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CHAPITRE III Travaux sur la Syphilis

A. — Clinique, anatomie pathologique et diagnostic.

Syphilis osseuse (syphilis acquise). Paris, Steinheil, éditeur,

1909. Un volume in-i6 de i3o pages, avec 21 figures formant

12 planches hors texte.

J’ai étudié dans cet ouvrage, fait sous rinspiration de M. le professeur Fournier, les différents accidents osseux survenant au cours de la syphilis. Toutes les affections osseuses qui dérivent de la syphilis ne peuvent pas être considérées comme syphilitiques de nature. Les unes procèdent directement de la syphilis et sont l’expression d’une influence infectieuse sur le système osseux : c est la syphilis osseuse proprement dite. Les autres ne sont que des accidents indirects, des lésions vulgaires, banales, des complications dérivant de lésions syphilitiques de voisinage; elles sont d’origine syphilitique, mais non syphilitiques de nature. Ces dernières n’ont rien de spécial et rentrent dans la catégorie des lésions osseuses de tout ordre.

Le chapitre I est consacré à un aperçu historique de la question.

Le chapitre II comprend l’étude de la fréquence de la syphilis osseuse, de son échéance d’invasion et de ses loca^lisations.

L’étiologie et le mécanisme pathogénique occupent le chapitre III.

La partie la plus importante du travail est l’anatomie pathologique traitée au chapitre IV. J’ai essayé de montrer les principaux caractères des lésions osseuses latentes, des lésions inflammatoires (périostites, ostéo-périostites. ostéites raréfiantes érosives, ostéo-porose, éhurnation, ostéo-sclérose, nécrose et périostite suppurée) et des lésions gommeuses (ostéo-périostite et ostéo-myélite gommeuses!. Les lésions spéciales à certains os ont successivement attiré mon attention (ostéo-myélite gommeuse des os longs, lésions des os courts, de la colonne vertébrale et des os plats).

Le chapitre V est réservé à l’étude clinique. Le tableau clinique de la syphilis osseuse est exposé dans tous ses détails. J’ai signalé les particularités cliniques relatives aux différents os (os longs, phalanges, crâne, os du nez, maxillaires, sternum, côtes, rachis) ainsi que les complications pouvant survenir du fait de la localisation des tréponèmes sur le squelette.

Les deux derniers chapitres sont consacrés au diagnostic' et au traitement.

A cette étude sont jointes des reproductions de pièces osseuses provenant de la collection de M. le professeur Fournier. Elles sont accompagnées de la description détaillée des lésions observées (pièces justicatives).

La syphilis et les maladies vénériennes. Traduction de !a 6® Mition allemande (avec notes) de l’ouvrage du Professeur E. Fingeb, de l’Université de Vienne (En collaboration avec llM. P. Spillmann et M. Doyon). Un volume de 489 pages, avec 8 planches lithographiques hors texte. Paris, Félix Alcan, éditeur, 1909.

Nous avons cru utile de présenter au public français l’ouvrage du D’’ E. Finger, professeur de dermatologie et de syphiligraphie à FUniversité de Vienne, pour les raisons suivantes : Sous une forme concise, ce traité résume d’une façon claire et précise les données actuelles sur les

maladies vénériennes et syphilitiques. Les lecteurs y trou veront un exposé des doctrines de l’école viennoise et un tableau complet de tous les traitements actuellement appliqués soit à la blennorragie et au chancre simple, soit à la syphilis. Cet ouvrage est utile aux praticiens et aux étudiants qui y trouvent un guide précieux pour l’étude et le traitement de ces diverses affections.

Deux cas de chancres syphilitiques multiples. Un cas de cre syphilitique du tronc. Gommes syphilitiques au bout de 50 ans de syphilis. Syphilides ulcéreuses des jambes chez une hérédo-syphilitique. Société de médecine de Nancy, 8 juillet 1908.

J’ai rassemblé dans cette communication une série de cas intéressants observés à la Clinique de la Maison de Secours ; un cas de chancre triple, un cas de chancre double, un cas de chancre de l’hypochondre, un cas de gommes syphilitiques de la jambe survenues chez un homme de 69 ans qui avait contracté la syphilis 5o ans auparavant et n’avait jamais présenté d’accidents spécifiques depuis la lésion primitive et enfin un cas de lésions ulcéreuses des jambes rapidement guéries par les injections de mercure colloïdal, chez une jeune fille de 28 ans, présentant des signes manifestes d’hérédo-syphilis.

Un cas de syphilis nerveuse diffuse précoce (En collaboration avec MM. Watrin et J. Bénech). Société de médecine de Nancy, 9 février 1910. Province médicale, 3 o avril 1910.

Ce travail montre que la syphilis peut toucher le système nerveux à une période ultra-précoce de l’infection; elle peut porter ses atteintes de façon diffuse, intéressant à la foig le cerveau, la moelle et les nerfs périphériques, réalisant ainsi les types décrits sous le nom de syphilis cérébro-spinale disséminée. Ce nouveau cas de syphilis nerveuse précoce met encore un certain nombre de faits

intéressants en lumière. Il est indispensable, dans des cas de ce genre, de faire un traitement intensif dès le début de l’infection, ce qui entraîne la nécessité de faire le diagnostic précoce du chancre au moyen des nouvelles méthodes microbiologiques.

Endocardite aiguë syphilitique (En collaboration avec M. Chevelle). Congrès français de médecine. Pans, i3 octobre

!N’ous avons signalé une observation d’endocardite aiguë survenue au cours de la période secondaire de la syphilis. L’endocardite aiguë syphilitique n’a pas été décrite jusqu’à présent. Le cas rapporté concerne un malade atteint de syphilis maligne précoce à manifestations tégumentaires et viscérales multiples. Au cours de cette infection on put constater tous les signes d’une endocardite aiguë localisée à l’orifice mitral. Quatre injections intra-veineuses de Néosalvarsan eurent raison des accidents. L’existence possible d’une endocardite aiguë de la période secondaire constitue un fait clinique important de l’histoire de la syphilis. Les très heureux résultats de la médication arsenicale, instituée malgré trois contre-indications formelles (lésion cardiaque, lésion laryngée, albuminurie) ne sont pas moins intéressants à signaler.

Syphilides herpétiformes généralisées. Congrès iniernatwn.il « de dermatologie et de syphiligraphie. Rome, avril 1912.

Histoire des syphilides herpétif ormes. Relation d’un cas curieux par l’aspect objectif des lésions, par leur groupement, par leur généralisation et par leur évolution.

Les lésions étaient constituées par des groupes de petites pajndcs reposant sur une base érythémateuse et surmontée de fines vésicules. Ces papules étaient disposées en bouquets, suivant la modalité corymbiforme. Elles criblaient

tout le revêtement cutané à l’exception des mains et des pieds. L’analogie de ces lésions avec l’herpès ou le zona était frappante. Des injections intra-veineuses de 606 eurent rapidement raison des accidents. Ce cas méritait d’être signalé à cause de sa rareté.

Grosse rate syphilitique. Sypliilides palino-plantaires, ayant résisté au traitement mercuriel, guéries par l’hectine (En

collaboration avec M. Hanns). Société de médecine de Nancy,- 28 juin 1911.

Observation d’une malade atteinte de syphilis à l’âge de 20 ans, ayant présenté un an après le chancre une énorme hypertrophie de la rate.

A ce propos nous avons passé en revue les différentes variétés de splénomégalie et leurs caractères cliniques.

Un cas d’érythème tertiaire (En collaboration avec MM. A. Gibault et J. Bénech). Société de dermatologie et de syphiligraphie, k août 1910.

Cet érythème tertiaire présente un certain nombre tle caractères intéressants. 11 est apparu dans la quatrième année de l’infection syphilitique et a disparu grâce au traitement mercuriel. Il était composé de grands placards érythémateux disposés symétriquement au niveau des hypochondres et dans la région antéro-externe des cuisses. Le diamètre des éléments était au maximum de deux eentimètres. La petite dimension des lésions, le nombre élevé des placards et leur disparition rapide par le traitement sont les faits les plus dignes d’être notés.

Ulcération phagédénique de la lèvre supérieure et de l’aile du nez. Guérison par les injections intra-veineuses de 606 (En

collaboration avec M. Boulangier). Société de médecine de Nancy, 24 août 1912.

Observation d’un malade qui portait une volumineuse ulcération phagédénique de la lèvre supérieure. Toute la

région comprise entre l’aile droite du nez, la lèvre supérieure, la sous-cloison et la commissure labiale droite était transformée en une tumeur bourgeonnante ulcérée. Cette lésion se développait avec une très grande rapidité. Trois injections intra-veineuses de 606 amenèrent la guérison en i5 jours.

Un cas de syphilis conjugale. Société de médecine de Nancy, 22 janvier 1908.

L’histoire des deux malades qui font le.sujet de cette communication est très instructive. Mariés il y a dix ans, ils contractent tous deux la syphilis au bout de quelqu.îs mois de mariage, le mari ayant contaminé sa femme. Ces deux syphilis ne furent pas traitées. Au bout de dix ans d’infection, le mari fait une paralysie générale progressive à forme lipémaniaque et la femme est atteinte d’une gomme du maxillaire inférieur.

Trois cas de syphilis conjugale avec paralysie générale progressive consécutive. Province Médicale, 4 avril 1908, n“ i4.

L’étude de ces trois observations permet de faire quelques remarques intéressantes. C’est d abord 1 existence même de ces trois cas de syphilis conjugale qui montre, bien les ravages que peut causer la syphilis dans les familles. C’est ensuite le fait que la syphilis peut rester latente pendant de longues années, même en l’absence du traite- * ment. C’est aussi le développement possible d’accidents graves après dix ou vingt ans d’infection chez les syphilitiques insuffisamment traités. C’est enfin l’apparition, chez ces trois malades, de paralysies générales au bout de dix, vingt et trente-cinq ans d’infection. Ces trois observations nous paraissent être un argument de plus en faveur de l’origine syphilitique de la paralysie générale; elles semblent, dans tous les cas, démontrer clairement que ces

paralysies générales sont des dérivés incontestables de l’infection syphilitique.

Anévrysme de l’aorte ascendante chez un syphilitique ; traitement spécifique; injections de sérum gélatiné; obturation presque complète de la poche (avec une planche). Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 6 juillet 1902.

Anévrysme de volume considérable, formé d’une poche de 16 centimètres de hauteur sur i3 de largeur. Pas de symptômes de compression. Lésion survenue au cours d’une syphilis datant de vingt ans, syphilis bénigne et non traitée. Injection de sérum gélatiné (i.5oo cc. de sérum en l’espace de quelques mois) et traitement spécifique (injections d’huile grise). Mort par broncho-pneumonie. Au moment de la mort, la poche anévrysmale était presque complètement obstruée. De par les dispositions anatomiques, l’anévrysme n’était plus dangereux.

Arthropathie tabétique simulant la syphilis ostéo-articulaire

du genou. Société de médecine de Nancy, 17 juin 1908.

11 est souvent très difficile de différencier cliniquement l’arthropathie tabétique et la syphilis ostéo-articulaire, d’autant plus que ces arthropathies sont souvent le siège de lésions prétabétiques et qu’au moment même où on a l’occasion de les observer, il n’y a ni abolition des réflexes, ni incoordination, ni aucun des autres signes caractéristiques du tabes. Ce travail rappelle les formes les plus fréquentes des ostéo-arthrites, la tuberculose, l’ostéo-sarcome, l’arthrite sèche, l’arthropathie tabétique et la syphilis ostéo-articulaire avec ses hyperostoses étendues et sies épaississements de la synoviale en plaques blindées. L’histoire d’un malade de 4o ans atteint de syphilis à l’âge de 35 ans, entré à la Maison de secours pour une volumineuse tumeur du genou gauche (rotule énorme, plaques très düres de chaque côté de la rotule, extrémité inférieure du

fémur et extrémité supérieure du tibia très augmentées de volume, etc.), m’a permis de signaler l’existence de 1 arthropathie ostéo-articulaire prétabétique simulant la syphilis ostéo-articulaire du genou.

Un cas (le tabes hérédo-syphilitique (En collaboration avec MM. Hanns et Boulangieh). Société de médecine de Nancy, 24 juillet igi2.

Les trois points qui nous ont semblé motiver la publication de cette observation sont : l’origine probable hérédo-syphilitique de ce tabes; son début par les phénomènes ataxiques, début précédé par une très longue période prodromique de troubles moteurs très frustes; enfin, l’influence apparente du traitement mercuriel sur la rétrocession ou l’amélioration de certains symptômes.

Syphilis phagédénique de la face guérie par les injections d’huile grise. Société de médecine de Nancy, 8 mai 1912.

Observation d’une malade qui portait sur la joue gauche des syphilides ulcéreuses phagédéniques depuis plus d’un an. La guérison fut très rapidement obtenue au moyen de quatre injections de o gr. i5 d’huile grise.

Mutilation de la face par hérédo-syphilis non diagnostiquée.

Société de médecine de Nancy, 22 juin 1910.

L’histoire de la petite malade qui fait le sujet de cette communication est des plus intéressantes. Elle portait une lésion ulcéreuse de la face ayant détruit le nez et ayant déterminé une perforation faisant largement communiquer l’arrière-cavité des fosses nasales avec l’extérieur. Cette lésion avait débuté six ans auparavant et avait été traitée pour de la tuberculose. L’aspect de la perforation, les antécédents familiaux, la petite taille de la malade, ses bosses frontales saillantes, ses dents crénelées, irrégulières

et mal plantées devaient cependant imposer le diagnostic d’hérédo-syphilis. Le traitement mercuriel amena très rapidement une guérison presque complète de la lésion.

Présentation de lésions hérédo-syphilitiques tardives (En collaboration avec M. le professeur agrégé Haushalter). bociete de médecine de Nancy, 25 janvier 1899.

Présentation de pièces recueillies à l’autopsie d’une fil lette hérédo-syphilitique de 9 ans; la calotte crânienne avec un épaississement considérable du frontal et des exostoses mamelonnées, cohérentes; les os maxillaires supérieurs et inférieurs avec des vices de forme et d implantation des dents; la voûte palatine avec une ulcération anfractueuse; les tibias qui présentaient des lésions impor tantes sür des sections longitudinales : épaississement de l’os à la partie antérieure de la diaphyse, amincissement extrême au niveau de la tubérosité antérieure, épaississement du cartillage de conjugaison, foyers de dégénérescence médullaires.

Un nouveau mode de diagnostic inicrohiologique de la syphilis.

Société de médecine de Nancy, 12 mai 1909.

J’ai utilisé un des premiers à Nancy le condensateur à fond obscur permettant de réaliser très simplement le principe de rultra-microscope. Ce procédé de recherche du tréponème donne des résultats pratiques très intéressants. Les préparations obtenues avec des produits syphilitiques sont très démonstratives. Il est peu de préparations microscopiques extemporanées qui soient aussi probantes. Cette méthode doit être employée dans tous les cas où le diagnostic de l’accident initial de la syphilis présente quelque difficulté.

J’ai rappelé au cours de cette communication la technique de l’emploi de cette méthode (description des instruments, mode opératoire, examen des préparations, etc.).

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de 1-anaiogie de» lésions. Il était donc »»'> .«‘ ““T” ^ veau l'attention des chercheurs sur ce P“"‘^ ^ sant de pathologie préhistorique, ce qui pouriait p “îtrf d'Lcider un Jour ou l'autre la question encore si controversée de l’origine de la syphilis.

B. — Prophylaxie.

A propos (lo la prophylaxie des maladies vénériennes. L'état sanitaire dans le bassin de Briey. Société de médecine de "^Nancy, 23 décembre 1908. Revue médicale de VEst, 1909.

Communication adressée sur la demande de la Société de médecine de Nancy à M. le Préfet de Meurthe-et-Moselle et à M. le Président de la Société industrielle de l’Est.

Après avoir montré que la syphilis devient dans notre région une véritable maladie sociale, après avoir rapporté de nombreux faits permettant de constater l’augmentation du nombre des maladies vénériennes, j’ai terminé ce travail par les conclusions suivantes,relatives à l’organisation de la surveillance de la prostitution dans le bassin de Briey.

La syphilis se développe dans la classe ouvrière de notre région; actuellement elle se propage: dans quelques années on en verra les suites lointaines, suites d’autant plus graves qu’on pourra difficilement intervenir pour en pallier les inconvénients. C’est là une question qui intéresse d’une façon toute spéciale l’avenir de la population ouvrière de nos départements de l’Est, et je crois que le corps médical a le devoir d’insister auprès des autorités compétentes pour faire décréter dans les régions incriminées les mesures prophylactiques nécessaires. Une surveillance étroite de la prostitution individuelle, l’interdiction absolue de la prostitution aux filles mineures âgées de moins de 18 ans, l’inspection sévère, et, si c’est nécessaire, la fermeture des établissements tels que les cantines, qui ne sont en réalité que des maisons de prostitution clandestine, au besoin même la création de maisons très surveillées, les visites médicales hebdomadaires obligatoires pour toute femme se livrant à la prostitution, l’envoi dans U7' hôpital ou dans un service spécial des femmes reconnues

svphiliüque»: telles sont les mesures que je considère Tmme L plus urgentes et des plus md.spensables.

Compte rendu d'une visite eff.ettuée avec M. IWet archi-

'tecte des Hospices, à rHÔpital municipal de Francfor . Description de la Cdinique de dermatologie et de syphi i- „raphic de M. le professeur Hcrxlieimer. (Pavillon de dei- LTologiei-r adultes, salles de malades, reeherches, installations phototherap.ques et ad.othera paiillon des entants, pavillon des prost.tuees mtu lée de thérapeutique dermatologique, salle des rnoulage . policlinique, fondation San-Rat S, llerxheimer,)

Cette rapide visite à la Clinique de dermato og.e et de svphiligraphie de Francfort nons a montré une lots de p u eLbien la prophylaxie des maladies vénér.enncs gagne.a au transfert de l'antique service de la Maison depar.arnenlale de Secours, Il faut absolument que les vener.ens et les lîélnnes puissent venir librement et avec conf.anee dons l'hôpital où ils recevront les soins qui leur sont indlsp “ables et qu'ils seront les premiers à venir ree amer, L maison de force, avec ses cachots, a suir.sammem dure, il est temps de la remplacer par un service hospitalier confortablement aménagé. . „

Nous avons vu à Francfort des installations modèles ■presque limieiises : de retour dans les salles sombres e Loites où sont parqués nos malades, nous demanderons simplement pour eux de la place, de l’air et de la lumiem.

CoHunent «n doit comprendre

Tiennes. Revue medicale de l tst, 1900.

A l’occasion de la publication d’un travail du docteur H. Hübner relatif au fonctionnement du service des pros-

tituées à l’Hôpital municipal de Francfort, j’ai montré combien était défectueuse notre installation de la Maison de Secours.

Après avoir indiqué la façon dont devrait etre installé le service, j’ai rappelé les différentes réformes qui pouvaient être appliquées. Si la prostituée se sentait plutôt hospitalisée qu’internée, elle verrait de suite tout ce qu’elle pourrait gagner à ne pas entraver l’action du médecin et du personnel.

La façon dont la femme est hospitalisée a donc une importance considérable sur l’évolution et sur la durée de la maladie, surtout s’il s’agit d’une blennorragie. Lorsque la malade ne redoutera plus son entrée dans l’hôpital où elle devra être soignée, elle viendra peut-être elle-même demander conseil; elle se soignera, elle fera de la prophylaxie si on lui explique la façon de la pratiquer convenablement, et ce nouvel état de choses aura une répercussion heureuse sur l’état sanitaire, en amenant bien certainement une diihinution des cas de contagion.

11 faut donc bien se garder, quelque opinion que l’on ait sur la réglementation de la prostitution, de considérer les prostituées autrement que comme des malades et c’est comme des malades qu’il faut les hospitaliser.

Dans cet ordre d’idées, on ne peut espérer améliorer l’état de choses actuel qu’au jour où il sera possible de soigner les malades dans des locaux qui se rapprocheront davantage de l’hôpital que de la prison.

La syphilis à la clinique de la Maison de secours pendant l’année 1909-1910 (En collaboration avec M. J. Bénech). Revue médicale de l’Est, igii.

Causes de l’augmentation de la morbidité vénérienne hospitalière. Fréquence de la syphilis en 1909-1910 comparée aux années précédentes. Augmentation et danger de la prostitution clandestine. Fréquence de la syphilis dans

k bassin de Btiey. Diagnostic des accidents moyen de l-ullra-microscope. Considérations les chancres génitaux et sur l’évolution de la syphilis da les milieux ouvriers. Traitement des syphilitiques a consultation gratuite et à la Clinique. Rôle de 1“ C»“ub

talion gratuite. Traitement par 1 huile grise par biiodure d’hydrargyre. Hésnluls thérapeutiques.

Cette étude nous a conduit à poser les conclusions sui-

’^’Ernous basant sur les statistiques de la Clinique et de

la Consultation, nous constatons que la syphilis

dans des proportions assez considérables

hommes. La contagion est presque toujours le fait de tem-

mes non soumises à la réglementation.

La consultation gratuite rend les plus grand, services a la cause prophylactique. Elle en rendra bien davantage encore le jour où des locaux plus spacieux, pourvus de tout le matériel nécessaire, seront mis à la disposition des

malades. ,

I] est urgent d’instaUer des salles où il sera possible d’hospitaliser les femmes syphilitiques non prostituées le nombre de ces malades, très dignes d’intérêt, augmentan tous les jours. Nous ne pouvons leur donner actuellement que quatre mauvais lits placés dans une chambre qui n a de salle d’hôpital que le nom.

Malgré la gravité d«s accidents que nous avons a soigner les différents procédés de traitement mercuriel employés (injections de préparations solubles et insolubles) nous permettent d’obtenir de très beaux résultats thérapeutiques. La guérison rapide des accidents en évolution est iournellement observée et nous évitons presque toujours les récidives lorsque les malades veulent bien suivre le long traitement préventif que nous leur recommandons.

C —Traitement.

Quelques cas de syphilis primaire et secondaire traités par les injections intra-muscnlaires d’émnlsion huileuse de 606 (En collaboration avec M. Boulangier). Archives médico-chirurgicales de Province, février 1911.

Au cours de cette étude, nous avons exposé nos premiers résultats obtenus au moyen des injections de 606. Nous avons montré les modifications subies par les accidents primaires et secondaires au cours et à la suite du traitement. Les résultats obtenus au début étaient encore trop récents pour ppuvoir juger définitivement la méthode; c’est pourquoi nous avions jugé bon de faire un certain nombre de réserves sur son emploi. Nous terminions ce travail par les quelques considérations suivantes :

Reste à savoir ce que nous réserve l’avenir, car nous ne possédons pas actuellement les éléments nécessaires pour résoudre cette question si controversée.

Tel malade, apparemment guéri, peut d’ici quelques mois ou quelques années refaire des accidents; pareils cas se voient journellement à la suite des traitements en usage, et il paraît bien difficile d’éviter au 606 des échecs de cette nature; d’ailleurs, il ne faut pas oublier que dans la plupart des observations publiées, comme dans les nôtres, les ganglions ne sont que faiblement influencés par le traitement. Rien ne peut nous prouver que la maladie est éteinte, et le médecin ne doit pas l’affirmer; il faut au contraire continuer à veiller, comme par le passé, prêt à intervenir au moindre signe de récidive.

Devons-nous actuellement nous contenter d’une seule injection de 606.1* Ou bien faut-il en faire une série? Ou bien faut-il compléter le traitement arsénical d’attaque par un traitement mercuriel à longue échéance? Il est impossible de répondre dès maintenant à toutes ces ques-

üom; et la meilleure attitude pour le médecin est d aller prudemment, de suivre l'action du médicament, de surfiler ses malades de jour en jour, et de ne pas oub qu'avec le 606 il use d'un médicament qui en est encore à la période d’expérimentation.

d’émulsToÎÎuiSfde

ï R Simon). Annales des maladies vénenennes, n 8, ign,

35 pages.

Après avoir décrit dans ce travail la technique opératoire employée, noua avons étudié les suites immédiates de l'injection en donnant à l'appui des résultats thérapeutiques le résumé des cinquante cas cliniques étudiés (so accidents primaires. s3 accidents secondaires et 7 acci-

dents tertiaires). „

Nous avons montré ensuite tout l’intérêt de la question des récidives à la suite de la médication arsenicale et nous avons passé en revue les accidents consécutifs aux injections ; eschares, kystes arsenicaux, troubles digesüfs. L’histoire d’une malade ayant succombé à une hevre typhoïde six mois après une injection de Salvarsan nous a permis de constater les transformations subies par 1 emulsion huileuse de 606 à l’intérieur des muscles fessiers.

• L’étude de ces cinquante cas de syphilis traites par injections intra-musculaires d’émulsion huileuse nous a engagé à poser les conclusions suivantes :

I» L’injection intra-musculaire d’émulsion huileuse de 606, telle que nous l’avons employée, est facile a préparer et à faire. Elle peut être effectuée partout.

2“ Cette injection est indolore et ne force que rarement le malade à interrompre ses occupations.

3“ Elle permet d’obtenir assez rapidement la guérison de presque tous les accidents syphilitiques. On peut l’employer surtout :

à) Au début de la syphilis;

b) Dans les syphilis malignes précoces et dans toutes les manifestations graves de la maladie;

c) Dans les syphilis qui ne guérissent pas par le mercure;

d) Dans les intoxications mercurielles.

4 ° Elle ne met pas sûrement à l’abri des récidives qui sont assez fréquentes.

5 ° Une seule injection suffit rarement comme traitement curatif : il en faut souvent plusieurs. Il est donc indiqué de faire des injections successives à doses fractionnées pour éviter l’enkystement et la réserve d’arsenic.

6 ” Il est souvent utile d’employer des traitements combinés en intercalant entre plusieurs injections intra-musculaires de 6o6 des cures mercurielles.

7° En faisant la part des avantages et des inconvénients, il faut reconnaître que, s’il est indiqué d’employer le 6o6, on peut effectuer des injections intra-musculaires d émulsion huileuse à doses fractionnées dans les conditions que nous venons d’indiquer, surtout :

a) Quand il n’est pas indispensable d’agir très vite;

b) Dans tous les cas et dans tous les milieux où il est impossible, pour des raisons diverses, de pratiquer l’injection intra-veineuse.

Les injections intra-muscnlaires d’émulsion huileuse de 606.

XIP Congrès français de médecine, Lyon, octobre igii.

Les injections intra-musculaires de 6o6 semblaient sur le point d’être abandonnées au moment où nous avons publié ce travail, l’injection intra-veineuse étant considérée comme le procédé donnant le plus de garanties. Les recherches que nous avons eu l’occasion d effectuer au moyen des injections intra-musculaires d’émulsion hui-

leuse nous ont cependant montré que ces injections constituaient un excellent moyen d’administration du médicament. Nous avons pensé qu’il pouvait être intéressant de rapprocher nos résultats de ceux qui venaient d’être exposés au congrès. Ils permettront de juger impartialement.la question.

Nous avons pu étudier dans'une centaine de cas l’action des injections intra-musculaires dè l’émulsion huileuse de 606 et la comparer à celle des injections intra-veineuses. Nous avons présenté l’étude des 5 o premières observations à la Société française de dermatologie. Les observations que nous avons pu rassembler depuis cette époque n’ont fait que confirmer nos premiers résultats et nos premières conclusions. Elles montrent que les injections intra-musculaires d’émulsion huileuse de 606 sont faciles à préparer, faciles à effectuer et indolores. Elles montrent également que ces injections ont une action semblable à celle des injections intra-veineuses. Nous croyons donc qu’il ne faut pas, de parti pris, les rejeter de l’arsenal thérapeutique. Elles ont, comme les autres, leurs indications et leurs contre-indications, et doivent être surtout employées, s’il est indiqué d’employer le 606 :

a) Quand il n’est pas indispensable d’agir très vite;

b) Dans tous les cas et dans tous les milieux où il est impossible, pour des raisons diverses, de pratiquer l’injection intra-veineuse.

Elles constituent un moyen pratique et indolore d’administrer le 606, et on peut, tout comme avec les injections intra-veineuses, obtenir la guérison des accidents évolutifs de la syphilis, l’adjonction du traitement mercuriel au traitement arsenical permettant de réaliser le traitement de fond de la maladie.

Résultats thérapeutiques de 100 injections de Neosalvarsan (En collaboration avec M. Boulangieb). Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 4 juillet 1912.

Résultats de 100 injections intra-veineuses effectuées dans 34 cas de syphilis (i4 primaires, i4 secondaires, 4 tertiaires et 2 tabès).

Nous avons rappelé le mode opératoire, les doses de substance active et les résultats thérapeutiques. Le Néosalvarsan employé à des doses correspondantes aux doses actives de Salvarsan nous a paru avoir une action semblable à celle du Salvarsan au début de la syphilis. Son action semble moins marquée sur les accidents ultérieurs

de la maladie.

Son emploi présente, par contre, des avantages considérables. La technique des injections intra-veineuses se trouve très simplifiée par la dissolution facile du sel dans l’eau distillée, sans avoir à opérer la neutralisation du produit et sans avoir à chauffer la solution. D’autre part, les réactions locales et générales consécutives aux injections

semblent être réduites au minimum.

11 nous paraît donc que le Néosalvarsan peut être employé avec succès dans les tentatives d’abortion de la syphilis à la période primaire et dans le traitement curatif des accidents de modalité secondaire ou tertiaire.

Les nouveaux traitements de la syphilis. Bulletin de l’Association syndicale des Médecins de Meurthe-et-Moselle, 1“ septembre 1912. (Conférence faite à la F,aculté de médecine le 8 juin 1912 devant les Membres du syndicat.)

J’ai étudié, au cours de cette conférence, les nouveaux traitements de la syphilis après avoir rappelé en quelques mots la nature de la syphilis et les moyens de réaliser son diagnostic précoce (inoculation de la syphilis au singe, découverte du Treponema Pallidnm, caractères biologiques du Treponema). J’ai projeté à cette occasion un cer-

tain nombre de clichés représentant les accidents de la syphilis expérimentale, les différentes variétés de spirochètes et les localisations les plus communes des Tréponèmes.

Pour l’étude des nouveaux traitements de la syphilis, j’ai eu surtout en vue les composés arsenicaux. J ai passé Successivement en revue l’AtoxyT, l’Arsacétine, 1 Arsénophénylglycine, l’Hectine, l’Hectargyre et enfin le 606 ou Dioxydiamidoarsénobenzol. Je me suis surtout attaché à décrire le mode opératoire des diverses injections de 606 ; injections intra-musculaires d’émulsion huileuse et injections intra-veineuses. J’ai étudié ensuite les résultats de ces deux variétés d’injections en insistant surtout sur leurs inconvénients (Réaction de Herxheimer, idiosyncrasie, éruptions cutanées, albuminurie, récidives, arséno-résistance, neurotropisme, etc.) et sur leurs avantages. J ai essayé de montrer quelle pouvait être l’action abortive du 606 et quelle devait être son action curative. J’ai terminé par l’étude des indications du traitement par le 606 et des doses à employer. J’ai résumé cette étude du 606 par les quelques mots suivants : « Le 606 est à peu près négatif a la période parasyphilitique, localement curatif aux périodes secondaires et tertiaires et d’ordinaire abortif à la période primaire. »

Un an de pratique du^traitement de la syphilis par le 606 à la

; Maison de secours (En collaboration avec M. Boulangier).

Société de médecine de Nancy, 24 juillet 1912.

Résultats des recherches entreprises sur les injections intra-veineuses de 606. Nous avons effectué dans le courant de l’année 3oo injections sur ii5 malades (22 chancres au début, 17 chancres et accidents secondaires, 62 accidents secondaires, 10 accidents tertiaires et 4 tabes). Nous avons rappelé la technique employée, les accidents observés et les résultats thérapeutiques. L’action stérili-

santé du 606 ne semblant être réelle que dans les cas de syphilis au début et le 606 ayant une action curative supérieure à celle de tous les autres médicaments antisyphilitiques, les indications de cette nouvelle méthode nous semblent être ;

1° Les tentatives de stérilisation de la syphilis à son début;

2° Les syphilis impressionnées insuffisamment par le mercure;

3” Les syphilis soignées par le mercure avec accidents d’intoxication mèrcurielle ;

k° Les syphilis où il faut agir vite et fort : syphilis malignes précoces, syphilis phagédéniques mutilantes, syphilis des gens mariés et des prostituées. Dans ces deux derniers cas, le 606 est le médicament prophylactique par excellence.

Le 606 est un excellent médicament d’attaque, mais le mercure garde tous ses droits comme médicament permettant de réaliser le traitement de fond.

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