IV. UREMIE - DIABETE
A) Urémie.
r TAUX DE L’AZOTE URÊIQUE CONTENU DANS LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
Le liquide céphalo-rachidien des urémiques contient des quantités notables d’urée. Cette particularité chimique tort intéressante signalée par Achard, Loeper et Lauhry, et par Dircken, étudiée plus complètement dans les mémoires de Widal et Froin (1904) et de Carrière (1905), a été de notre part lohjet de recherches spéciales que nous avons faites avec Mollard (208).
a) Taux normal.
Il est difficile en clinique de se placer dans des conditions rigoureusement physiologiques. On peut admettre qu'à l'état normal, la quantité d’urée contenue dans le liquide céphalo-rachidien est pratiquement négligeable. Les recherches de Mestrezat portant sur trois cas de liquide céphalo-rachidien rigoureusement normaux pusqu’ils étaient prélevés au cours de rachianesthésie pour saphénectomie, sont venues depuis confirmer cette impression en décelant des taux de 0 gr. 038 à 0 gr. 097.
b) Taux de l’urée céphalo-rachidienne dans les états pathologiques.
L'examen du tableau où nous avons groupé tous les cas publiés au moment où parut notre second mémoire (209) permet de se rendre très exactement compte des limites dans lesquelles on peut considérer l'élévation du taux de l’urée comme pathognomonique de
Dans tous les états pathologiques ne comportant pas d’altération rénale, la quantité d’urée contenue dans le liquide céphalo-rachidien oscille le plus souvent entre 0 à 0 gr. 16 et n’alleint jamais 1 gramme pour 1000, tandis qu’elle oscille dans l’urémie nerveuse entre 1 gramme et même le pins souvent 1 gr. 50 et 4 gr. 50.
Lorsque le taux de l’urée atteint ou dépasse 4 grammes, on peut affirmer l’urémie pure ou associée, et, s’il s’agit de néphrite chronique, prévoir une échéance prochainement fatale.
Ces conclusions sur la signification de la rétention uréique céphalo-rachidienne se superposent très exactement aux conclusions de Widal s\ir la signification de la rétention uréique sanguine.
11) Diabète
r COMA DIABETIQUE ET RETENTION DE CORPS AZOTES
MM. Hugounencq et Morel, dans leur rapport du XII” Congrès français de Médecine sur la chimie du coma, ayant tait la critique de la thèse qui attrihue les accidents comateux aux corps acétoniques et développé tous les arguments qui plaidaient en faveur d'une intoxication par des corps azotés dérivés du métabolisme vicié des albumines et différents de l’urée, il nous a paru intéressant de rapporter avec eux (828) à litre documentaire les résultats de l’analyse des humeurs d’un sujet, qui présentait un coma diabétique
Les troubles de la nutrition portaient non seulement sur le métabolisme des graisses, et sur celui des hydrates de carbone, mais aussi sur l’utilisation des corps azotés.
L’abaissement du coefficient azoturique, manifeste pour l’urine et pour le sang, était surtout important dans le liquide céphalo-rachidien. Comme sa signification est d’indiquer la présence d’un excès de corps azotés différents de l’urée, il peut être considéré comme un argument en faveur de la rétention de ces substances avec localisation dans un liquide
Celle rétention peut jouer un rôle dans la production des phénomènes d’intoxication nerveuse. Certes, le chiffre d’azote résiduel (0 gr. 20) qui la décélait dans le liquide céphalorachidien n’élail pas considérable, mais il s’agissait, il ne faut pas l’oublier, d’azote répondant à des corps différents de l’urée et beaucoup plus toxiques.
2“ CONVULSIONS ACETONEMIQUES
Lecorché, Naiinyn considéraient comme établi que le vrai coma diabétique, le coma dyspnéique acidosique ne s’accompagnait pas de manifestations épileptiformes. Ils admettaient que l’existence de phénomènes cônvulsifs constituait un argument de grande valeur en faveur de la nature urémique et non diabétique d’un coma.
Un assez grand nombre d’observations de convulsions nerveuses survenues chez des acélonémiques comateux ou non comateux avaient été cependant publiées ainsi que quelfiiies faits expérimentaux de convulsions par injections de corps acétoniques. Nous avions eu noiis-même l’occasion d’ob.server et de publier avec Santy (825) un cas de convulsions épileptiformes survenues chez un diabétique acélonéraique. Il y avait donc lieu de faire une étude critique de tous ces faits cliniques ou expérimentaux pour établir si la loi formulée par Lecorché cl Naunyn devait ou non être mainlenuc dans toute sa rigueur 1885-226-227)
de lésions
La coexistence de phénomènes paralytiques doit faire soupçonner l’existence encéphaliques.
Les caractères mêmes des convulsions ne permeltenl pas de distinguer les convulsions acétonémiques des convulsions urémiques. Les symptômes cliniques qui accompagnent le coma — le myosis, la dyspnée type Cheynes-Stokes ou type Kussmaul, l’alhuminurie, la cylmdrurie meme — ne constituent pas des signes d'une valeur absolue. L’examen chimique du liquide céphalo-rachidien avec recherche des acides acétoniques (Mr.strez.\t) et des corps azotés non uréiques (Hugounencq et Morel), doivent pouvoir aider au diagnostic de l’intoxication diabétique, mais il n’a été encore fait dans un aucun cas de convulsions dites acétonémiques. Par contre, on peut dès à présent affirmer que la recherche du taux de l’urée céphalo-rachidienne permet d’éliminer avec certitude l’urémie associée.