DU MODE D’ACTION DE L’HYOSCINE. SES EFFETS DYNAMOGÉNIQUES
C’est à cet ordre de recherches que se rattachent celles qui ont trait encore à l'action dynamogénique de l'hyoscine.
L’étude de cette propriété de l’hyoscine — que nous avions mise en évidence avec P. Delore (144-145), — a été reprise par Juill.vrd dans une thèse faite sous l’inspiration du Professeur Morel et de nous-même. Les 7 courbes dynamométriques qui y figurent (nous en reproduisons 2, PI. XXIX) ont trait à des parkinsoniens de notre service de l’Hôtel-Dieu, longuement suivis.
Voici comment nous avons été amenés à faire cette constatation imprévue. L’étude attentive de cas de dysbasia lordolica, nous ayant amené à lu conviction que souvent, en pareil cas, la torsion ne dépendait pas d’un spasme, mais bien de l’insuffisance de l'un des systèmes musculaires chargé de collaborer à la statique, une objection se posa de suite à notre esprit. L’efficacité de l’hyoscine, considérée jusque là comme médication sédative et dépressive, ne contredisait-elle pas les conclusions auxquelles nous avait conduit l’analyse clinique et physiologique de ces déformations ?
Il nous fut, au contraire, facile de constater que dans la dysbasia lordolica les muscles jugés par nous déjieienls étaient neltement stimulés par injeelion d'hyoscine et que le dynamomètre décelait de même, chez le parkinsonien (passé la phase confuse qui s’accompagne assez souvent d’ailleurs de trépidation épileptoïde), un accroissement de force notable. Celui-ci s’accuse encore lorsque l ’injection d’hyoscine est faite quotidiennement, si bien que l’on voit peu à peu s’élever la courbe dynamométrique.
Ce n’est pas par action sédative mais bien plutôt par doping que l’hyoscine remédie àl’état parkinsonien. Le parkinsonien, nous l’avons vu, tout raide qu’il soit, n’est pas un hypertonique mais bien un sujet condamné à vivre en état de contraction semi-perma-. nente pour sauvegarder sa statique. Le tremblement parkinsonien homologue du tremblement physiologique de fatigue, paraît être surtout l’expression de la dérégulation des centres réglant le tonus des membres et du fléchissement de certains d’entre eux. Il ne faut pas s’étonner dès lors que l’hyoscine en « dopant » le parkinsonien puisse pour quelques heures le délivrer de sa raideur, de son tremblement, do sa fatigue, alors que les hypertoniques proprement dits y recourent sans aucun bénéfice.
Il convient de remarquer en terminant, le Professeur Morel nous le faisait observer,! qu’hyoscine ou scopolamine peuvent être chimiquement rapprochées de la cocaïne qui (anesthésique ou poison convulsivanl suivant les doses) est mise à contribution dans les