Psychothérapie et psychothérapeutique chirurgicale
{Ikmie de pstjehtalrie, 1907.)
Le but de ce Mémoire est de chercher si la psychothérapie intéresse seul le médecin, et si celle-ci ne peut trouver son application en chirurgie générale et lui rendre des services.
Pour éviter toute confusion, je laisse do côté tout malade présentant un état cérébral caractérisé avant le moment où il se présente au chirurgien. Les malades que j’envisage ne sont donc pas des aliénés mais des malades sains d’esprit en apparence du moins, qui présentent un état psychopathique en même temps que l’affection chirurgicale. Les rapports que la psychopathie présente avec celle-ci sont susceptibles de varier. Dans une première catégorie la psychopathie reste indépendante d’elle et elle peut lui survivre pendant un temps plus ou moins long. Son caractère est d’apparaître en dehors de tout état fébrile.
Dans une deuxième, au contraire, elle est en rapport direct avec la lésion et doit disparaître avec elle si au moment où le chirurgien l’observe pour la première fois elle n’est pas arrivée à la période d’incurabihté. Contrairement à la précédente, cette forme est souvent liée à un état fébrile. Ces deux formes se confondent souvent. A la première (psychopathie minor) les formes que j’y renferme sont justiciables de la psychothérapie supérieure de Grasset; à la deuxième (psychopathie major) j’oppose la psychothérapeutique chirurgicale.
L’affection chirurgicale constitue l’élément chirurgical de la psycho-
pathie et la pathologie chirurgicale devient la base de la psychothérapeutique.
Dans un deuxième chapitre, j’envisage les étals psychopathiiiues que l’on rencontre dans les deux catégories précédentes.
En ce qui concerne les psychopathies minor, j’en décris les variétés, et la pathogénie. Je cite un cas personnel. La thérapeutique qui leur convient ne présente rien de spécial. Elle a, comme en neurologie et en psychiatrie, le même objet et les mêmes moyens d’action.
Les psychopathies major présentent, contrairement aux précédentes, des rapports intimes avec l’affection chirurgicale.
Ces rapports sont de trois ordres ;
1” Tantôt la psychopathie est primitive et réagit sur une lésion somatique concomitante (cas personnels) ;
2“ Tantôt elle est secondaire et procède d’une lésion génératrice toujours éloignée des centres nerveux et qui siège tantôt dans la continuité des membres, tantôt dans les viscères profonds (cas personnels);
5° La psychopathie est encore secondaire mais elle émane d’une lésion traumatique des centres nerveux.
Cette distinction est parfois délicate à faire pour les lésions qui ne sont pas liées à l’infection. Bien des points restent à élucider dont nous poursuivons l’étude au Pavillon.
Quoi qu’il en soit, l’étude de ce rapport constitue un nouveau et intéressant chapitre de pathologie générale chirurgicale et conduit à la psychothérapeutique chirurgicale qui en est l’aboutissant.
9- — Du traitement rationnel du délire systématisé à forme zoopathique.
[Société méHco-pmchohgique, février 1908.)
Ce travail est basé sur un cas de délire de possession chez une malade atteinte d une affection de l’estomac : une opération simulée avait été pratiquée sans résultats. Une pylorectomie amena la disparition du délire pendant sept mois, mais le délire a reparu. A l’occasion de ce cas, j’étudie
tous les faits analogues publiés dans la science, et je montre,, malgré la récidive éloignée, l’intérêt doctrinal qui s’attache à l’observation actuelle.
10. — Note sur la iormation des idées et spécialement de l’idée délirante de possession. Psychothérapie et essai de rééducation mentale après une pylorectomie.
Dans ce deuxième travail, je me propose d’étudier, à propos de la précédente maladie, le mode de formation de l’idée délirante de possession et le procédé de rééducation mentale après l’intervention. C’est un essai de Psychologie pathologique.
11 et 12. — De l'origine périphérique de certains délires.
{Société médico-psychologique^ 1008.)
Première communication : Cénesthésie et somatisme. — Deuxième communication : Examen des faits, iOOO. (Discussion p.ir Vigouroux, Arnaud, Vallon, Sellier.)
Dans cette communication qui a été le point de départ d’une importante discussion à la Société médico-psychologique en 1909, j’ai défendu la doctrine de l’origine périphérique de certains délires qui est liée Ultimement a 1 avenir de la chirurgie des aliénés.
J’ai fait successivement deux communications sur le sujet. Dans la première (cénesthésie et somatisme), j’ai admis en principe qu’il fallait un terrain de prédisposition pour engendrer un délire quelle qu’en soit l’origine et que la lésion somatique était la graine qui faisait germer le délire sur ce terrain.
J’ai montré comment au siècle dernier, la folie sympathique défendue par l.oiseau avait sombré sous des influences d’école et les idées philosophiques régnantes et comment aujourd’hui l’hypocondrie symptoma-
Quand cellc-ci s’accompagne de douleurs, elle est expliquée par l’hypothèse de lésions ignorées des annexes et l’intervention permet l’exploration du petit hassin.
Quand elle est indolente, l’intervention est également conseillée pour prévenir les complications infectieuses que certains auteurs considèrent comme possibles dans l’avenir.
Ainsi comprise cette thérapeutique donne des résultats satisfaisants, mais parfois réserve au chirurgien des déceptions.
Or la psychiatrie explique d’une façon rationnelle les faits en apparence paradoxaux de la chirurgie et les résultats variahles de l’intervention.
Dans l’hisloirc des déviations utérines, l’inlluence des psychopathies semble plus accusée peut-être que dans d’autres all'cctions.
Beaucoup de malades atteintes de dé|)lacement utérin sont on effet des hystériques ou des hypocondriaques et les douleurs qu’elles éprouvent ont très souvent une origine cérébrale, et c’est ainsi que la connaissance de ces états pathologiques permet de comprendre certains faits dont l’interprétation était restée jusqu’ici incomplète.
Elle explique, en outre, comment l’intervention peut dans certains cas exercer une action défavorable sur l’état cérébral du sujet, en réveillant des états cérébraux latents et c’est ainsi que j’ai été amené, contrairement à l’opinion généralement admise, à considérer comme exceptionnelles les indications opératoires dans les cas de déviation utérine chez les psychopathes et j’estime que l’intervention dans oes conditions est susceptible de fournir le contingent le plus grand aux psychoses postopératoires.
C’est dans les cas où la psychothérapie peut rendre les plus grands services que j’ai pu constater, dans bien des circonstances, ses avantages quand on l’emploie d’une façon méthodique. J’en ai rapporté un cas intéressant, mais elle ne saurait réussir chez tous les malades ; les psychoses confirmées échappent à cette thérapeutique.
communication de M. Legras.
Deux fois, en 1911, je suis revenu sur celte question à la Société clinique de médecine mentale.
D’abord à propos d’un cas pi-ésenté par Legras, d’une malade albuminurique qui présentait de la confusion mentale avec délire onirique et qui a guéri par le traitement médical, je demandai qu’on supprime la barrière qu’on maintient abusivement entre la thérapeutique medicale et chirurgicale.