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PHYSIOLOGIE

l'2° Recherches sur le système nerveux. — Partie physiologique.

Dans le domaine des faits purement physiologiques, l’auteur met à contribution les données anatomiques de. ses précédents travaux sur l’organisation des centres nerveux, et déduit le rôle des différents appareils examinés, des connexions intimes qu’ils affectent les uns par rapport aux autres.

Ces travaux physiologiques sont exposés dans la seconde partie de ses Recherches anatomiques , physiologiques et pathologiques sur la structure du système nerveux cérébro-spinal.

C’est ainsi qu’après avoir esquissé les connexions des fibres blanches cérébrales avec les différentes régions de l’écorce cérébrale et les noyaux centraux opto-striés, il arrive à montrer que les mêmes fibres blanches qui servent à conjuguer l’une avec l’autre deux régions d’activité nerveuse se trouvent, par suite de cette disposition, avoir pour fonction de les conjuguer entre elles au point de vue dynamique, et de servir de voies de propagation aux courants nerveux, allant soit de la périphérie corticale aux régions centrales, soit inversement des régions centrales vers cette même périphérie corticale.

11 est arrivé en même temps à fournir des idées nouvelles au sujet du rôle des couches optiques dans leurs rapports avec les impressions sensorielles, et en se servant des faits empruntés à l’anatomie patho-

logique et à l’anatomie comparée, à montrer, le premier en France à une époque où tout n’était encore que confusion et incertitude au sujet de l’organisation de ces noyaux gris, qu’elles servaient décentres de réception pour les différentes catégories d’impressions sensorielles;— qu’elles étaient le lieu de passage et de concentration pour les impressions périphériques avant leur irradiation définitive vers les différentes circonscriptions de l’écorce cérébrale; et qu’en somme elles jouaient, comme un véritable ganglion conglomère placé sur le parcours d’un courant nerveux, le rôle d’un appareil de concentration et de transformation.

D’après cet exposé, l’auteur arrive donc à admettre que les couches optiques jouent un rôle considérable dausles différentes périodes de la transmission des impressions de la sensibilité générale et spéciale; qu'elles reçoivent et animalisent en quelque sorte les incitations sensorielles, et ne les dardent vers les différentes régions de l’écorce cérébrale qu’après leur avoir fait subir leur action métabolique propre.

On comprend ainsi que si les couches optiques sont les seules portes ouvertes par lesquelles passent les incitations du monde extérieur avant de remonter au sensoriwn, quel rôle important elles doivent jouer dans l’évolution des phénomènes hallucinatoires (1).

L’auteur, à propos des hallucinations, a incidemment formulé une théorie physiologique nouvelle, et sa théorie a d’une part le mérile d’être en accord avec les faits connus auxquels elle fournit une explication rationnelle, et, d’antre part, de s’appuyer sur des données physiologiques positives.

L’auteur a montré encore dans cette partie physiologique que le corps strié était un appareil exclusivement en rapport avec les phénomènes de la motricité et qu’il jouait, vis-à-vis les incitations irradiées des régions psycho-motrices de l’écorce cérébrale, le rôle d’un

(1) Voir à ce sujet la thèse inaugurale du docteur Ritti, qui a repris la question des hallucinations, dans son ensemble, et l’a enrichie d’un grand nombre d’observations personnelles.

véritable appareil de renforcement, destiné à transformer l’incitation primitive psycho-motrice en incitation purement spinale.

Dans cet ordre de phénomènes il a montré le premier qu’il existait un ordre spécial de fibres nerveuses à direction convergente servant à relier les différents centres psycho-moteurs de l’écorce cérébrale aux différents territoires satellites du corps strié (fibres cortiço-striées figurées planche 3 ta 2 et suiv. de l’iconographie photographique). Sous ce rapport, il n’a fait que devancer les découvertes de la physiologie expérimentale, qui, en montrant qu’il y avait dans l’écorce cérébrale des régions inégalement excitables, des centres psycho-moteurs tenant sousleur dépendance la motricité de tel ou tel département du système musculaire, ont donné gain de cause aux idées émises précédemment par lui, ainsi qu’aux démonstrations anatomiques qu’il avait fournies.

Enfin, il a précisé d’une façon toute spéciale, ainsi que Flourens l’avait déjà indiqué, l’importance considérable que prend l’influx irradié du cervelet dans les actes complexes et synthétiques de la motricité. — Il a montré que le cervelet, véritable appareil générateur d’une force sténique spéciale incessamment produite, concourait d’une façon efficace, comme composante indispensable, dans la série infinie des opérations dynamiques de l’organisme vivant; — que cette innervation spéciale sous-jacente à toutes les opérations de la motricité consciente et inconsciente se dépensait incessamment en nous, à notre insu, d’une façon harmonique; —qu’elle était également répartie à l’état normal dans chaque côté du corps, et que de cette heureuse répartition résultait la force, l’énergie et la continuité de nos actes moteurs.—11 a ainsi corrélativement montré que c’était la même force nerveuse, les courants d’innervation cérébelleuse qui , irrégulièrement répartis dans les régions spéciales où ils vont se déverser, déterminaient suivant les modalités diverses de leur distribution, tantôt des phénomènes convulsifs, tantôt des phénomènes de tremblement, des chorées, des paralysies agitantes, et toute cette série de manifestations morbides qui sont réunies par ces caractères communs, si caractéristiques, d’être inconscientes et complètement soustraites à l’empire de la volonté.

13° Structure et fonctions du cerveau.

(Volume de 300 pages, avecplanches intercalées dans le texte, Bibliothèque scientifique internationale. Paris, Germer Baillière, 1876.)

Dans cette dernière publication, qui représente la synthèse générale des idées de l’auteur sur l’organisation et les fonctions du cerveau, il aborde, en s’appuyant sur ses dernières recherches et les données les plus récentes de la physiologie contemporaine, l’étude des problèmes si obscurs et en même temps si intéressants des opérations du cerveau considéré comme appareil de l’activité psycho intellectuelle proprement dite.

L’auteur, après un résumé rapide des moyens d’étude employés pour arriver à pénétrer les détails de la structure de l’appareil cérébral, et avoir exposé le plan de ses méthodes d’investigation, donne tout d’abord une description complète des éléments de l’écorce. 11 décrit la répartition, les connexions, les anastomoses des cellules cérébrales, soit entre elles, soit avec les fibres nerveuses;—il donne ensuite un résumé rapide des dispositions générales des masses de substance grise et de substance blanche qui constituent le cerveau dans son ensemble, et, après avoir ainsi établi d’une manière fixe ses bases d’opération, déduit les conséquences physiologiques et dynamiques des instruments dont il a esquissé la structure.

Ainsi, après avoir reconnu que l’écorce cérébrale est constituée par des zones de petites et de grosses cellules, régulières, juxtaposées les les unes au dessus des autres, il arrive à admettre, en voyant des équivalences physiologiques là où il trouve des équivalences morphologiques, que dans le cerveau comme dans la moelle, les régionsoccupées par des petites cellules sont des régions en rapport avec la sensibilité, et que les régions occupées par des grosses cellules sont en connexion avec les phénomènes de la motricité.

C’est ainsi qu’il est amené à dire qu’il y a dans l’écorce cérébrale

toute une région spéciale destinée à servir de sphère de dissémination pour les impressions sensitives de toute espèce qui vont se disperser dans sa trame, et que cette région mère de l’écorce devient ainsi le vaste réservoir commun de toutes les sensibilités partielles de l’organisme amorties dans ses réseaux et, par suite le véritable sensorium commune. — C’est ainsi que les régions purement motrices (centres psycho-moteurs) représentées par les zones des grosses cellules profondes se trouvent associées à travers l’intimité de la trame corticale aux régions mères du sensorium , et constituent une série d’appareils sensitivo-moteurs, conçus sur le même plan que les appareils homologues de la moelle épinière. C’est ainsi qu’il est amené à donner d’une façon synthétique une formule générale des opérations de l’activité psycho-intellectuelle, et à dire, qu’au fond de toute manifestation extrinsèque par laquelle cette activité se révèle, il y a toujours comme élément incitateur au début, un ébranlement de la sensibilité présente ou passée qui est l’agent premier moteur de l’acte qui évolue, et qu’en un mot tout acte de motricité irradié du cerveau n’est toujours plus ou moins qu’un phénomène de sensibilité transformée.

Après avoir ainsi envisagé l’enchaînement des opérations de l’activité psycho-intellectuelle, l’auteur passe rapidement en revue les propriétés générales des éléments nerveux considérés comme individualités anatomiques vivantes. - 11 montre qu’ils sont sensibles, qu’ils emmagasinent en eux-mèmes et retiennent pendant un certain temps le trace des ébranlements qui les ont mis en vibration, comme deslueursde phosphorescences organique,— qu’ils sont doués d’automatisme, c’est-à-dire de réactions spontanées.

Ces propriétés différentes des éléments nerveux, la sensibilité, la phosphorescence organique, l’automatisme, sont étudiées d’une façon originale au point de leur genèse et de leur évolution, soit dans la série des êtres vivants, soit chez l’individu isolé. Elles sont ensuite passées en revue sous le rapport de leurs différentes modalités, et envisagées chemin faisant au point de vue des perturbations fonctionnelles qu’elles peuvent présenter.

A propos de la sensibilité et de ses différentes manières d’être, l’auteur aborde la question de la physiologie de la douleur, celle de l’anesthésie, et incidemment touche à celle des conditions pathogéniques de la douleur morale.

Dans un chapitre suivant, il signale les différents troubles de la mémoire, les formes de l’amnésie, et fait voir ainsi l’importance fondamentale de la mémoire dans l’ensemble des phénomènes de la vie psycho-intellectuelle. Enfin, à propos de l’automatisme, il montre combien une grande classe de phénomènes morbides de la pathologie mentale, les impulsions irrésistibles, les associations d’idées bizarres et involontaires, les délires partiels, sont tous réductibles à cette propriété élémentaire que possèdent les éléments nerveux de se mettre motu proprio en activité.

Dans la seconde partie de ce travail, l'auteur, après avoir formulé des propositions préliminaires, pénétrant de plus en plus dans le cœur de son sujet, arrive à aborder directement certains problèmes de l’activité psycho-intellectuelle.

Après avoir montré, ainsi qu’il a été dit précédemment, que la plupart des incitationsmotrices irradiées du cerveau n’étaient queleseffets en retourd’un phénomène de sensibilitétransformée, il montre quel rôle prépondérant sont appelés à jouer, dans l’ensemble des manifestations cérébrales, les ébranlements irradiés du monde extérieur ; — que ce sont eux qui sont par ordre hiérarchique et chronologique les véritables aliments de la vie psycho-individuelle, — qu’ils sont concentres-dans une région spéciale, anatomiquement démontrable, la région du sensorium commune , et que c’est de là qu’ils sont exportés au dehors, soit à l’état d’incitations récentes, soit à l’état de vibrations anciennes et persistantes, pour aller se révéler au dehors, soit sous forme de manifestations orales, soit sous forme de manifestations écrites, soit sous forme de manifestations de motricité quelconque.

L’auteur montre ainsi le rôle prépondérant que joue la sphère du sensorium dans l’ensemble des manifestations extérieures de l’activité

cérébrale. Il faut voir comment cette sphère d’activité nerveuse, active à son tour, acquiert une participation incessante dans toutes les opérations si diverses qui s’accomplissent en nous; comment s’engendre et se conserve toujours vivante en nous la notion de notre personnalité consciente, — comment cette notion peut momentanément s’éclipser par le fait d’interruption des courants sanguins dans le réseau du sensorium , — et comment enfin le mécanisme de la perte de connaissance, certains phénomènes de somnambulisme, d’automatisme, trouvent, grâce aux données précédentes, une explication tout à fait rationnelle et physiologique.

Dans une dernière série de chapitres, l’étude de certaines manifestations de l’activité cérébrale, telles que l’attention, l’origine des idées, les phénomènes de la volition, l’enchaînement des actions motrices à travers l’encéphale sont successivement passées en revue.

L’auteur s’applique à montrer que l’étude de certains problèmes de l’activité cérébrale abandonnés trop facilement par les médecins aux mains de philosophes, doit être justement revendiquée par eux comme faisant partie intégrante de leurs études physiologiques, et comme constituant la base fondamentale de toute étude rationnelle des maladies mentales, et qu’enfin il appartient aux médecins de notre pays de s’avancer résolûment dans une direction scientifique déjà parcourue avec tant de succès par les médecins des pays étrangers.

1 h° Mémoire sur les corpuscules amyloïdes considérés comme productions normales à la surface de la -peau.

(■Mémoires de la Société de Biologie, 1858, avec planche.)

L’auteur, après avoir rappelé les travaux de Virchow et de Gaster sur la matière amyloïde, est amené à dire que cette matière, si fréquemment rencontrée à l’état normal dans les centres nerveux, se retrouve aussi normalement à la surface de la peau, dans la matière

sébacée, et qu’il suffit de racler légèrement l’épiderme dans certaines régions avec le dos d’un scalpel pour trouver un grand nombre de ces corpuscules amyloïdes.

Après avoir rappelé les précautions prises pour se garantir des causes d’erreurs inhérentes à l’étude du sujet, il passe successivement en revue les caractères physiques et chimiques de ces corpuscules amyloïdes, et les trouve en tous points semblables à ceux qui existent normalement dans certaines régions du système nerveux central.

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