CHAPITRE VI
Travaux sur les Infections et les Intoxications Recherches expérimentales chez les enfants et les jeunes animaux
Altérations de la moelle osseuse au cours des infections chez
l’enfant (En oollaboration avec M. P. Haushalter). Société
de biologie, 22 juillet 1899.
Les altérations de la moelle osseuse de l’enfant au cours des infections et intoxications se ramènent à plusieurs types.
(Nous avons pris, comme terme de comparaison la moelle la moins altérée qu’il nous a été donné de rencontrer.)
f®” type. — Aspect aréolaire en partie conservé; multiplication des éléments cellulaires (gros mononucléaires, petits lymphocytes, polynucléaires, cellules géantes, globules rouges).
2® type. — Aspect aréolaire disparu; multiplication des éléments cellulaires (mêmes éléments que dans le premier groupe, avec prédominance des éosinophiles; nombreuses cellules géantes, .cellules conjonctives fusiformes).
3® type. — Mêmes lésions que dans le 2° groupe; lésions vasculaires; endopériartérite; épaississement du tissu réticulé normal.
4® type. — Mêmes lésions; boursouflement des cellules conjonctives; amas de pigment sanguin (enfant athrepsique).
Alterations de la moelle osseuse au cours des infections et intoxications chez les jeunes animaux (En collaboration avec M. P. Haushalter). Société de biologie, 22 juillet 1899.
Nos recherches ont porté sur 28 jeunes animaux d’espèces différentes, dont l’âge variait de cinq jours à deux mois, soumis à des infections et intoxications diverses, aiguës ou chroniques.
Nous avons pu décrire un certain nombre de types en prenant comme terme de comparaison des moelles normales étudiées dans chaque espèce animale.
f®'' type. — Persistance du système aréolaire; multiplication cellulaire accentuée (gros mononucléaires, lymphocytes, polynucléaires, cellules géantes, globules rouges, amas de pigment).
2® type. — Disparition du système aréolaire; multiplication cellulaire.
3® type. — Disparition du système aréolaire; multiplication cellulaire; grande quantité d’éosinophiles; grandes lacunes remplies de globules rouges.
4® fypg — Système aréolaire en partie conservé; boursouflement des cellules conjonctives; grande quantité d’éosinophiles.
5® fype. — Sclérose médullaire (rétrécissement des alvéoles par épaississement des travées qui les limitent).
Recherches sur les altérations de la moelle osseuse dans le jenne âge au cours des infections et intoxications (En collaboration avec M. P. Haushalter). Avec une planche. Congrès de médecine, Paris, 1900, Journal de physiologie et de pathologie générale, septembre 1900.
Nous avons complété nos premières recherches en multipliant les examens de moelles en état de réaction chez de jeunes animaux, à des âges variés; pour mieux préciser les résultats, nous avons expérimenté sur une seule
espèce ; le lapin. Les expériences ont porté sur 49 jeunes lapins âgés de 2 jours à 3 mois.
Ges inoculations ont été pratiquées dans la plupart des cas, à doses variables, par la voie sous-cutanée ou intra-veineuse, avec des cultures ou des toxines microbiennes, avec des extraits alcooliques ou aqueux de matières fécales et avec diverses substances toxiques.
Nous sommes arrivés aux conclusions suivantes :
Le type de moelle observé après inoculation ne parait pas en rapport avec l’âge de l’animal. Il est bien difficile de distinguer la moelle d’un lapereau normal, d’un jour, de la moelle d’un lapin mort à deux jours, après avoir été inoculé le jour de la naissance avec une culture de coli-bacille, ou de moelles adultes pathologiques à type fœtal; tout au plus, dans celles-ci, les gros mononucléaires sont-ils parfois plus volumineux et leur tassement rappelle-t-il vaguement certaines coupes d acini glandulaires.
Ces divers aspects observés ne sont nullement en rapport avec la durée de la survie de 1 animal après les inoculations. L’intensité de la réaction médullaire n’est au reste nullement proportionnelle à l’intensité de l’infection.
Nous n’avons pas remarqué qu’un type de réaction se rapportât plus particulièrement à un mode donné d inoculation, à la nature de la substance inoculée, ni même à sa quantité.
Des microbes divers ou des substances chimiques ou toxiques variées, introduits dans 1 organisine par la voie sanguine, la voie sous-cutanée, la voie pulmonaire, la voie intestinale, et produisant des lésions locales ou générales, peuvent donc retentir de façon très semblable sur la moelle osseuse du jeune animal pour y amener des altérations qui correspondent sans nul doute à des modes importants de réaction de défense de 1 organisme.
Nous avons constaté que rinfection de la mère, dui'arit la gestation, peut produire des altérations de ta moelle chez le petit, altérations manifestes à la naissance, sans que d’ailleurs celui-ci présente des signes de maladie.
Microbes dans la moelle osseuse au cours des infections et intoxications chez les enfants et chez les jeunes aniniaux
(En collaboration avec M. P. Haushalter) . Société de biologie, 20 janvier igoo.
Ces réaçtions de la moelle osseuse au cours des infections sont probablement le fait de l’action de poisons microbiens, comme le prouvent les effets obtenus par l’inoculation de toxines microbiennes et de poisons divers. D’ailleurs la présence des microbes dans la moelle, au cours des infections dans lesquelles elle est prefondém^ent modifiée, est loin d’être la règle. Nous avons pratiqué ' des ensemencements avec la moelle osseuse chez 49 enfants morts de broncho-pneumonie, de gastro-entérite, etc.