CONCEPTION NOUVELLE ET APPLICATIONS PRATIQUES
a) Le diagnostic des lormes frustes et iarvées.
Ces constalalions et cette conception nouvelles n’ont pas qu’un intérêt doctrinal; elles ont une portée pratique.
Elles permettent de fixer quelques unes des règles auxquelles doit se plier l’examen méthodique du parkinsonien 1141), lorsque, non content d’une simple impression, on veut étayer sur des bases objectives indiscutables le diagnostic de cette affection.
La notion de la variabilité de la rigidité parkinsonienne suivant l’attitude incite à recourir aux positions qui la renforcent dans le but de dépister plus précocement et plus sûrement les cas de parkinsonisme imsipien ou de parkinsonisme larvé. Le test du comptoir et le test de Romberg aggravé nous ont paru, à l’usage, les plus propices à celte recherche (voir p. 58 et 60).
On peut encore, nous l’avons fait observer, recourir aux mêmes tests pour aider au diagnostic souvent difficile et incertain de Y encéphalite léthargique fruste et larvée. On décèle en effet assez souvent chez les sujets atteints de cette affection, même à la phase précoce, une rigidité latente qui obéit aux lois de la rigidité parkinsonienne.
b) L’état parkinsonien est en quelque mesure justiciable de la prothèse.
Une connaissance approfondie des perturbations physiologiques qui commandent l’état parkinsonien peut seule conduire à une thérapeutique rationnelle.
On peut déjà entrevoir l’opportunité des phases de repos systématique (étendu, au calme, en position confortablement étayé) — véritables relais ou pauses qu’il convient de ménager dans la journée du parkinsonien, — conclusion que le fauteuil trépidant de Charcot ne taisait guère prévoir.
Le mode de decubitus, de même que le régime de ces malades, doit être minutieusement étudié pour remédier tant bien'que mal à l’accumulation des produits de fatigue qu’entraîne l’état parkinsonien et qui n’est peut-être pas lui-même sans effets nuisibles.
Enfin nos recherches nous ont amené à poser — ce qui n’avait pas encore été fait — et à aborder le problème de la prothèse du parkinsonien (14S). N’était-ee pas la conclusion normale, la sanction pratique de nos recherches et, qui plus est, un excellent procédé de vérification?
Deux moyens s’offraient pour alléger la statique : — 1“ l’élargissement du polygone fie sustentation par modification des semelles et des talons ; — 2” l’adoption d’un tuteur dorsal.
D’emblée, nous avons pu constater l’efficacité d’un bon soutien dorsal. Sa mise au
point définitive, on peut’ déjà l’affirmer, fera faire un pas à la thérapeutique du parkinsonien. Non seulement celui-ci accuse de ce chef un mieux-être réel et durable, mais on constate encore les modifications objectives suivantes : — la marche devient plus dégagée — le mouvement automatique du bras reparaît parfois, — le test du poignet décèle en toute attitude une rigidité moindre.