CHAPITRE IV
Travaux sur la Dermatologie
Sclérodermie lardacée, en coup de sabre, de la région frontale. Crises épileptiformes concomitantes. Avec une photographie et un schéma. Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière, 1898.
Un cas de morphée survenu chez un dégénéré nerveux. On constatait la présence de deux bandes blanchâtres, lisses, à liséré violacé (lilac ring) siégeant à la région frontale et suivant le trajet des filets de la branche ophtalmique du trijumeau (nerf frontal externe et nerf frontal interne). Au sommet du crâne existait une plaque chéloïdienne. Crises épileptiques survenues après l’apparition des placards sclérodermiques.
Bien qu’on ait signalé dans la sclérodermie des lésions nerveuses, des scléroses des circonvolutions, de la moelle, etc., il ne semble pas qu’on puisse invoquer ici une lésion des circonvolutions et on peut émettre l’hypothèse d’une lésion périostée, de l’autre côté du diploé, analogue à celle de la plaque chéloïdienne, avec compression passagère ou irritation momentanée consécutive, vers la zone rolandique.
Quelques cas de sclérodermie et de yitiligo «J®* ^
(En collaboration avec M. P. Haushaltek). Pj 1
■ ches (6 photographies). Nouvelle Iconographie de la Salp. trière, 1899 .
Observations de troubles trophiques divers chez les enfants.
r - observation . — Sclébodermie localisée du type morphée de la région frontale, survenue chez une enfant de 12 ans, sans antécédents ni symptômes nerveux.
2= et 3 ^ observations . — Sclérodermie en plaques disséminées chez deux enfants de ii ans et 6 ans. Chez 1 un existaient des placards sclérodermiques sur le trajet d un nerf intercostal, dans le flanc et le long de la crête anterieure du tibia et du dos du pied. Chez l’autre, on trouvait des placards sur le dos du pied, à la face antéro-externe de la cuisse droite, sur le hras di-oü et sur le mamelon droit; atrophie musculaire manifeste de tout le cote droi .
observation . - Sclérodactylie chez deux enfants de 2 ans et de 7 ans (deux sœurs) ; effilement, cyanose, sécheresse des doigts et des orteils, altérations des ongles, aspect vernissé de la peau, exfoliation de l’epiderme a la paume des mains et à la plante des pieds.
‘5« observation . - Sclérodermie congénitale. - Enfant de I mois. Atrophie du membre inférieur gauche; pigmentation violacée du membre inférieur sous forme de mailles arrondies, d’un brun lilas, circonscrivant des espaces de peau livide (lésions constatées à la naissance).
Malgré l’absence d’observation de sclerodermie congénitale, il ne semble pas que l’on puisse donner une autre étiquette à l’affection en question, la syphilis héréditaire n’étant pas en cause et l’hypothèse de cicatrices provenant de brides anatomiques étant peu probable.
Au reste les lésions ressemblent en tous points a la sclérodermie des adultes.
6» observation . - Wigo chez une enfant de n ans,
présentant également un goitre et une albuminurie fort prononcée, sans aucun trouble fonctionnel.
En plaçant ce cas de vitiligo à la suite des observations de sclérodei’mie, nous ne prétendons pas identifiei ces deux affections, bien qu’on ait pu signaler entre le vitiligo et certaines formes de sclérodermie quelques analogies plus ou moins lointaines; la coexistence des deux affections a d’ailleui's été constatée chez le même individu.
Du diagnostic différentiel des inélaiiodennies à propos d’un
cas de cirrhose pigmentaire. Fievue médicale de l’Est, 1907.
Séméiologie des mélanodermies. Hyperchromies primitives (nævi pigmentaires, ép.hélides, lentigo, lentigo diffus, lentigo malin, xeroderma pigmentosum de Kaposi, neurofibromatose). Hyperchromies toxiques (argyrie, arsenicisme, antipyrinides). Hyperchromies de causes externes (haie; pigmentations consécutives à l’application d’un vésicatoire, des rayons X; pigmentations de 1 eczéma, du prurigo; pseudo-mélanodermie; taches bleues; pityriasis versicolor).
Mélanodermies professionnelles. Hyperchromies de cause externe (chloasma, acanthosis nigricans, syphilides pigmentaires, pigmentation des cancéreux, des ictériques,
. des saturnins, des paludéens, taches de la sclérodermie, de la lèpre, de la pellagre, cirrhose hypertrophique pigmentaire ou diabète bronzé) .
J’ai donné, à l’appui de cette revue générale des mélanodermies, une observation nouvelle de diabète bronzé.
Hu cas d’érythème polymorphe bulleux (En collaboration avec M. .1. Par'isot). Société de dermatologie et de syphiligraphie, 2 déceihbre 1909.
L’intérêt de cette observation réside dans l’étiologie supposée de cet érythème bulleux.
Il semble bien qu’il y ait eu chez cette malade une infection à point de départ pharyngé, infection manifestée dès le 6° jour, au niveau des bras, par une éruption papuleuse devenue rapidement bulleuse. Comme la malade avait eu, au préalable, les mains et les bras brûlés par de la lessive de soude, il est difficile de savoir à quelle cause exacte attribuer l’éruption. Cet érythème pouvait être à la fois de cause externe et de cause interne.
Pelade généralisée à marche foudroyante. Congrès international de dermatologie et de syphiligraphie, Roine, 1912.
La pelade généralisée s’observe le plus souvent à la suite d’un choc nerveux ou d’un traumatisme. Il est plus rare de voir la chute des cheveux survenir en plein équilibre de santé, sans cause apparente. Nous avons eu l’occasion d’observer un malade qui était devenu complètement glabre en 20 heures. Tous les cheveux, cils, sourcils et poils du corps étaient tombés dans ce court espace de temps.
Urticaire bulleuse ou stigmasie de la cavité buccale. Société de dermatologie et de syphiligraphie, juin 1912.
L’observation que nous avons publiée est unique dans son genre. Il s’agit d’une sorte d’urticaire bulleuse avec développement d’une bulle pemphigoïde au niveau de la muqueuse buccale. Nous avons pu suivre le processus caractérisé par le développement d’une papule, puis d’une bulle contenant du liquide sanguinolent. Cette bulle se produisait quelques minutes après le contact de la muqueuse buccale avec les aliments. Il est difficile de savoir s’il s’agissait d’une urticaire bulleuse ou d’une stigmasie.
Un cas de trichophytie de la barbe et des parties glabres à type de Kerion Celsi. Société de médecine de Nancy, 27 mai
Il s’agit d’un cas de trichophytie de la barbe et des parties glabres à type de Kerion Celsi ou de sycosis nodulaire trichophytique, habituellement dû au Trichophyton gypseum d’origine équine. Les lésions s’étaient présentées d’abord sous forme de placard papulo-érythémateux du menton et s’étaient transformées rapidement en lésions pustulo-croûteuses.
Un cas de psoriasis vaccinal. Société de médecine de Nancy, 24 mars 1909. Société de dermatologie et de syphiligraphie, mars 1909.
Trois semaines après une vaccination un malade voit survenir des placards érythémato-squameux à l’endroit des pustules vaccinales. Ces lésions ont l’aspect habituel des lésions du psoriasis : elles en présentent tous les signes cliniques. Des éléments analogues existent sur le tronc et les jambes. Il n’est pas probable que le psoriasis, dans les cas de ce genre, ait un rapport étroit de cause à effet avec l’inoculation du vaccin.
L’apparition après la vaccination est à rapprocher du psoriasis consécutif à certaines injections de sérum. On sait en effet qu’une irritation ou une infection locales peuvent devenir une cause d’appel pour une toxidermie.
Trois cas de dermatoses verruqueuses. Société de médecine de Nancy, 7 juillet 1909.
Les dermatoses dites végétantes sont dues à des excroissances papillaires. A leur niveau, la couche cornée peut être très amincie ou très épaissie : ce sont alors des excroissances dites verruqueuses. Elles constituent simplement un aspect clinique réalisé par des lésions de natures
très diverses. J’en ai observé trois cas à la clinique de Dermatologie ; un nævus verruqueux pilaire, un pseudoéléphantiasis verruqueux et une tuberculose cutanée verruqueuse.
La comparaison de ces trois cas de dermatoses verruqueuses montre bien que des types objectifs semblables peuvent être réalisés par des lésions différentes comme nature et comme évolution.
Un cas de tuberculose cutanée ^J"™® ““sf et
Siüiic. Extirpation (En collaboration avec MM. G. Gross et Harter). Société de médecine de Nancy, 7 juillet 1909.
' Néoplasme verruqueux du pied gauche développé au niveau du point d’insertion du tendon d’Achille. Extirpa- (•'tion suivie de cicatrisation rapide après application de "greffes. L’examen histologique démontra la nature tuberculeuse de la lésion.
Présentation d’un malade atteint d’onychose. Société de médecine de Nancy, 7 juillet 1909.
Lésions des ongles caractérisées par de l’hyperkératose sous-unguéale et de l’onychogryphose. Les ongles sont incurvés, plissés, fendillés. Les doigts sont boudinés, violacés; la peau est épaissie. Le malade est tanneur et est employé au salage des peaux. Il est fort probable que ce cas d’onychose doit être attribué à l’action prolongée du sel sur les ongles.
Note à propos d’un cas de neuro-fibromatose. Recherches expérimentales (En collaboration avec M. Simon). Société de médecine de Nancy, 27 juillet 1906.
Recherches ayant pour hut de déterminer la nature de la neuro-fihromatose (inoculation aux animaux, examen histologique, recherches bactériologiques, examens de sang, etc.).
Lymphocèle intra-dermique aiio-viilvaire (En collaboration avec M. L. Boppe). Société française de dermatologie et de syphiligraphie, 4 juillet 1912.
Le lymphocèle intra-dermique est une affection très rare. Il s’agit dans notre observation d’une lymphangiectasie sans participation du tissu ganglionnaire, c’est-àdire d’un lymphocèle développé à l’intérieur même de la peau.
Il paraît légitime, dans un cas de ce genre, d’incriminer une infection, peut-être la syphilis, qui aurait provoqué une infütration embryonnaire péri-vasculaii'e aboutissant à un processus hyperplasique et qui aurait détermim une lymphite altérant les parois des capillaires lympÿl^ tiques.
Un cas de sclérodermie généralisée (sclérémie ou seléro< mie œdémateuse de Hardy). Société de médecine de Nanc^ 25 juin 1912.
Un homme de 55 ans ressent des fourmillements dans les mains et les pieds : les mains deviennent malhabiles, s’épaississent, deviennent rigides et froides. Les mêmes phénomènes se l'eproduisent au.v pieds et aux organes génitaux. Le visage se prend à son tour ; visage impassible, nez éffilé, oreilles dures, joues collées au squelette. Abdomen immobilisé dans une sorte de cuirasse rigide. L’observation est intéressante par la généralisation rapide de la malacjie.
Deux cas de sporotricliose [sporotrichose syphiloïde gommeuse et sporotrichose tuberculoïde de type nodulaire] (En collaboration avec M. Gruyer). Annales de dermatologie et de syphiligraphie, octobre 1908, p.’ 576-582. Société de médecine de Nancy, 8 juillet 1908.
Chez les deux malades qui font le sujet de ce travail, le diagnostic clinique n’avait pas été porté. Chez le premier, on avait pensé à de la tuberculose; chez le second, on
avait soupçonné l’actinomycose. L’examen bactériologi que des lésions vint démontrer l’existence du sporotrichum Beurmanni; la découverte du parasite permit d’obtenir par un traitement approprié la guérison rapide des accidents.
Dans le premier cas, il s’agissait de lésions gommeuses évoluant insidieusement, sans fièvre. C’était une sporotrichose sous-cutanée gommeuse à foyers multiples. Le point intéressant de l’observation était 1 association du sporotrichum et du bacille de Koch. Dans le second cas, il s’agissait d’une sporotrichose tuberculoïde.
Un cas de sporotrichose (En collaboration avec M. Simon).
Société de médecine de Nancy, 22 mai 1912.
Observation d’un cas de sporotrichose gommeuse chez un femme de 62 ans. Guérison par le traitement ioduré. Présentation des cultures (Rhinocladium type de Beurmann).