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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les traumatismes crâniens jouent dans la production de certains délires un rôle dont personne ne songe plus à contester la valeur.

Quand les lésions de la substance cérébrale sont systématisées et étendues, l’influence du traumatisme est alors très controversée et toujours difficile à démontrer.

.Mais il n’en est plus de même pour les lésions cérébrales circonscrites qui correspondent à des lésions limitées de la voûte crânienne.

La corrélation qui existe entre les deux ordres de lésion et que de nombreuses autopsies ont mise en évidence, permet de concevoir l’origine traumatique de certains troubles mentaux.

C’est par cette voie que j’ai été amené à envisager leur prophylaxie.

Cette étude ne peut être entreprise qu’à l’hôpital et c’est pourquoi l’expérience du chirurgien d’asile doit être complétée par celle du chirurgien d’hôpital.

Une évolution intéressante tend à se produire à notre époque dans le traitement des traumatismes crâniens.

Le caractère préventif de la chirurgie du crâne, qu’avait si bien précisé Hippocrate, s’affirme chaqne jour davantage par l’extension progressive des indications opératoires.

J’ai indiqué, dans cette série de travaux, mes tendances personnelles et et celles d’un grand nombre de chirurgiens français et étrangers.

D’une façon générale, les indications opératoires sont envisagées dans leurs rapports avec les lésions locales et les troubles fonctionnels.

Parmi les lésions locales, il en est qui sont nettement constatables ; d’autres ne peuvent être reconnues que si l’on vient .'i découvrir la surface crânienne.

C’est cette pratique que j’ai conseillée dans mon Uapport de 1907 à la Société de chirurgie.

Il est évident que, lorsque la taille systématique d’un lambeau cutané n’a pu mettre â nu les lésions sous-jacentes de la boîte crânienne, le clinicien n’a plus pour le déterminer que la constatation do troubles fonctionnels.

Malhcurcusemeni, le cadre clinique est aujourd’hui beaucoup trop étroit. Les signes fonctionnels sur lesquels les cliniciens se sont jusqu’alors appuyés sont peu nombreux et parfois incertains ; on est alors le plus souvent conduit à s’abstenir.

Il est cependant incontestable que la pratique plus étendue des interventions met à découvert des lésions dont la symptomatologie était restée silencieuse.

Aussi convient-il, à l’aide des documents nouveaux que la chirurgie opératoire nous fournit, de reprendre toute l’histoire clinique des traumatismes crâniens.

Nous pourrons des lors arriver à déceler, avant toute Intervention, des lésions susceptibles de compromettre l’avenir des fonctions intellectuelles. On comprend le profit qu’en fera retirer la Psychiatrie. (Extrait de ma préface, Recueil des travaux, 8* volume.)

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