‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 8 sur 29 · IV. MOELLE EPINIERE · texte numérisé non relu

IV. MOELLE EPINIERE

A) Arthropathies ayrlngomyéliques et tabétiques. Troubles sympathiques associés.

Les troubles sympathiques associés aux osléo-arlhropalhies syringomyéliques et tabétiques, sur lesquels nous avions attiré l’attention avec le Professeur Patel à propos d’un

cas de fracture spontanée syringomyélique (65), — que nous avons retrouvé avec f .avek- NiEK dans un cas de même ordre (69) — ont été depuis étudiés systématiquement par nous avec P. Exaltier (74) qui y a consacré sa thèse.

Dans les arthropathies unilatérales (les seules donl, à cet égard, on peut tenir compte, car seules elles permettent une comparaison), nous avons mis en évidence lés troubles sui-

a) des asymétries vaso-motrices — de formule parétique (amplitude oscillatoire augmen.

B) Hématomyélies provoquées par éclatement d’obus sans traumatisme apparent.

Le problème qu’ont posé pendant la guerre les troubles nerveux provoqués par l’éclatement d’obus à courte distance, sans traumatisme apparent, s’éclaire lorsqu’on rapproche ceux-ci des faits cliniques et expérimentaux qu’a groupés et synthétisés la monographie du Professeur J. Léplme consacrée à l’étude de l’Hémntomy.'qte

Le câs de paraplégie par déjlagralion d'obus que nous avons publié, ayant été observé vingt-quatre heures après le traumatisme, à notre ambulance de triage où il tut amené, puis suivi par nous 6 mois, jusqu’à guérison presque complète, constitue un document assez exceptionnel qui permet de fixer étapes par étapes la sémiologie de telles paraplégies (63).

Les caractères du liquide céphalo-rachidien (hémorragie cytologique, albuminorachie), l'atrophie et l’hypoexcitabilité électrique musculaire de l'un des membres intérieurs ainsi que l'exagération tardive du réflexe rotulien correspondant, permettaient d'en affirmer l'organicité.

Or, l'anesthésie affeeta, pendant les premiers jours, le type segmentaire le plus pur et le plus franc, sans rien dans la disposition de cette anethésie (limites ou variation d'intensité) qui püt faire soupçonner l'évolution ultérieure vers le type radiculaire. Il y a donc, quoi qu'on ait dit, quelque vérité dans le dogme médical ancien qui attribuait à l'hématomyélie des troubles de la sensibilité du type segmentaire. On ne saurait cependant, étant données les modification évolutives de cette anesthésie, y voir un argument en faveur de la théorie de la métamérie sensitive médullaire.

De cette paraplégie, on peut rapprocher une observation d’atrophie musculaire dont l’apparition fut aussi consecutive à la déflagration d’un obus sans traumatisme apparent, et que nous avons relatée avec A. Leri et MAii.tn (64).

C) Radio-diagnostic rachidien lipiodolé et radiographies en séries.

Tumeurs intra-médullaires et extra-médullaires.

SiCAHD nous a doté d’un remarquable procédé d’investigation, l’exploration lipiodolée de la cavité céphalo-rachidienne. Il convient de s’attacher à en bien connaître toutes les particularités. Nous avons montré, avec J. Dechaume et Japiot, l’iritérêt qui s’attachait à l'étude des radiographies en séries (72).

La pratique des radiographies en séries après injection lipiodolée a été retenue par le Professeur Achahp (Paraplégies spinales par compression. Diagnostic des compressions médullaires. Mal de Pott de l’adulte. Progrès Médical, 10 Mai, 21 Juin et 19 Juillet 1924, p. 379) et par Egas Moms (Compressoes intra-raquidias e a prova lipiodola de Sicard, Lisboa, 1925).

Rapprochant constatations cliniques, radiographies en séries et constatations anatomiques, dans deux cas minutieusement étudiés, nous avons montré que l’étude, de la forme de l’index lipiodolée (en vue antéro-postérieure et latérale) et des modifications qu'il subit dans les jours qui suivent l’injection ou encore dans la position de Trendelenburg, — en un mot l’étude attentive du mode de cheminement et de stagnation du lipiodol paraissait susceptible d’apporter un appoint utile au diagnostic du siège intra-médullaire ou extra-médullaire de la tumeur.

Dans l’Importante monogaphie qu’il a consacrée au radio-diagnostic des affections intra-rachldiennes par le lipiodol sous-arachnoïdien (Thèse de Paris, 1924, pp. 136-140), L. Laplane, élève de Si- CABD, admet aussi, en se basant sur les images d’ailleurs différentes mais bien spéciales de deux cas (dont le nôtre a été le premier publié) que les conditions de chute .du lipiodol en cas de tumeurs intra-médullaires sont différentes de ce qu’elles sont dans les tumeurs extra-médullaires, et presque caractéristiques.

Nous avons relalé, avec le Professeur Bérard (76), l’obscrvalion d’une malade qui, à la suite d’une chute sur te siège, présentait de violentes douleurs irradiées dans l’un des membres inférieurs sans autre signe objectif qu’une abolition du réflexe achijléen correspondant et qu’un point douloureux fixe paravertébral sur les cOtés des 3” cl 4' apophyses épi- | neuses lombaires. j

En décelant un, arrêt fixe à l’extrémité supérieure du corps vertébral de L'" les radiographies en série après injection de lipiodol permirent d’affirmer l’existence d’une compression 1 intraebidienne; conclusion que l’examen neurologique seul ne suffisait pas à légitimer. ' L’intervention chirurgicale mit fin aux douleurs en perméllant l’ablation d’un kyste hémorragique et 14 mois après l’opération, il ne subsistait qu’un certain degré d’hyperes- j Ihésie. I

Les données dues à l'exploration lipiodolée (avec radiographies en série) — et dans un ‘ de nos cas les constatations faites par Lericüe (tumeur appendue à la 3' racine lombaire) au cours d’une intervention dont les résultats lurent non moins décisifs, — et dans un autre (75) les données de la vérification, turent tout aussi exactement superposables. 11 en était de même dans plusieurs autres observations non encore publiées.

D) Cheiromégalies syringomyéliques.

Deux observations de cheiromégalies syringomyéliques ont été étudiées par nous avec Japiot et A. JossER.AND (72), aux points de vue clinique et radiographique. Elles ont été le point de départ d’une étude d’ensemble de cette singulière déformation que caractérise un aspect massif et démesuré de la main, etudo qui tut l’objet do la thèse de A. Josser.vnd.

Cette hypertrophie, non accompagnée d’œdème, peut, suivant les cas, porter uniquement sur les parties molles ou intéresser tous les éléments constitutifs de la main, y compris le squelette. Les altérations en sont complexes : augmentation de volume, accentuation des saillies épiphysaires des phalanges, décalcification des os du carpe, fractures spontanées, résorptions phalangiennes.

C'est surtout avec la main acromégaliqiie que se pose le diagnostic, mais celle-ci, pourrait-on dire, n’est jamais unilatérale. Les cas d’acromégalie localisée ou unilatérale peuvent tous être considérés comme suspects (2f7).

L’absence d’hypertrophie du masque facial et d’hypertrophie des pieds, ainsi que les dimensions normales de la selle turcique. permettaient d’ailleurs dans nos observations ) d’éliminer sans discussion l’acromégalie.

La pathogénie de la chéiromégalie syringomyélique demeure obscure, mais deux faits semblent se dégager. D’une port, te. neurone périphérique n’esl pas en cause, son intégrité , anatomique a été constatée dans plusieurs cas. D’autre part, les troubles sympathiques associés qui attirent l’attention incitent à examiner ici encore avec un soin particulier dans les vérifications ultérieures, les centres et les voies sympathiques qurdoivenl être suspectés. J

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