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COMMENT CONCEVOIR L’ÉTAT PARKINSONIEN

'Nous avons été amenés, par les faits sus-mentionnés, à une conception toute personnelle des perturbations physiologiques que traduit la maladie de Parkinson

Nous avions d’ailleurs été frappés par l’insuffisance du concept classique de l’hyperlonie parkinsonienne (237).

N’avail-on pas donné comme caractères fondamentaux de la contraction tonique l'absence de fatigue et de dégagement de chaleur î Or ce singulier hypertonique, éternel fatigué, présente, on l’a constaté, une élévation de la température locale au niveau des muscles rigides.

Ce prétendu hypertonique a, de plus, des kinésies paradoxales. Mais que l’on ne s y trompe pas, le déterminisme étroit qui régit toute affection organique ne peut laisser

place a\i paradoxe. L’adoplion du terme » kinésie paradoxale « n’est en dernière analyse qu'un aveu de totale incompréhension des perlurhalions physiologiques qui tiennent sous leur dépendance l’état parkinsonien.

L’étude du méta'bolismc musculaire qui diftèrc de celui de l’hypertonie pyramidale incite encore à admettre que la rigidité parkinsonienne est un phénomène beaucoup plus complexe.

Voici brièvement résumée la conception â laquelle nous avons été conduit. •

L’état parkinsonien est avant tout un étal dystasique. Tout se passe comme si, le mécanisme de la stabilisation automatique du corps étant faussé, le malade devait se raidir pour veiller au bon maintien de sa statique {126-127-137).

L’homme normal n’agit pas autrement quand, incidemment, sa statique est en péril. Le test du poignet décèle en effet l'existence, chez le non parkinsonien en statique litigieuse, d'une rigidité de déséquilibre {130-132) s’accompagnant par instant de roue dentée (Î36). Dans ces circonstances, le normal immobilise les bras et inhibe les mouvements associés que ceux-ci exécutent pendant la marche lorsque la statique est aisée. Cette rigidité de déséquilibre, sur laquelle nous avons attiré l’attention, paraît .être l'équivalent physiologique de ta rigidité parkinsonienne (333).

Pour sauvegarder sa statique, debout comme assis, s’il n’est pas étayé dans les conditions voulues, ce dystasique qu’est le parkinsonien semble condamné à se maintenir en état de vigilance, à vivre en état de contraction semi-continue. L’intensité de cette contraction est liée d’une part au degré de l’état dystasique, d’autre part aux nécessités momentanées de la situation.

Un tel état, on le conçoit, est générateur de la fatigue. Il comporte, comme nous l’avons montré avec L. Velluz (339), un métabolisme musculaire très analogue à celui que Campbell et 'Webster, en particulier, ont trouvé chez te sujet normal se livrant à un exercice musculaire (contraction soutenue comprise). On conçoit fort bien aussi qu’il s’accompagne d’hyperthermie locale. Les prétendues o kinésies paradoxales » ne sont enfin que logique statique (328).

N’y a-t-il pas à l’origine, chez ce prétendu hypertonique, fléchissement du tonus de la musculature statique dont le maintien à l’état normal se tait sans fatigue ? L’état de contraction musculaire semi-continu sus-mentionné n’a-t-il pas pour fonction d’exhausser le niveau du tonus de la musculature statique tout comme on exhausse le tonus de la musculature générale (l’exaltation de la réflectivité en fait foi) par la manœuvre de Jendrassikl

Quoi qu’il en soit force est bien de reconnaître que si la solution classique apportée au problème parkinsonien, laissait de côté nombre de données, celle que nous venons d’esquisser rend assez bien compte de la complexité des faits ; elle n’omet, en tout cas, aucune des données jusqu’ici énoncées.

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