III.-TRAVAUX RELATIFS A LA BACTÉRIOLOGIE
Comme recherches de bactériologie, nous avons, tout particulièrement, étudié le Pneumocoque, ses toxines, que nous avons préparées par une technique nouvelle (culture sur milieux dialysables) et les lésions qu’elles provoquent; nous eu rapprochons quelques recherches .sur tia
Nous résumons aussi une étude générale sur la mobiliU des microbes et sur les influences qui agissent sur elle,, influences que nous avons pu étudier grâce à une méthode technique nouvelle (culture sur tubes de sable).
D'autres recherches bactériologiques ont déjà été mentionnées précédemment (pancréatites infectieuses, tuberculeuses, etc.), et nous n’en reparlerons pas ici.
gné, à ce sujet, quelques remarques. La voie d’injection a une importance assez considérable sur la virulence:
La voie sanguine est loin d’ôtre la meilleure ; généralement alors, on ne peut dépasser un certain degré de viru-
pour tuer un lapin en vingt-six heures, avec septicémie généralisée, alors que 1 centimètre cube de la culture non chauffée étaitnécessaire pour tuer un animal de même poids parla voie péritonéale. Ce procédé rend des
d’infectiosité. En partant d’un pneumocoque non hémorrhagipare, nous avons observé que les passages répétés par le lapin augmentaient beaucoup le caractère hémorrhagique des lésions provoquées, à tel point que les lapins mou¬
raient alors de septicémie hémorrhagique avec purpura stomacal et intestinal, surtout localisé au gros intestin, avec péritonite hémorrhagique, avec hématomes musculaires diffus, au niveau du psoas notamment, etc. Ce pneumocoque déterminait, d’autre port, in vitro, une hémolyse considérable.
lésions musculaires et cardiaques provoquéeIs par l’infection pneumococcique. — Nous avons étudié les lésions musculaires multiples que détermine le pneumocoque, au niveau des muscles striés (état poisseux des muscles, ruptures musculaires, hématomes accompagnés d’altérations histologiques considérables), au niveau des muscles lisses et au niveau du cœur. Ges lésions constituent l'une des caractéristiques les plus nettes de l’infection pneumococcique. Elles sont comparables à celles produites par la toxine seule, que nous relatons plus loin. ,
Myocardite pneumonique chez l’homme. — Nous avons eu l’occasion de comparer, k ces lésions expérimentales, les lésions du cœur survenues dans un cas de pneumonie-humaine : là encore l’infection paraît déterminer des lésions
MOCocciQUE. —L’injection intra-lrachéale ou intra-pnlmonaire de I à 11 gouttes de notre toxine pneumococcique détermine des lésions considérables de condensation du parenchyme pulmonaire. Nous avons obtenu, par la seule toxine, à différentes doses et en diverses circonstances, la série des réactions histologiques que détermine le pneumocoque au niveau du poumon.
sociation des cylindres, on observe parfois un état amorphe des cylindres avec blocs sarcodiques fusionnés, mal délimités, se liquéfiant en gouttes qui se disposent en chaînettes. Cette dégénérescence sareodique particulière est extrêmement intense. Dans d’autres points, on observe de très belles figures de phagocytose des fibres musculaires, que nous avons également reproduites, Les figures des hématomes musculaires provoqués par la toxine sont également remarquables.
Topographie segmentaire de la pneumonie franche, de la fluxion
La topographie de la pneumonie lobaire est une de ses particularités les plus curieuses ; fréquemment elle envahit, d’emblée, un lobe entier du poumon ; mais, souvent aussi, elle se limite brusquement par un plan, au milieu d’un lobe pulmonaire. Cette topographie, si spéciale, ne peut dépendre du pneumocoque lui-même : car on connaît un assez grand nombre de pneumococcies pulmonaires, diffuses ou broncho-pneumoniques sans répartition lobaire ou segmentaire. Elle ne peut, non plus, dépendre ni des vaisseaux ni des lymphatiques, ni des nerfs périphériques dont cette topographie ne reproduit pas la distribution anatomique.
Cette topographie segmentaire nous parait commandée, non par une lésion nerveuse périphérique (pneumonie du vague), qui reproduit des broncho-pneumonies et non des pneumonies lobaires, mais par la participation des centres bulbo-médullaires vasomoteurs du poumon, touchés direct tement par la toxine, ou excités indirectement par voie réflexe. Cette participation du système nerveux central explique, d'autre part, certains phénomènes nerveux de la pneumonie (rougeur de la pommette, fréquence du signe de Kernig.etc.).
y passe rapidement à travers les pertuis liquides compris entre les grains de sable. C’est ainsi que la v. cholérique, le bacille d’Eberth, le bacille de la psittacose, le colibacille, passent plus ou moins rapidement : le pneumocoque, le staphylocoque, le bacille du charbon ne passent pas ou passent très longtemps après, par cultures successives à travers le
Méthode de séparation des microbes mobiles pab la TECHNIQUE DES TUBES DE SABLE. — Si l'oH ensoiHence, dans la petite branche du tube, un mélange de micro-organismes mobiles et immobiles, les micro-organismes les plus mobiles passent, les premiers à travers le sable, dans le liquide qui le surmonte et sont ainsi isolés spontanément à l’état de pureté. On peut, de cette façon, réaliser automatiquement la séparation des micro-organismes les plus mobiles, même au sein d’un liquide très riche en espèces différentes, comme le liquide gastrique ou intestinal.
Influences agissant sur la mobilité d’un microbe. — La mobilité d’une même 'espèce microbienne paraît très variable suivant les différents échantillons.Certains bacilles d’Eberth passent, en effet, beaucoup plus rapidement que d’autres à travers les filtres de sable. Les coli surtout sont particulièrement différents à cet égard. Notre méthode nous a permis d’isoler de l’intestin des coli très mobiles et fort curieux à divers égards,dont l’étude complète n’est d’ailleurs pas achevée.
La même technique nous a montré que de multiples influences agissaient sur la mobilité d’un micro-organisme : c’est ainsi que le passage à une température un peu élevée fait généralement perdre à un microbe et à sa descendance, une grande partie de sa mobilité : on peut aussi créer des races à peu près immobiles.
Inversement, par sélection des micro-organismes les plus mobiles, en prélevant, à chaque passage, les premiers échantilions passés à travers le filtre de sable, on arriv'e à obtenir des races de plus en plus mobiles; un bacille de la psittacose franchissait d'abord 1 centimètre de sable en 1 h. 73, passait ensuite successivement dans les cultures suivantes en 1 h. 65, 1 h. 30, 0 h. 9, 0 h. 68, 0 h. 61.