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A propos des psychoses puerpérales

(Société d'obstétrique, 19H.)

Contrairement à beaucoup d’auteurs, je sépare, comme je l’ai dit ailleure les psychoses de la grossesse des psychoses puerpérales (post-partum).

J’estime que la plaie utérine, conséquence do l’accouchement, constitue une ligne de démarcation infranchissable entre les psychoses qui précèdent l’accouchement et celles qui les suivent.

Mon élève Privât dans sa thèse a consacré cette distinction.

Parmi les psychoses puerpérales proprement dites, les formes fébriles, dont il faut séparer des psychoses qui ne se rattachent à la puerpéralité qu’en raison du moment de leur apparition, mais en dilièrent essentiellement quant à l’origine, intéressent seules l’accoucheur.

Il convient de les rattacher à la septicémie puerpérale à forme délirante.

Les malades qui en sont atteints sont des délirants fébriles et non pas des aliénés.

Quant aux formes apyrétiques, on ne les observe qu’à l’asile et elles relèvent de la psychiatrie.

Pour ma part, je n’accorde la dénomination de psychoses ou de folie puerpérale qu’à ces formes apyrétiques que l’on observe chez des femmes accouchées depuis un temps plus ou moins long et chez lesquelles les troubles mentaux sont devenus permanents.

Au point de vue de la pathogénie, je n’accepte ni les psychoses idiopathiques ou traumatiques invoquées par les accoucheurs ni celles qui relèvent exclusivement de la dégénérescence mentale héréditaire et ne constitueraient pour certains aliénistes qu’un aspect de la dégénéres-

L’étude attentive de psychoses puerpérales m’a montré combien éUiit fréquente l’association dans tous les cas du délire et de l’infection, que la psychose soit fébrile ou apyrétique.

Ainsi donc en ce qui concerne l’hérédité si j’ai rejeté son influence exclusive, j’ai affirmé de la façon la plus nette, contrairement à l’opinion qui m’a été prêtée à tort, que les 2 éléments (prédisposition délirante et cause occasionnelle infectieuse) étaient inséparables.

Dans la thèse de mon élève Privât, j’ai montré que chacun de ces éléments exerçait dans la production du délire une action évidente.

D’ailleurs pour bien mettre en évidence le rôle de la prédisposition, j’ai rappelé qu’infection et délire n’étaient pas indissolublement liés et que toutes les femmes atteintes de septicémie puerpérale ne déliraient pas.

Quelle que soit la part que l’on attribue à la prédisposition dans la production du délire, il faut se rappeler toutefois aujourd’hui que des altérations ont été notées du côté dos cellules cérébrales qui peuvent à elles seules créer un terrain acquis de prédisposition.

La distinction que j’ai établie dès le début entre les psychoses de la grossesse et les pyschoses post-partum permet tout d’abord un classement méthodique des variétés cliniques observées.

Dans les formes apyrétiques, c’est la mélancolie qui domine. Dans les formes fébriles c’est surtout la confusion mentale hallucinatoire.

Au point de vue du pronosiic, c est la cause du délire et la gravité même de l’infection qu’il convient d’incriminer bien plutôt que la forme même du délire qui en est l’expression.

Toutefois, la catatonie et la stupeur s’observent généralement dans les formes mortelles de l’infection.

Il résulte de mes observations que dans la mélancolie tardive des nouvelles accouchées le pronostic est moins sombre, parce que cette forme correspond à une infection atténuée et latente, mais l’incurabilité y est fréquente

Ce fait a été en vérité déjà signalé par les auteurs, mais je me suis appliqué à démontrer l’importance de la notion de chronicité.

Tel délire peut guérir si Ton supprime dès son apparition la cause qui lui a donné naissance, mais devient incurable si Ton n’intervient pas à temps, l’intervention chirurgicale constitue alors une précieuse ressource.

Mais l’état psychopathique antérieure joue également un rôle, de sorte que pour moi chronicité et état psychopathique antérieur constituent les 2 éléments spéciaux du pronostic dans cette forme spéciale des femmes accouchées.

Je me suis, en terminant, élevé contre l’internement des psychoses puerpérales fébriles et montré que seule la thérapeutique chirurgicale devait leur être appliquée et qu’elle fournissait de bons résultats dans un grand nombre de cas malgré la prédisposition antérieure du sujet.

Quant aux formes apyrétiques, la thérapeutique qui leur convient est une thérapeutique d’asile qui rentre dans le domaine de la chirurgie des aliénés.

DOCUMEMTS POUR SERVIR A L’ÉTUDE DE LA PROPHYLAXIE DES PSYCHOSES TRAUMATIQUES

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