‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 9 sur 29 · V. TRONC CEREBRAL ET ENCEPHALE · texte numérisé non relu

V. TRONC CEREBRAL ET ENCEPHALE

A) Tumeurs intra-crâniennes et radiothérapie.

Dans notre Rapport sur les Syndromes hypophysaires (élude clinique et thérapeutique), nous avions souligné l’importance des résultats dus à la radiothérapie dans le iraiiemenl des tumeurs hypophysaires. L’amélioralion ainsi obtenue, nous le rappelions, peut être durable.

Elle se maintenait 6 ans après le traitement dans un cas de Béclèbe et Jauoeas, elle se maintenait encore intégralement en juin 1922 (date de notre rapport) dans le cas princeps de BÉCLins concernant une malade de Rénon, Abthur Delille et Monier-Vinasd atteinte de tumeur de l'hypophyse avec gigantisme, infantilisme génital, obésité et atrophie papillaire (traitement institué en décembre 1908), ainsi que dans un cas de Pebthes, Fleischer et Junclino (traitement institué en mai 1918).

Nous avons depuis commencé à réunir quelques faits, dans le but de déterminer quelle est la valeur exacte de la radiothérapie pour le traitement de tumeurs cérébrales proprement dites. Pour en juger objectivement les effets, nous nous sommes adressés à l’examen du fond d'œil et à l'étude des modifications de la tension du liquide céphalo-rachidien observées au cours du traitement.

Nous avons montre, dans un travail fait en collaboration avec le. Professeur Rollet et CoLRAT (93) que l'on peut voir rétrocéder nettement la stase papillaire ou constater un arrêt d’évolution après radiothérapie.

Mais parfois il y a une accentuation brusque de la stase papillaire en rapport avec une poussée d’hypertension céphalo-rachidienne que révèlent les mensurations manométriques (90) ; elle est d’ailleurs transitoire et fugace.

Les observations de nos malades longuement et minutieusement suivis au point de vue neurologique, comme ils l'ont été au point de vue ophtalmologique è la clinique du Profe.sseur Rollet, ont été publiées dans les thèses de Tassitcii et de A. Dupoxt.

La radiothérapie ne peut évidemment prétendre à supplanter la chirurgie dans le traitemonl de toutes les tumeurs cérébrales. Il est légitime d'y recourir dans le cas de gliomalose cérébrale, où la seule intervention que l’on puisse proposer à l’heure actuelle, et même concevoir, est la simple décompression. Par contre, les tumeurs méningées qui donnent des signes de localisation précis, ,el qui se prêtent ù l’ablation, appartiennent sans discussion possible à la chirurgie. ,, . .

B) Paralysie des mouvements de latéralité des yeux, volontaires, et automatico-réflexes, par tumeur du tronc cérébral lésant le faisceau longitudinal postérieur.

L’élude, au triple point de vue neurologique, ophtalmologique et anatomo-pathologique, que nous avons faite avec Colrat et J. Dechaume (95) de deux syndromes de Foville nous a permis d’aborder l’élude des problèmes que posent ces paralysies de fonction.

DUEOUBT sur 220 cas de lésion du noyau du moteur oculaire externe ne comptait pas moins de 218 cas de paralysies des mouvements de latéralité. Deiebine plaçait d’ailleurs ceux-ci sous la dépendance du dit noyau. Une observation récente de Rohmeb confirme cette manière de voir.

Par contre, Ravmond et Cestan, Pabinaud mettaient en cause un centre supra-nucléaire situé au niveau des tubercuies quadrijumeaux, tandis que Coutelas le plaçait au voisinage des noyaux

Pour qu’il y ait paralysie des mouvements de latéralité, il faudrait nécessairement, d’après Bollack, que les connnexions intemucléaires — qui relient les noyaux du III et du VI et passent

par la bandelette longitudinale postérieure — soient lésées.

Enfin, pour Cantonnet et Taguet, une paralysie des mouvements de latéralité intéressant simul-

tence d’une lésion mésocéphalique.

Notre observation I avait trait à un syndrome Foville type II, avec paralysie de l’oculogyre gauche, paralysie de la face et des membres à droite, — et gliome de la partie supérieure de la protubérance (PI. XIV).

L’observation II concernait un syndrome Foville type III, avec paralysie de l'oculogyre et du facial gauche, hémiplégie droite, atteinte tardive de l’oculogyre droit, — et tubercule de la partie inférieure de la protubérance (PI. XV).

Les planches ci-contre lopographienl exactement ces deux lésions.

Sans discuter à ce propos la localisation du centre des mouvements de latéralité des yeux, nous ne retiendrons que les faits suivants. Dans l’un et l’autre cas, il y avait alUinle simultanée des mouvements volontaires et automatico-réflexes avec lésion profonde du faisceau longitudinal postérieur.

C) Hémiplégie pneumonique.

La conlribution qu’avec Cii. Lesièur nous avons apportée à l’élude do l’hémiplégie pneumonique a eu pour point de départ la constatation d’une pneumococcie méningée (e# l’absence de tout symptôme méningé et de toute réaction leucocytaire) dans un cas d’hémiplégie pneumonique curable (79).

cique, soit de caillots inlracardiaques, soit encore d'une thrombose des veines pulmonaircs ou de débris délachés des parois albéromalcuscs dos vaisseaux cérébraux.

11 est indubitable qu’il peut en être ainsi, bien que l'endocardite pneumococcique soit peu embolisante et que, d’autre part, elle coe.xiste Iréqucmment avec une méningite (Nettes). Mais cette pathogénic est-elle aussi exclusive que semble l’admetlrc Bellot, et d’aulre part, les observations qu’il apporte y répondent-elles? On y trouve plus d'un symptôme suggérant le diagnostic d’encéphalite : délire, incontinence des sphincters, obnubilation intellectuelle, contractures généralisées, et ceci en l’absence de tout symptôme car-

ci Hémiplégies pneumoniques et iufectious méningées.

On ne peu établir, dès ù présent, le pourcentage exact des faits d’hémiplégie pneumonique qu’explique une infection méningée, puisque celle-ci n’a été qu’oxceplionnellemenl recherchée. Nous croyons cependant qu’ils ne sont pas rares.

En l’absence de ponction lombaire avec examen bactériologique et culture du liquide céphalo-rachidien, il faudra désormais, en tout cas, dénier toute valeur démonstrative • aux observations d’hémiplégie pneumonique présentées à l’appui de toute autre pathogénie. 11 sera nécessaire, dans les cas suivis de mort, de joindre à l’examen bactériologique' l’examen histologique des méninges.

d) Hémiplégies pneumoniques et encéphalite à pneumocoques.

C’est au cours même de la discussion qui suivit la présentation de notre observation

que CoMBY appliqua à l’hémiplégie pneumonique ses idées sur le rôle et sur la fréquence

de l’encéphalite aiguë.

Plusieurs observations, en l’absence même d’autopsies confirmatives, justifient cette hypothèse pathogénique. Il en est ainsi des observations de Griesingeb, de Bellot (obs. I), d’AuFRECiiï. Mais celte pathogénie ne saurait être admise à l’exclusion de toute autre et pour tous les cas d’hémiplégie pneumonique.

D) Syndrôme ponto-oérébelleux.

Tumeurs multiples des nerfs crâniens et méningo-blastomes.

Nous avons fait avec Dunet et J. Dechaume (94) l’étude clinique et anatomo-pathologique d’un cas de syndrome ponto-cérébelleux avec tumeurs multiples développées aux dépens de la plupart des nerfs crûniens (PI. XVI) ; l'une d’elles dépendait du pneumogas-(i trique au niveau du cou.

Page 1