‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 36 sur 54 · De l'infection tuberculeuse par la voie génitale · texte numérisé non relu

De l'infection tuberculeuse par la voie génitale

(Gmelle hebdomadaire, 17 février 1885, et Clmiques chmrqicales de VHôlel-Bieu, p. 614,1888.)

I/infection tuberculeuse génitale par contagion directe dans les rapports sexuels est une doctrine qui, grâce à Cohnheim, àVerneuil, à Verchère et à Fernet, a compté de nombreux adeptes. J’essaie de démontrer le peu de précision des observations publiées à l’appui de cette thèse qui soulève des objections capitales; d’abord les cas où la tuberculose testiculaire s’est déclarée sans co'it suspect chez des enfants non pubères. L’inoculation directe des voies sexuelles masculines peut se faire soit pas des ulcératioris tuberculeuses de la vulve, du vagin, du col de l’utérus, absolument rares d’ailleurs, soit par le muco-pus vaginal, où Babes a découvert la présence des bacilles. Mais un très long voyage est indispensable pour que les micro-organismes atteignent une région où coloniser. En effet, les bacilles ne s’implantent pas sur le gland, dans la rainure balano-préputiale, dans les excoriations fréquentes au pourtour du pénis tiraillé ; ils ne s’arrô-

tent pas non plus dans la fosse naviculaire, dans le cul-de-sac du bulbe. C’esldans la région prostatique, dans les vésicules séminales, surtout dans l’épididyme ofi le fover tuberculeux s organise; or esi-il raisonnable d’admettre qu’un microbe immobile, sans mouvements propres, accomplira un tel exode avant d’être balayé par le flot d’urine qui, plusieurs fois par jour, fait irruption dans le canal? Et j’en arrive à conclure que l’infection directe par la voie génitale est peu vraisemblable et que la tuberoulose semble avoir pour origine une autre inoculation.

Page 1