Psychothérapie et psychothérapeutique chirurgicale
{Académie de médecine, 23 avril 1912.)
Sous le titre de Psychothérapie et Psychothérapeutique chirurgicale, je désigne une thérapeutique chirurgicale spéciale au traitement de certaines psychoses et j’étudie dans ce travail ce que doit être cette thérapeutique et à quelles psychoses elle s’applique.
De même qu’à la base de certaines psychoses, il peut exister un trouble viscéral dont la guérison par le traitement médical est susceptible de guérir eu même temps la psychose, de même on peut y observer une lésion d’organes ou de tissus qui relève de la thérapeutique chirurgicale et dont la suppression peut aboutir à un résultat analogue.
Tel est le but de la psychothérapeutique chirurgicale qui peut ainsi devenir une branche utile de la thérapeutique des maladies mentales.
Dans la psychothérapeutique chirurgicale, l’intervention représente
Elle doit être pratiquée d’une façon spéciale aidée de certaines pratiques qui constituent des actes secondaires, indispensables.
La psychothérapie y tient une place importante. Les méthodes opératoires qui s’offrent au chirurgien doivent être chez l’aliéné envisagées dans leurs rapports avec certaines formes de psychopathie.
En m’appuyant sur les faits de ma pratique, j’ai démontré que les méthodes palliatives qui créent des infirmités permanentes (fistules urinaires ou stercorales) doivent être évitées chez les mélancoliques et les hypocondriaques.
Au point de vue des opérations curatives, le choix pour une même affection est encore subordonné à la forme mentale.
A cet égard, les traitements de longue durée qui exigent un alitement
prolongé, sont mal supportés par les malades et doivent être rejetés (traitement dit conservateur).
La technique même doit varier pour un même mode d’intervention d’après les mêmes conditions.
Quant à la psychothérapie, je me suis appliqué à montrer son rôle avant et après les opérations. Son hut doit être curatif ou prophylactique. J’en ai étudié les moyens et insisté sur la rééducation de l'esprit après lés interventions chirurgicales chez les hypocondriaques (élude de Psychologie pathologique).
L’étude des soins spéciaux qu’il faut donner aux psychopathes opérés, occupe une place dans ce travail : leur importance est grande pour éviter les accidents si fréquents chez ces malades.
A ce point de vue, j’ai envisagé la question si délicate de la contention mécanique, montré dans quels cas il fallait y recourir pour assurer le résultat opératoire et fixé les conditions de son application chez les opérés.