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Psychopathies symptomatiques

[Acad, de méd., 30 juillet 1912.)

Dans cette étude, je me suis proposé d’appliquer quelques-uns des principes de la méthode chirurgicale que j’ai introduite en médecine mentale, à l’étude des psychopathies génitales et de montrer combien il est important de s’appuyer sur une base rigoureusement scientifique pour vérifier l’existence de ces psychopathies et fixer la doctrine et aussi pour éviter dans la pratique des illusions désastreuses.

Des nombreuses variétés de psychoses génitales, je n’ai envisagé que la folie sympathique qui, très combattue en France, jouit à l’étranger d’une réelle faveur.

lia doctrine qui subordonne certains délires à l’état de l’utérus a donné parfois lieu à des abus regrettables ; aussi convient-il de discuter la valeur des arguments invoqués par les partisans d’une relation étroite entre le cerveau et l’utérus sur le terrain pathologique.

puis de fixer le mécanisme de ces rapports en s’appuyant sur les données de la pathologie générale et de l’anatomie pathologique.

La relation des troubles menstruels avec le délire a été constatée de tout temps, et peut fournir des arguments en faveur du rôle de l’utérus en tant qu’organe, dans la production des troubles mentaux.

Or, j’ai pensé que pour simplifier un problème déjà très complexe et aboutir à une solution rigoureusement scientifique, il était indispensable de laisser de côté les cas précédents où l’on n’observe que des troubles fonctionnels pour envisager exclusivement ceux où l’on retrouve, dans la zone génitale, un substratum organique nettement appréciable, qu’il y ait ou non des troubles menstruels concomitants.

C’est le point de vue pathologique qu’il convient d’opposer selon moi au point de vue physiologique.

Les partisans de l’origine utérine du debre invoquent encore la fréquence des aflections de l’utérus chez les psychopathes.

De fait les femmes internées présentent dans une très forte proportion des lésions de l’appareil génital. J’ai publié des statistiques très convaincantes à cet égard.

Or ces chiffres indiquent un rapport de fréquence et non de causalité.

Pour déterminer la prédominance des maladies utérines chez les psychopathes, il faudrait pratiquer d’une façon systématique l’examen des organes génitaux chez un certain nombre de femmes à l’hôpital et comparer le résultat. On conçoit qu’une enquête de ce genre soit impossible à faire.

Certains cliniciens affirment à tort que les lésions utérines sont constantes chez les psychopathes. Or si la proportion do celles-ci est considérable, il n’en est pas moins vrai qu’il est des malades chez lesquelles 1 appareil génital est absolument indemne.

La thérapeutique chirurgicale vient-elle au moins confirmer par ses résultats l’existence des psychopathies d’origine utérine.

Or pour que l’argument de la guérison ait une valeur scientifique, il faut que celle-ci se présente dans les conditions que j’ai marquées dans ma communication antérieure sur la méthode chirurgicale. Il faut en outre qu’elle soit vérifiée par un psychiatre.

Les observations publiées jusqu’ici remplissent rarement ces conditions.

Or dans les cas très nombreux où le trouble mental n’est pas sous la dépendance de la lésion périphéri(iue la pratique des interventions systématiques acceptées par quelques-uns ne peut qu’aboutir ù des aggravations ou à des échecs.

L’aggravation se produit sous la forme de psychoses post-opératoires.

Les échecs sont expliqués par les chirurgiens soit par une technique défectueuse, soit par l’évolution trop avancée de la maladie. Certains invoquent encore l’influence des grandes opérations mutilantes de la gynécologie auxquelles ils opposent les divers procédés de la chirurgie conservatrice.

Ils admettent alors que toutes les causes qui sont susceptibles d’avancer l’évolution ménopausique favorisent l’auto-intoxication et les troubles psychiques consécutifs.

11 en résulterait que l’utérus peut tout à la fois provoquer par ses lésions des troubles mentaux et fournir par sa présence une psychose spéciale devenant ainsi le véritable régulateur de l’équilibre mental.

Or, en m’appuyant sur les résultats de mon expérience j’estime que la suppression de l’utérus loin de provoquer ces troubles peut exercer dans certains cas une action bienfaisante, en faisant disparaître ceux à qui les lésions de son parenchyme ont pu donner naissance.

Pour bien comprendre cette action il convient tout d’abord de fixer le m n don lequel une lésion de l’appareil génital provoque ou entretient un trouble mental.

Aux anciennes doctrines, j’ai substitué la notion de l’infection.

Cette notion très vivement combattue fournit cependant une contribution importante à la doctrine des origines extra-cérébrales du délire et élargit ainsi le cadre étiologique du délire.

Elle enlève en même temps à l’utérus un privilège naguère considéré comme exclusif. Elle le partage désormais avec tous les organes et tissus atteints d’infection.

La chirurgie démontre que l’infection constitue entre l’utérus et le cerveau le lien pathologique le mieux établi.

La thérapeutique confirme ces rapports (thèse de mon interne Latapie).

D'autre part la ménopause artificielle peut-elle entraîner, comme on l’a affirmé, l’apparition de nouveaux troubles mentaux : or si l’on tient compte de la pathogénie des pysehoses post-opératoires on peut affirmer que les conséquences sont nulles au point de vue cérébral.

J’ai étudié à ce point de vue avec mon collègue Briand 450 femmes internées : c’est en efi'et à l’asile qu’il convient de rechercher les résultats des grandes opérations au point de vue mental. J’en ai trouvé 7 sur lesquelles nous devons éliminer 2 paralytiques générales. Des 5 autres, il n’en est qu’une seule chez laquelle on peut admettre l’influence de l’acte opératoire.

Sur cette même série (450 malades) j’ai également recherché les cas de folie consécutive à la ménopause spontanée (je n’en ai trouvé que 5 cas).

Il résulte donc de cette enquête que les psychoses post-opératoires n’existent pas dans les asiles et que les cas de folio ménopausique y sont exceptionnels.

C’est ainsi que la psychiatrie vient solutionner nn des problèmes les plus troublants de la chirurgie abdominale.

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