi ces déserteurs de la vie, jusque dans leurs cadavres. Ce soldat anxieux s’est révélé, pendant la guerre, le poltron pathologique, bien décrit par MM. Abadie et Logre, poltron pathologique incapable d’action efficace, même à l’arrière du front.
le citoyen de l’antique Phocée, qui mourut de peur à quelque mille kilomètres du front, si l’on en croit le cruel et injuste poème de l’auteur des
Voyons notre anxieux adulte. Voyons-le époux jaloux, pas plus sûr des autres que de lui, père préoccupé, hypertrophiant le moindre des maux de ses enfants. Voyons-le sursautant au moindre bruit, appréhendant toujours de mauvaises nouvelles, pessimiste toujours, préoccupé à l’excès de
de santé, un peu malgré eux, dans la meilleure intention d’ailleurs, qui, rendus à la vie familiale, leurs préoccupations apaisées, ont pendant plusieurs mois conservé des idées de persécution sur fond de subanxiété, idées de persécution ayant eu pour point, de départ les jours d’isolement.
La séparation du milieu familial est surtout indiquée chez ceux dont l’entourage, et c’est fréquent, manque de la psychologie nécessaire à ceux
reux anxieux de maladè imaginaire, et exigent de lui des efforts qu’il est incapable d’accomplir et dont les vaines tentatives augmentent son anxiété. M. le professeur Claude montrait récemment, à l’une de ses leçons, une femme qui avait la phobie des coutéaux et à qui, comme thérapeutique
lesquels la liberté est un danger. En dehors de ces éventualités, très frédemeurer dans le milieu familial.
La maison de santé offre l’avantage, en dehors de l’isolement, de la
ont sur l’état mental de l’anxieux le plus heureux effet. Je sais des malades qui attendent avec impatience ces visites, et sont apaisés par quelques paroles de réconfort. Le médecin de maison de santé, en effet, a les qualités nécessaires à ce rôle de psycho-thérapeute: la compréhension, la patience, le tact, la douceur, et, plus importante peut-être encore, la bontés Ces qualités, il serait à souhaiter que, toutes proportions gardées, on les retrouvât chez le personnel infirmier qui entoure immédiatement le malade. Ce personnel doit être soigneusement sélectionné au double point de vue moral et professionnel. Chez les trois malades cités plus haut, où l’on vit un délire de persécution éclore en maison de santé, le point de départ des interprétations délirantes fut, incontestablement, la maladresse et le manque d’égards du personnel infirmier; mais il s’agit là fort heureusement d’exceptions.
Le malade en maison de santé, l’isolement va-t-il être complet? Contrairement à l’opinion d’un grand nombre de mes confrères, je réponds: non. J’ai la conviction que des visites fréquentes, mais courtes, peuvent être favorables au malade, à condition, là encore, de choisir la personnalité
ami à une personne de la famille, mais il ne saurait y avoir de règle; c’est au médecin, après entretien avec l’entourage, qu’il appartiendra de désigner le visiteur, le rythme et la durée des visites; il pourra même, dans quelques circonstances, être en tiers, au moins au cours des premières visites.
Le retour au foyer familial représente, pour l’anxieux, un écueil dont il faudra savoir diminuer puis éliminer les dangers. Le malade, en effet, pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois, a vécu d’une vie artificielle, et sans heurts, sous la tutelle de ses médecins. La seule perspective de reprendre la vie ordinaire qu’il désire ardemment cependant, peut être pour lui la cause d’un paroxysme anxieux. Un sujet depuis quatre mois en maison de santé, et suffisamment amélioré en apparence, devait rentrer prochainement chez lui; il le désirait vivement et l’on avait fait droit à sa demande. Les jours qui précédèrent la date présumée de son départ,
la perspective de la reprise de la vie en société avait été la cause d’un retour anxieux. Le malade, pourrait-on dire, est sensibilisé par Visolement; pour le désensibiliser, il faut progressivement, par des sorties d’essai plus
Le bovarysme est richement représenté en pathologie mentale par les délires, en particulier les délires de situation, mais, dans cet article, je n’envisage que les constitutions.
La constitution imaginative du mythomaniaque est, au premier chef, imprégnée d’un bovarysme, que l’on peut dire primitif.
Les constitutions paranoïaque, schizoïde et anxieuse réalisent un bova-
Le paranoiaque, comme l’a vu Génil-Perrin, méfiant, redoutant les embûches de l’entourage, s’isole dans son moi que son orgueil pathologique fait aussi glorieux que possible.
Le schizoïde a perdu le contact du réel ; chez lui plus que chez les autres- sujets, le rêve est une compensation (Claude, Borel et G. Robin).
Enfin, l 'anxieux, hésitant, douteur, scrupuleux, pessimiste, redoutant l’action par peur de l’effort est l’un de ceux pour qui le mirage bovaryque est un refuge nécessaire.
L’étude de deux malades complète cette étude un mythomane, un anxieux. Ce dernier a écrit une importante auto-biographie.
Syndrome de Korsakoff
chique, proclame l'injus
lytisme à outrance et le créateur ou le propagandiste de certai religieuses, de certaines théories utopiques, de quelques clubs dit d’un certain nombre d’œuvres qui font, un temps, beaucoup d
Le paranoïaque peut être amoureux comme les autres hom sa timidité souvent lui interdit de réaliser ses désirs et il por comme le poète :
Mais s’il ne dit pa
ont taire, le revendicateur, le processif, l’inventeur, mystique, le politique, 1 ’èrotomane et le jaloux. dont l’orgueil méfiant et le raisonnement taux vont
le type de la belle-mère, dont les auteurs comiques ont usé et abusé. De tels troubles du caractère, souvent durables indéfiniment, peuvent conduire à des excès regrettables, voir au meurtre de la bru, et je ne crois pas qu’en l’espèce, il soit nécessaire de faire intervenir un principe freudién, comme le fit à propos d’une affaire récente, dans un article d’ailleurs captivant, une psychanaliste au nom deux fois illustre.
A Y irritabilité et à la susceptibilité, il faut ajouter la mobilité, la malade passant successivement de la gaieté la plus insolite à la tristesse la moins motivée. A côté de cette instabilité de l’humeur, on peut noter une sorte d’instabilité motrice, qui fait que le sujet ne tient pas en place, va, vient, a, comme on dit vulgairement, des inquiétudes dans les jambes. Enfin la malignité n’est pas rare: calomnies, lettres anonymes, etc.
2° Etats anxieux. — Réduit au minimum, cet état, simple hyperémotivité, se traduira par une sensiblerie particulière, se manifestant par
Plus importants sont les troubles du type de l’obsession, parfois simples caprices rappelant les envies des femmes enceintes, plus souvent des doutes, des scrupules, des phobies, du type surtout hypocondriaque, enfin des impulsions: dipsomanie, boulimie, pyromanie, coprolalie, impulsions au meurtre, au suicide, et, quoi qu’on en ait dit, kleptomanie.
Je rattache aux états anxieux certaines idées de persécution, basées sur des interprétations, et en particulier des idées de jalousie, fréquentes, mais, il faut l’avouer, souvent justifiées, à l’époque de la ménopause.
Enfin, il faut signaler comme particulièrement importantes, les préoccupations hypocondriaques soùs forme de nosophobies, de cénestopathies, voire d’idées délirantes. L’hypocondrie est souvent d’ailleurs justifiée ici par une base organique : bouffées de chaleur, vertiges, somnolence ou insomnie, céphalée, rachialgie, névralgies et tous les troubles céhesthésiques susceptibles d’interprétations. L’idée délirante de grossesse n’est pas exceptionnelle.
3° Troubles sexuels. — Dans des cas rares, la disparition de la fonction génitale s’accompagne de répulsion pour le mari, ce qui, on s’en doute, peut provoquer, une certaine perturbation dans la vie conjugale. Cette éventualité a été reproduite expérimentalement par le professeur Shickelé, qui, chez des femelles castrées, a noté la répulsion pour le mâle. Le plus souvent, cette répulsion fait défaut chez la femme: il y a seulement indifférence, origine d’une tristesse dit e sexuelle, d’après Maranon. J’avoue
Je conçois qu’un désir non réalisé soit une cause d’affliction, mais non l’absence d’un désir. Je sais bien qu’on m’objectera que la femme devenue frigide ne renonce pas de gaieté de cœur à l’ensemble des , avantages mondains qui accompagnent le plaisir sexuel; mais en quoi sa seule indifférence l’oblige-t-elle à ce renoncement? La femme, plus fortunée que l’homme, n’a pas à murmurer avec le patriarche du poète ces mots nostalgiquement évocateurs des paradis perdus; « Quand on est jeune, on a des réveils triomphants! »
Plus importante et combien plus grave est Vhypersexualité de la ménopause.
L’étiologie des psychoses puerpérales tient dans ces quatre termes : chocs émotifs, épuisement, infection, intoxication, avec comme syndrome mental, la confusion mentale. La prédisposition, dans cette éventualité
maître Gilbert-Ballet.
« Il n’y a pas de psychose puerpérale, disait Gilbert-Ballet, il y a des psychoses puerpérales. »
Je ne crois pas trahir la pensée de mon maître, mais la préciser en
« Il n’y a pas une psychose' puerpérale,. il n’y a pas des psychoses puerpérales, il n’y a pas de psychose puerpérale. »
En effet, la manie, la mélancolie, l’obsession peuvent apparaître en dehors de la puerpéralité, sous une influence quelconque et sans influence,
Médical. 1924 (87).
Dans ces deux derniers travaux, comme dans mon « Précis de Psychiâtrie '» et dans mes leçons sur les délires, j’insiste sur la possibilité même à la période d’état, ce qui est exceptionnel, de la conservation de l’auto-critique. Dans des cas exceptionnels aussi, les réactions biologiques
Dans ces articles j’écrivais enfin à propos de l’incurabilité de la paralysie générale :
Actuellement, il semble que ce pessimisme soit moins général ; certains auteurs et, parmi eux, Milian et Sicard, Rogues de Fursac, etc., traitent les paralytiques généraux et, sans attester de guérison absolue, affirment chez quelques malades, même à la période d’état, avoir vu le processus s’arrêter.
N’est-on pas en droit de penser que, si l’on traitait ces malades de façon précoce, on parviendrait parfois peut-être à les guérir.
Mais encore faut-il reconnaître de bonne heure la manifestation d’ordre syphilitique susceptible de conduire à cette fin.
Depuis l’époque où j’écrivais ces lignes, la thérapeutique de la paralysie générale a fait les progrès que tout le monde sait. L’active propagande faite par le Professeur Claude en faveur de la malaria-thérapie, aura, nous l’espérons, une influence bienfaisante pour le pronostic d’une maladie trop longtemps considérée comme d’une inexorable évolution.
Démence précoce
Considérations sur l’état démentiel dans la démence précoce. En collaboration avec M. le Professeur Claude. — Société de Psychiâtrie. 1910. (28).
aits en apparence contradictoires, i à la schizophrénie, ou même la simple rencontre des
Kahlbaum peut se terminer ou non par la démence. Tant que la première éventualité n’est pas réalisée, on n’est pas en droit de parler de démence hébéphrénique ou catatonique, mais seulement d’hébéphrénie, de cata-
Nous 'ne sommes plus surpris, désormais, des guérisons et des récidives. Le processus, peut-être endotoxique, de l’hébéphrénie, de la catatonie, du délire, a troublé le dynamisme cellulaire cérébral temporairement, et la même cause peut plusieurs fois reproduire le même effet (récidives), puis quand la cellule est atteinte définitivement, usée peut-être, c’est la démence.
La précocité de la démence tient sans doute à une fragilité cérébrale particulière; mais il y a des degrés à cette fragilité, lé cerveau résistera donc plus ou moins longtemps, selon les circonstances. Reste à expliquer
lorsqu’il arrive à un degré très élevé, il semble au malade que le monde réel s’est complètement évanoui, a disparu ou est mort et qu’il ne reste plus qu’un monde imaginaire au milieu duquel il est tourmenté de se
Croire que l’on est dans un monde imaginaire, n’est-ce pas nier le monde réel? Combien de fois, lorsque nous rêvons, n’avons-nous pas conscience de l’irréalité, de la fantasmagorie du rêve. Le mélancolique est dans le même cas; mais s’il croit que ce qui l’entoure est Action et rêve, de ce rêve il pense ne jamais sortir.
D’ailleurs, chez le mélancolique, il y a un autre processus plus important, l 'humeur négative, que nous retrouverons, car elle Axe là négation subjective comme l’objective.
Avant d’aborder l’étude pathogénique des idées de négation subjectives, traduction d’un sentiment de désagrégation de la personnalité, il
ment de la personnalité.
« L’objet de l’idée qui constitue l’âme humaine, écrit Spinoza, c’est le corps, rien de plus'. »
C’est la même opinion qu’exprime Ribot. « C’est dans les phénomènes les plus élémentaires de la vie qu’il faut chercher les éléments de la personnalité. »
Ces phénomènes de la personnalité arrivent à la conscience par la sensibilité commune appelée dès 1840 par Henle cénesthésie.
La croyance en une cénesthésie bien qu’un tantinet mystérieuse, est plus satisfaisante pour expliquer la notion que nous avons de notre personnalité, que l’hypothèse de Jouffroy, admettant que nous connaissons
La cénesthésie est vraisemblablement localisée dans le sympathique, elle puise ses renseignements dans les viscères, dans les muscles, dans la peau, partout où est la vie végétative.
Cénesthésie et délires. — Semaine des Hôpitaux. 1929 (162).
La cénesthésie a pour appareil nerveux le sympathique; la cénesthésie, a-t-on dit, est la conscience du sympathique. C’est une conscience d’ailleurs très spéciale, car son devoir strict est de demeurer dans l’inconscient. On peut, à U état normal, assigner trois rôles à la cénesthésie :
a) Rôle régulateur du tonus affectif ;
b) Rôle identificateur de la personnalité;
Sur le terrain morbide les troubles vont atteindre aussi les trois fonctions :
a) La régulation de l’affectivité est perturbée avant tout dans la manie et la mélancolie, psychoses essentiellement affectives. Est-il besoin de rappeler les délires expansifs du maniaque, les délires dépressifs du mélancolique ? Bien plus, la perversion d’un tonus affectif exagéré fait naître Y anxiété, cette émotion d’attente dont les innombrables aspects englobent la presque totalité de la pathologie mentale.
b) Le sentiment de la personnalité peut être troublé par transformation ou par dédoublement. Acceptons, pour plus de netteté, sous les réserves précédentes, la dualité de la personnalité; mnésique ou spirituelle, cénesthésique ou organique, et nous aurons schématiquement les éventualités
1° La transformation de la personnalité peut porter sur le pôle spirituel ou sur le pôle organique. Au premier groupe appartiennent ce que je propose d’appeler délires de situation (délires de grandeur, de filiation, etc.). Au deuxième groupe les délires métaboliques: la femme de Loth se voit transformée en statue de sel, la malade de Vurpas est muée en une femme de fer. Nabuchodonosor se figurait dans la peau d’un bœuf, les lycanthropes jadis, épouvantèrent la campagne. J’ai dit, d’ailleurs, le délire métabolique des Richelieu et des Condé.
2° Le dédoublement de la personnalité,peut résulter aussi de l’évasion par l’un ou l’autre pôle: si c’est le pôle spirituel on a affaire aux mystiques, visionnaires, qui sont souvent des hystériques; si c’est le pôle orga-
colie, psychasthénie et neurasthénie, végétations morbides d’un même terrain: l’anxiété.
Troubles de l’identification
Illusion des sosies. En collaboration avec M. le Professeur Claude et • M. Scheff. — Société de Psychiatrie. 1929 (159).
Méconnaissance et fausses reconnaissances. — Semaine des Hôpitaux.
Illusion des sosies. — Gazette des Hôpitaux. (Sous presse ) (168).
Idées de négation. — Semaine des Hôpitaux. 1929 (161).
Fausses reconnaissances, illusion des sosies, méconnaissance, idées de négations, tels sont les syndromes dont j’entreprends la sommaire description; syndromes vraiment disparates, direz-vous justement; j’ajouterai: syndromes apparaissant au cours des maladies les plus disparates.
Cependant, ce groupement n’est pas, de ma part, un simple caprice,
Dans toute reconnaissance existent donc deux images, l’une présente, actuelle,, perçue et enregistrée, Vaperception doublant, complétant, intellectualisant la perception, l’autre passée, évoquée, surgissant du snbcons-