Observation de folie sympathique
(Société médico-psychologùiue, 26 novembre 1898.)
Il s’agit d’un cas présenté par M. Febvre à la même Société et que j’ai pu suivre avec lui (publié avec réflexions dans mon volume Psychopathie et Chirurgie).
Femme présentant des stigmates physiques de dégénérescence avec un état mélancolique qui semblait lié à un état organique (fibrome utérin).
A la suite de l’intervention, le délire entier a disparu. Après deux ans,
3. — Du rôle de l'intervention chirurgicale et en particulier des opérations gynécologiques dans certaines formes d’aliénation mentale.
(Société de chirurgie, 29 mars 1899.)
En 1899, j’ai publié à la Société de chirurgie, avec le D' Febvre, médecin en chef, une statistique portant sur 17 malades (10 guérisons, 2 états stationnaires, 5 améliorations).
Ces observations sont réparties en trois groupes :
1“ Le premier comprend les malades chez lesquels la guérison mentale a évolué parallèlement à la guérison des organes génitaux ;
2" Le deuxième groupe comprend les délires surajoutés à des délires primitifs et développés à la suite d’obsessions hypocondriaques. Sans prétendre à guérir l’état mental, l’opération dissocie les souffrances physiques et morales et met l’organisme à même de lutter ;
5° Le troisième comprend enfin des interventions très simples contre le délire qui ont été faites dans le but d(activer la convalescence mentale.
4. — États psychiques et maladies des voies génito-urinaires de l'homme.
(fierae de psychialrie, juillet 1902.)
Après avoir étudié autrefois, avec mon interne l’elas, les rapports des troubles mentaux avec les affections des organes génitaux de la femme, je me suis appliqué, avec mon interne Colombani, à envisager au même point de vue les affections des organes génito-urinaires de l’homme.
Les chirurgiens spécialistes ont de tout temps signalé des accidents nerveux et variables chez les sujets atlcinis d’affection des voies urinaires. Or, ces troubles constituent, selon nous, les premiers échelons d’une évolution morhide due à la réaction variable du cerveau vis-à-vis des affections des voies urinaires.
D’après notre observation, celte évolution peut entraîner des désordres graves, parfois irréparables'.
Les spécialistes considèrent ceux-ci comme bénins parce que, lorsqu’ils s’aggravent, les malades leur échappent et nous les retrouvons à l’Asile.
Les troubles psychiques seuls intéressent l’aliéniste, les lésions urinaires passent d’ordinaire inaperçues et les malades perdent leur qualité d’urinaires dans le milieu nouveau où ils se trouvent.
La relation entre la lésion physique et le trouble mental reste ainsi méconnue et le malade, au lieu d’être soumis au traitement local nécessaire, est traité selon les indications purement médicales de la thérapeutique psychiatrique.
Un cas personnel intéressant à été le point de départ de cette élude. Homme interné pour alcoolisme. Obsessions dues à un rétrécissement qui cède d’emblée au traitement chirurgical.
L’examen somatique des hommes à l’entrée de l’asile est tout aussi nécessaire que pour la femme.
11 est encore intéressant de noter que le domaine des psychopathies urinaires, que certains auteurs considèrent comme purement psychiques, a beaucoup diminué dans ces derniers temps sous l’influence du perfee-
lionnement des mélhodc d’examen et de l’élude plus complèle des modifications de la composition urinaire.
Dans la deuxième partie de ce travail, j’aborde l'étude des rapports entre les diverses alTcctions des voies urinaires cl les elats nienUiux concomitants.
Jadis, en dehors de la blennorragie et de la syphilis, les faits concernant les autres alTections étaient considérés comme de^ exceptions ou des curiosités cliniques et tous, d’ailleurs, ne < n 1 i c 1 n 1 d
libres. Je me suis appliqué à généraliser ces données aux seuls aliénés, c’est-à-dire aux malades internés, et à en tirer les déductions utiles à la thérapeutique chirurgicale.
Or, les faits observés par nous démontrent que loule lésion, tout trouble fonctionnel, toute malformation a un retentissement sur 1 état moral, en rapport, d’ailleurs, avec la résistance mentale du sujet.
Cette réaction varie pour une môme lésion depuis le sujet simplement impressionnable jusqu’au dégénéré héréditaire, et j’ai établi l’échelle de réaction dont le spécialiste connaît les premiers échelons et l’aliéniste le
La prédisposition héréditaire est toujours necessaire pour provoquer la réaction mentale. Chez l’homme, les phénomènes dépressifs dominent avec tendance au suicide et à l’hypocondrie : chez la femme la forme mélancolique tient la plus grande place.
Le traitement chirurgical parait conlirmer les rapports que nous indiquons ; les faits sont aujourd’hui nombreux qui viennent démontrer leur légitimité.
Je passe successivement en revue les faits qu’il m’a été donné d’observer et ceux plus nombreux signales par les auteurs (vice de conformation, inflammation de l’appareil urinaire, affections du testicule et du cordon, la varicocèle) et j’insiste en terminant sur les conséquences thcrupeuliques.
5. — De la guérison de certains délires à la suite des interventions chirurgicales.
[Chirurgie des aliénés. Reaml des travaux du service, 1901, 5« volume.)
ËUide slalislique poi-lant sur 55 cas de délire guéris à la suite d’iulerventions diverses. Elle comprend 12 observations nouvelles; les autres ont été publiées dans dos travaux antérieurs. Dans ces cas, 25 fois l’infection a été la cause du délire, dont une auto-intoxication d'origine hépatique; 5 fois seulement le délire reconnaissait une autre origine.
6. — De l’hypocondrie symptomatique envisagée au point de vue chirurgical.
{Congrès des aliénistes de Rennes, 1905.)
Dans celte note, je combats la thèse soutenue par Roy au Congrès de Rennes, sur l’hypocondrie symptomatique. J’ai reproduit cette discussion dans mes travaux ultérieurs sur l’hypocondrie. La thèse de l’hypocondrie symptomatique est assurément séduisante pour le chirurgien, mais l’auteur la compromet par des exagérations qui ne laissent que trop de prises aux critiques et le chirurgien ne peut raceepter : c’est, en effet, une erreur de vouloir embrasser toutes les formes de l’hypocondrie dans une seule et meme classe et de leur imposer une palhoeénio unique.
En enlevant au terme « symptomatique » le sens précis qu’on lui attrihuc en cliniqne, en considérant comme symptomatiques tous les cas d’hypocondrie, l’auteur a créé une illusion dangereuse et la plus regrettable confusion et a enlevé du même coup à sa thèse toute portée scientifique cl toute sanction pratique.
7. - Sur les conditions de l’intervention chirurgicale chez les hypocondriaques.
(Revue de psijchialrie, 1906.) .
L’hypocondrie esl-elle toujours essentielle? Peut-elle dans certains cas dépendre d’une lésion somatique? Tel est le problème dont l’élude fait l’objet de ce travail.
En mettant les faits en regard de la doctrine, on arrive à penser que l’hypocondrie symplomalique est en réalité plus fréquente qu’on ne le pense à l’heure actuelle.
Mais, avant d’aborder ce côté de la question, il m’a paru d’abord utile et intéressant de chercher à mettre d’accord, en dehors de tout esprit doctrinal, l’idée de l’hypocondrie csscnlielle avec celle de l’hypocondrie symptomatique et à montrer que, si celle-ci existe réellement, elle ne saurait être exclusive de la forme cssscntielle.
Certains auteurs ont compris le terme « hypocondrie symptomatique » d’une façon beaucoup trop large. L’hypocondrie essentielle est évidente.
L’examen d’un nombre de malades qui accusaient des souffrances périphériques, m’a permis de constater qu’elles ne répondaient nullement è une lésion médico-chirurgicale.
Parfois, on constate chez un hypocondriaque une lésion somatique précise; or, la valeur pathogénique de celle-ci est méconnue, parce que l’argument décisif de la chirurgie manque ou que les malades sont observés à une époque où ils sont devenus incurables.
Pour étudier, d’autre part, l’hypocondrie symptomatique, il faut envisager les cas où l’idée hypocondriaque constitue tout le délire et laisser de côté les cas où celle-ci n’a que la valeur d’un symptôme au cours d’une maladie bien définie.
Quand, alors, il n'existe pas de substratum anatomique, l’hypocondrie est essentielle. Si celui-ci existe, le chirurgien a le droit de se demander si l’hypocondrie peut disparaître avec la lésion.
C'est la thèse que je défends dans ce mémoire. Je me propose ainsi d’y démontrera 1 aide de l’observation clinique :
I" La coexistence fréquente de la lésion somatique avec l’idée hypocondriaque ;
2" Les conditions dans lesquelles la lésion constatée peut dans certains cas entraîner l’idée hypocondriaque;
3° Les faits qui prouvent la disparition simultanée de la lésion et de l’idée hypocondriaque.
Recherche de la lésion. — a) Cas où la lésion est évidente et l’hypocondrie « grossièrement symptomatique » ; b) cas où la recherche de la lésion est très difficile. Il est permis de supposer que ces cas ont pu être rangés à tort dans le cadre de l’hypocondrie essentielle.
Chez un malade il m’a fallu huit mois pour découvrir la lésion.
2° Interprétation de la. lésion. — La lésion est-elle l’origine du délire, ([uestion très délicate surtout chez les sujets atteints de maladies des voies urinaires, et cependant c’est un point capital dans les rapports de la chirurgie et de la psychiatrie sur le terrain spécial de l’hypocondrie.
C’est l’appareil génito-urinaire de l’homme et de la femme qui fournit les cas les plus commodes pour cette étude.
Soit un prolapsus utérin ; il faut savoir si les troubles subjectifs sont superposables au degré du déplacement. Les règles qui permettent d’arriver à une connaissance exacte de ces rapports sont basées sur ce que j’ai appelé le dosage du trouble subjectif et la connaissance de l’état organique du malade.
Au point de vue du dosage, toute disproportion entre la lésion et les symptêmes accusés doivent mettre en éveil l’attention du chirurgien. C’est une véritable étude de physiologie pathologique à faire et qui est féconde en résultats intéressants.
D’autre part certains états viscéraux donnent lieu à des phénomènes douloureux que le malade met sur le compte d un déplacement léger de l’uterus par exemple.
Mode de formation et évolution de l'idée hypocondriaque. — La lésion 110 peut réagir pathologiquement que sur un cerveau pathologique. 11 faut une prédisposition cérébrale exagérée parfois sous l’influence de certains facteurs purement intellectuels.
Par contre, la déchéance physique qu’entraînent certaines aftèctions
(épuisement par hémorragies, défaut de nutrition, etc.) est susceptible d’aggraver l’état de déchéance mentale et par cela même d’ajouter un facteur nouveau à la prédisposition cérébrale du sujet.
Il y a là, comme on le voit, un point bien intéressant pour le chirurgien, puisque dans ces conditions il devra s’appliquer à dissocier les souffrances physiques et morales en supprimant les premières.
ha question du terrain étant fixée (prédisposition héréditaire ou acquise) j’ai étudié les caractères de l’analyse mentale normale et de celle qui est à la base de l’idée hypocondriaque.
Les limites des deux modes d’analyse sont délicates à établir; on pont toutefois tenir l’analyse pour légitime :
1“ Quand elle porte sur une lésion nettement définie;
2“ Quand les préoccupations du malade sont bien eu rapport avec la gravité qu’elle présente ou le degré de son évolution et quand elle n’atfccte pas la forme d’une obsession angoissante s’imposant à l’esprit d’une façon si impérieuse qu’elle ne laisse plus de place au raisonnement.
Quant à l’évolution de l’idee bvpocondriaqne, elle intéressé le chirurgien, car elle est de nature à expliquer les divergences qui existent au point de vue do Incurabilité de certaines formes de l’hypocondrie.
Los chirurgiens considèrent comme bénignes les psychopathies urinaires, parce qu’ils observent celles qui n’évoluent pas ou rétrocèdent sous l’influence du traitement.
Les aliénistes les considèrent au contraire comme incurables parce qu’il n’observent que celles qui aboutissent à l’asile.
11 est enfin, des cléments extrinsèques qui occupent dans la formation de l’idée hypocondriaque un rôle plus ou moins important : l’iiifluencc de l’entourage et spécialement du médecin. L’attitude de celuici, sa manière de procéder à l’examen peuvent dans certains cas fournir au délire un aliment important; c’est ce qni a conduit Dubois, de Berne, à prosciiie tont examen chez les hypocondriaques, opinion que je n’ai cessé do combattre parce qu’elle conduit aux pires conséquences thérapeutiques.
Je me suis appliqué, à ce propos, à fixer les règles de l’examen chez 1 hypocondriaque (Étude de psyehologic pathologique).
Je cilc plusieurs cas de ma pratique.
Dans la dcrnicre partie de ce travail, je donne les résultals obtenus chez les hypocondriaques par l’intervention chirurgicale (statistique de 25 cas).
Ce travail est suivi d’une addendum comprenant 8 observations personnelles qui démontre encore l’influenco du médecin sur la production et la persistance des accidents.